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A la une / Contribution

Contribution (Liberte-algerie.com)

Prix Nobel de la paix 2015, belle leçon d’espoir à la tunisienne…

©D.R.

En redressant mon siège, je recule d’un pas,  relève le torse et d’un coup de la main gauche, je balaye la mèche qui me gêne pour commencer à écrire ce billet  et à chaque geste, à chaque pensée, à chaque bouffée d’oxygène inspirée je me rappelle que j’ai du sang tunisien qui coule dans mes veines, mélangé à un sang algérien mais ça, vous le savez déjà…

Ce sang, ne peut que me rendre fière, appartenir à deux pays aussi grands de par leur histoire et de par leurs peuples ne peut que vous rendre fière.

Il y a donc, une heure que je viens d’apprendre la grande nouvelle, le prix Nobel de la Paix a été décerné au quartet parrainant le dialogue national en Tunisie et cerise sur le gâteau, il y avait une femme parmi eux, la présidente du patronnât tunisien,  Madame Ouided Bouchemaoui. Ce n’est pas la ‘féministe’ qui est en moi qui met l’accent sur ce point, c’est juste la femme que je suis..

J’ai longtemps écrit que le leadership féminin est fort par sa valeur consensuelle, ce leadership transactionnel et réfléchi donne au dialogue tout son sens et permet aux organisations de sortir des crises les plus difficiles,  en voici la preuve, une preuve tunisienne pour répondre définitivement à mes détracteurs, c’est juste la chercheuse que je suis.

Revenons donc à l’event marquant de la journée, non de la semaine, non du siècle…

Une première historique : le prix Nobel de la paix de 2015 est attribué à la Tunisie !  Quelle étonnante année !  on aura tout vu :promulgation d’une constitution qualifiée de première constitution démocratique dans le monde arabo-musulman , élection d’un président de la République par voie démocratique et transparente, attentats terroristes dont celui du musée du Bardo pour frapper la culture et l’histoire, et l’attentat de Sousse pour frapper l’une des principales sources de survie du pays , le tourisme mais ni l’histoire, ni la culture ni le tourisme n’ont été touchés.

La Tunisie en crise, donne l’exemple..

Dans la calligraphie chinoise, le mot «crise» se com­pose de deux idéogrammes. Le premier caractère signifie «danger», le deuxième «opportunité». À raison, puisque la crise porte en elle non seulement des risques, mais aussi des chances. La façon dont une organisation agit en situation de crise, comment elle la sur­monte, voire en saisit les opportunités, dépend de son intelligence et de la compétence de son manager.

La crise pèse lourd sur la Tunisie, mais en même temps elle prouve au monde que la résistance est là, qu’il y a encore de l’espoir et de la créativité, que même en temps de crise on peut se voir décerner des prix, que tout dépend de notre degré de conscience et de notre façon de voir les choses, si nous croyons au changement, il arrivera..

Bel exemple donc, flatté d’ailleurs par Monsieur François Hollande, président français, par David Cameron, premier ministre britannique et salué par des millions d’utilisateurs sur les social medias.

Mais que représente réellement ce prix ?

Pour moi, ce prix est un message fort et profond d’espoir, et un rappel du poème d’Abu Al Kasseem Echebi   ‘Lorsque le peuple un jour veut la vie Force est au destin de répondre’…

 Le destin  répond très fort parfois, comme aujourd’hui. Après une tentative d’assassinat d’une personnalité connue en Tunisie à savoir Ridha Charfeddine, président de l’Etoile Sportive du Sahel et député du parti au pouvoir, Nidaa Tounes, qui a l’a échappée belle avec sa voiture criblée de 30 balles, n’est-ce pas le destin qui réagit ?

Un destin protecteur, prometteur et rassurant.  J’ignore quelle étoile veille sur la Tunisie, mais elle le fait bien, nous avons évité le pire et nous voilà tous aussi excités que des enfants à la veille de la rentrée scolaire à guetter les news, les réactions des célébrités et à actualiser nos fils d’actu Fb et Twitter..

Je vais vous raconter l’histoire du dialogue à l’origine du prix..

Le Dialogue national tunisien est un quartet qui regroupe l'UGTT (premier syndicat), l'Utica (patronat), l'Ordre des avocats et la Ligue tunisienne des droits de l'Homme.

Formé à l'été 2013,  à un moment où le processus de démocratisation était en danger en raison d'assassinats politiques et de vastes troubles sociaux, le quartet a organisé un long et difficile dialogue national entre les islamistes et leurs opposants, les obligeant à s'entendre pour sortir d'une paralysie institutionnelle.

Ce dialogue a évité le pire à la Tunisie qui frôlait la guerre civile notamment après l’assassinat de Chokri Belaid , Mohamed Brahmi et le guet-apens qui a eu raison de jeunes soldats au mont Chaambi.

Voilà une raison de plus de continuer à croire et  rêver et à ne jamais perdre espoir, aimer une personne c’est croire en elle, même dans les moments les plus difficiles et c’est valable pour sa patrie, je vous écrivais dans mon dernier billet que la joie de vivre rejaillira, le goût d’aimer  pointera le bout de son nez, seulement , il faut y croire..

Pour moi, ce n’est pas le prix Nobel de la paix mais de l’espoir et de l’amour, beaucoup d’amour dans le cœur et dans les mains, des mains qui ont construit la liberté et qui continuent contre vents et marées à construire le changement…

Merci à vous tous qui êtes venus nous soutenir, qui avez tenu vos promesses de vous rendre en Tunisie, je vous remercie du fond du cœur et vous demande aujourd’hui, de nous féliciter, d’être heureux pour nous et de partager notre enthousiasme et de cultiver notre espoir grandissant.

Ce prix doit être décerné un jour à tous les peuples qui aspirent à la liberté, à la Palestine divisée et meurtrie, à une Syrie qui agonise, à une Algérie perdue entre deux rives, aux pays du Gollf anesthésiés par l’argent, nerf de la guerre,  à une Libye volée, à une Egypte vendue, un jour ces peuples opprimés malgré l’apparence, auront le droit, eux aussi, de ressentir cette joie, d’être honorés et remerciés.

Avant de reprendre la dernière gorgée de mon café brulant mais qui ne me fait aucun effet, étant bouillonnante de joie et de fierté, je vous ordonne de nous féliciter, félicitez-nous,  enviez-nous ! Ce n’est pas la coupe du monde de football, ce n’est pas une découverte scientifique, ce n’est pas un tirage au sort gagnant, c’est encore mieux, c’est le prix Nobel…

Une dernière chose, comme en temps de crise, il faut toujours se préparer, préparons nous à une pluie de critiques et de commentaires rabat-joies et envieux, les conséquences seront lourdes car ce prix et bel et bien une grande gifle à tous les dictateurs arabes.                                               

                                                                       

De Tunis: Mounira El Bouti

 

Publié dans : tunisie,Nobel,Mounira El Bouti

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