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Ode à Constantine

Est-ce une ville, un lieu ou un souvenir ? Sans doute les trois à la fois. La cité se situe, se dresse et marque l’esprit. Que dire de son histoire qui n’eut été dit ? Qu’elle fut capitale numide, qu’elle demeure amazighe et qu’elle revendique cette culture arabe, dont son patrimoine tant religieux que musical émane.
Ville des contrastes, de quelles contradictions Constantine pourrait est-elle être le nom ?  
Elle est l’harmonie parfaite des cultures, la synthèse des civilisations, une juste mesure de l’algérianité ancestrale et la ligne d’horizon d’une jeunesse moderne tournée vers l’avenir, pour peu qu’on lui ouvre grand les espérances.
Des grottes préhistoriques, de la capitale numide, de la cité romaine, du chef-lieu arabe, du beylicat ottoman, de la métropole française, de l’agglomération moderne de l’Algérie indépendante jusqu’à la Constantine d’aujourd’hui, la ville fit toujours preuve d’une remarquable pérennité historique qui lui permet de s’affirmer aujourd’hui fut toujours un pôle régional exceptionnel.
Constantine est ainsi connue sous ce nom depuis sa fondation en 313, quant à Cirta son histoire se perd dans les limbes de l’histoire la faisant remonter de manière attestée à au moins trois siècles avant Jésus-Christ.
Ville magnifique, d’abord de par un site qui la porte haut dans le ciel, frappant l’esprit,  ravissant le regard et marquant la mémoire, sur un rocher surplombant le fleuve et les terres fertiles, tel un vaisseau de granit, sûr de son fait voguant dans l’éther au faîte du monde et du temps.
Car qu’importe le temps à la ville, il lui est donné telle une nouba toute de grâce et de beauté renouvelée aux heures de l’histoire toute de force et de gloire, mais aussi, parfois, de coups du sort, de brèche et de sacrifices.
Ville de résistance, elle sera la citadelle de Massinissa, d’Ahmed Bey, de Ben Badis et de Hamlaoui. Ville d’émancipation, d’ouverture et de conscience nationaliste, elle aura pour écoles El-Kettania, Arago et Ferry, où les associations fleuriront annonciatrices d’une nouvelle aube.
Ah, les matins de Constantine ! Au printemps clair et lumineux, cet air frais au-dessus de la ville et ses couleurs en aquarelle. Constantine est une ville bleue, bleue comme l’écriture, bleue comme la poésie d’un Malek et bleue comme sa musique faite de violons et de flûtes, qu’accompagnent les timbales ensoleillées. Ah, les rues de Constantine ! Ces ruelles, d’abord de la vieille ville, où les maisons aux toitures de tuiles parlent aux cigognes, ces rues en pente et ces jardins fleuris, à Bellevue, à Sidi-Mabrouk, ou à Bab-El-Kantara, où, l’été venu, les soirées s’étirent langoureuses, préparant les lendemains chauds au goût de créponné citronné et de fruits juteux. Ces fruits qu’offrent les campagnes environnantes, approvisionnant en abondance les marchés si pittoresques de la ville. Car Constantine est aussi une place commerciale, une plaque tournante économique depuis l’Antiquité, que n’arrivent pas à détrôner les nouveaux pôles urbains de l’Est. Cette richesse commerciale construite au fil de l’Histoire, si elle a permis l’émergence économique de la ville a permis aussi l’édification d’une culture, d’un savoir-vivre et d’un état d’esprit propre à la Cité, qui lui a donné un cachet particulier malgré et peut-être à cause des brassages socio-culturels que sa position aux confluents de plusieurs régions lui a fait subir.
Un état d’esprit, se déversant dans le creuset des richesses qu’offrent à l’algérianité chaque ville et chaque région, fait d’élitisme et de populaire, de religion et d’épicurisme, de sérieux et d’humour, de tradition et d’ouverture. Un état d’esprit, bien mis à mal par les changements que connaissent l’Algérie et le monde, mais qui perdure bon gré mal gré, étonnamment vivace chez les jeunes générations, dont la fierté d’appartenir à une telle ville ne se dément pas malgré les vicissitudes.
Comment, enfin, évoquer Constantine sans évoquer ses ponts ? Comment enjamber le ravin sans ces frêles passerelles et ces solides ponts de pierres ? Et comment ne pas terminer cette ode à la ville sans jeter un pont entre tous les hommes amoureux de la beauté et de la fraternité, dont la culture est le plus fertile terreau et l’eau jaillissante ? Un pont symbolique qui s’appelle aujourd’hui, faisant corps avec la ville, simplement Constantine.

A. B.


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