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A la une / Contribution

Contribution (*) pour la Rédaction Numérique (#LibertéVENDREDI)

Psychologues cherchent écoute!

©D.R.

Je viens par ma présente doléance informer les bons entendeurs que comme toutes les professions, les psychologues exercent dans des secteurs d’activités très variés : la santé, l’éducation, l’industrie, la communication, la justice, et la recherche scientifique, etc. Ils se constituent en un groupe professionnel diversifié : les psychologues cliniciens, les psychologues scolaires, les psychologues de travail, les psychologues conseillés d’orientation scolaire…etc. Seuls, les psychologues cliniciens exercent en tant que praticiens dans le secteur de la santé publique ou bien dans leurs cabinets en activité libérale. En principe, nous nous sommes formés  dans le but d’établir des diagnostiques psychopathologiques et conduire à bon escient des techniques psychothérapiques. La formation que nous avons suivie sur les bancs universitaires, nous a permit  d’examiner un engagement responsable dans nos relations avec les patients qui nous consultent. Nous nous sommes  formés par un enseignement de la psychologie en tant qu’elle « relève aussi fidèlement que possible, les manières d’être et de réagir d’un être humain. Elle cherche à établir le sens, la structure et la genèse, déceler les conflits et les démarches qui tendent à résoudre ces conflits. »          (D. Lagache).

Notre  spécialité dite « clinique » tend théoriquement et pratiquement à puiser ses connaissances sur l’être humain à partir de découvertes récentes inféodées aux « neurosciences ». Aujourd’hui, notre discipline s’impose par ses appuis illustratifs à l’enrichissement de nouvelles techniques sur la prise en charge psychologique des malades soit en milieu hospitalier ou extrahospitalier. C’est pour cette raison, que la pratique psychologique continue d’entretenir de bons rapports avec presque toutes les disciplines médicales, en l’occurrence la psychiatrie et la pédopsychiatrie. Faut-il dire encore, qu’au cours de ce vingt et unième siècle, la plupart des  psychologues  praticiens commencent à se démarquer  de plus en plus des postulats hypothético-déductifs liés à la psychanalyse. Ils sont aussitôt jugés désuets et archaïques. Semble-t-il, qu’après deux siècles d’existence celle-ci, a perdu sa crédibilité non seulement dans le domaine des sciences médicales mais aussi en psychologie. Elle a perdu  l’ancrage qu’elle avait eu autrefois sur le champ de la psychiatrie. Désormais, elle est devancée aujourd’hui par l’idée de soigner la souffrance mentale « ici et maintenant ».

La plupart des psychologues praticiens (cognitivistes) sont convaincus en ces moments, que la psychanalyse n’est plus considérée comme un « traitement » psychologique  d’appoint. Hélas ! Elle est  dépassée par l’accès rapide au traitement « prêt-à-porter ». La majorité des patients en quête d’aide psychologique, exigent des remises en formes à la fois speed et efficaces. Le passe-temps sur le divan est devenu un archaïsme.  Devant cet état de fait, nous avons compris la demande explicite de nos patients et nous répondons tant que faire se peut à leurs doléances par des thérapies brèves. Loin de toutes interprétations tendancieuses « infra-cliniques » retirées à l’étalage vétuste des œuvres « apostilles » de Freud et d’autres analystes de son temps. La formation s’est orientée vers deux principaux volets : un volet théorique composé d’un vaste champ de connaissances et d’enseignement sur le cerveau, la cognition et les comportements et un autre volet essentiellement pragmatique dit interventionnel, articulé sur un travail  ayant pour objectif, la résolution de problèmes psychologiques. A travers ce relais de formation théorico-pratique, tout psychologue clinicien peut à la limite exercer son métier avec efficience. Cela signifie, que durant notre formation universitaire, tout « psy » est sensé avoir acquis plusieurs compétences où objectifs et stratégies d’application sont inscrits conjointement dans ses rôles où on exerce notre noble fonction.

Pour atteindre cet objectif, les examens psychologiques, les tableaux cliniques, les tests, les entretiens cliniques, et  les classifications statistiques internationales des pathologies mentales doivent être connues, comprises et appliquées par chaque psychologue en situation d’exercice de ce métier pas comme les autres. Nous nous sommes formés par et pour « la clinique », nos tâches s’observent à partir de nos diverses activités : préventive, curative, rééducative et réhabilitative. Nous intervenons aussi, dans le dépistage précoce des troubles mentaux (l’hygiène mentale). Nos missions sont à la fois diversifiées et relèvent de plusieurs domaines tels que, l’accompagnement psychologique, le conseil, l’évaluation, l’expertise, la psychothérapie et la recherche scientifique. Nous contribuons à promouvoir une meilleure rentabilité de nos activités au sein des institutions sanitaires judiciaires et éducatives du pays. Notre responsabilité est hautement impliquée surtout dans nos actes d’interventions directes : de diagnostic, de traitement (essentiellement psychothérapique) et d’orientation. Nous travaillons dans « les bains des discours intersubjectifs » au cours de nos liens avec les pensées humaines hétéroclites. C’est à partir de là, que notre pratique  requière une certaine rigueur « scientifique » et une observance mesurée de « l’éthique ».  Ces deux dimensions on doit les associer au respect sans condition de la nature humaine. Car, la prudence, la vérification et la confidentialité dans la présentation de nos « vignettes et/ou cas cliniques » se présentent souvent dans un total respect des libertés individuelles.   Parce que, la vie privée et l’intimité des patients  sont  garanties par le secret professionnel. Il en demeure un principe fondamental qu’aucun psychologue n’est tenu le révéler, quel que soient les circonstances d’exercice de ce métier. Pour protéger la profession et garantir un fonctionnement perspicace de ce travail pas comme les autres, il est impératif de constituer un Conseil national de l’ordre. Il contribuera sans aucun doute à promouvoir une pratique saine dans le vaste champ de « la santé » en particulier et la santé mentale en générale.

Il s’érigera sur l’espace professionnel comme garant du respect de la profession et ses règles de  déontologie.  Il sera certainement un mentor suprême et un instrument procédurier indéniable. Ce sont ces raisons sus-évoquées par anticipation sur les faits,  que nous avons voulu pallier à d’éventuelles carences dans l’exercice de notre  profession. Afin, que tous les « psychologues cliniciens de santé » ne parviennent pas à transgresser les règles déontologiques et ne touchent pas à la dignité humaine de leurs patients, sous prétexte de méconnaissance cousue derrière l’étoffe de l’ignorance. Nous savons, une  fois installé ce conseil  de l’ordre, se constituera en tant qu’organisme observatoire de l’éthique. Il préservera le bon fonctionnement de la corporation professionnelle et contrôlera l’exercice de la fonction dans tous ses niveaux d’interventions. Il permettra   également, de remédier à tous les hiatus qui pourraient surgir sur les terrains d’applications, déjà minés par les interférences subjectives. Il servira comme un guide  loyal au service des psychologues titulaires principalement du titre de « Master II –Doctorat  dans la filière de psychologie clinique : toutes options ». Il engagera tous les praticiens à se respecter et respecter les profils de formation universitaires reçus. Il protégera également les patients des mésusages de la discipline. Il mettra finaux utilisations de techniques abusives complètement antinomiques avec la science. Que certains psychologues désinformés, le disséminent  derrière le  prétexte d’un manque de savoir faire. En tous cas, il contrôlera le métier contre « les bluffeurs » et les pratiques « charlatanesques ». Ce corps professionnel, n’a jusqu’à aujourd’hui aucun code « officiel » de déontologie et ne possède aucune instance juridictionnelle pour sanctionner la non-application des règles de l’éthique.  Il nous parait urgent à travers cette doléance ; d’informer les bons entendant de nos instances dirigeantes administratives : directeurs exécutifs de santé des wilayas, pour qu’ils nous facilitent la tâche d’œuvrer à l’installation officielle de ce «Conseil national de l’ordre des psychologues cliniciens ». Puisque, nous savons que l’effectif des psychologues praticiens sur la scène de la fonction publique ne cesse d’augmenter. Beaucoup d’entre eux travaillent déjà dans les secteurs de la santé publique à savoir: les établissements spécialisés en psychiatrie, les centres hospitalo-universitaires, les cliniques privées, les polycliniques et les centres de proximité, les unités de soins scolaires et les bureaux universitaires d’aides psychologiques aux étudiants…etc. Nombreux, sont installés à titre libéral dans leurs cabinets privés au niveau des grandes agglomérations du pays. N’est-il pas à juste titre, raisonnable, nous interroger sur ce nécessaire droit, de se doter d’une instance qui réglemente nos activités comme celles appartenant à d’autres corporations professionnelles algériennes ?       

Dr. Mabrouk LAOUDJ     

Université A/Mira- Béjaia

       laoudjfr@yahoo.fr    

(*): Les contributions publiées sur Liberte-algerie.com relèvent exclusivement de la responsabilité de leurs auteurs  

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