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A la une / Contribution

Hommage à AÏt Ahmed

Quand le nouveau monde peine à naître…

Aït Ahmed, figure charismatique de la Révolution algérienne. ©Yahia Magha/Archives Liberté

“Mon ultime prière : ô mon corps, fais de moi un homme qui interroge !” F. Fanon

Je voudrais, en tant qu’enseignant en humanités, apporter ma modeste contribution au débat soulevé à la suite de la disparition d’Aït Ahmed, figure charismatique de la Révolution algérienne.


Je commencerai par évoquer le propos d’un ministre qui est, à mon sens, très symptomatique de la crise que nous vivons aujourd’hui en Algérie. Intervenant dernièrement sur les ondes d’Alger Chaîne 3, ce commis de l’État parlait de l’expérience de l’Algérie en matière de lutte contre le terrorisme et j’étais à première vue, je dois l’avouer, sensible à son approche. Je trouvais particulièrement que l’angle à travers lequel il abordait la question et la stratégie qu’il préconisait, en théorie s’entend, ne manquaient pas de pertinence car j’ai pensé qu’en faisant le lien entre la “déradicalisation” et la “démocratisation” de la vie sociale, le ministre touchait au fond du problème. Quand la démocratie, avec ce qu’elle suppose comme valeurs de justice, de droits, de devoirs et de liberté, vient à faire défaut dans un pays, cela ouvre inévitablement, en effet, la voie à toutes les dérives.
Sauf que, si le ministre a eu le mérite de pointer du doigt le nœud du problème, force est de constater cependant qu’il manquait des éléments, et pas des moindres, à la justesse de son diagnostic. D’abord parce que le ministre est mal placé pour parler de la “démocratisation” pour la raison simple qu’il s’exprime au nom d’un régime qui fait, en vérité, peu de cas de cette question. La démocratie ne peut s’accommoder d’un fonctionnement de façade. C’est avant tout un état d’esprit qui s’entretient de la différence d’opinion et dont la finalité est de consacrer l’alternance en principe de gouvernance.
Et, disons-le tout net, notre pays est très en retard dans ce domaine. Du coup, j’ai trouvé le propos du ministre décalé par rapport à la réalité et, à l’entendre parler de “démocratisation”, en vantant l’expérience de l’Algérie dans le domaine du terrorisme comme s’il y avait franchement de quoi en tirer gloire, je ne savais plus s’il fallait en rire ou pleurer.
Il est vrai que nos dirigeants, à défaut d’expérience à faire valoir dans des secteurs aussi vitaux que celui de l’économie ou de la culture, là où justement ils sont censés faire preuve d’imagination, ne trouvent pas mieux, sans doute pour compenser leur faillite, que de vanter leur expérience en matière de terrorisme. Bien sûr, loin de moi l’idée de discréditer le combat héroïque du peuple algérien qui a consenti des années durant, de lourds sacrifices pour venir à bout de la bête immonde en payant le prix du sang. C’est ici, l’instrumentalisation indécente de la tragédie nationale à des fins politiques qui heurte la conscience.
Cette dernière, qu’on me permette de le dire crûment, n’a servi presque à rien puisqu’on n’en a tiré aucun enseignement. Sinon, comment expliquer le fait que l’on continue à gouverner avec les mêmes mentalités et à reconduire les procédés stériles du passé qui ont mené le pays au bord du chaos. La raison voudrait, en effet, qu’après ce terrible drame qui a frappé la patrie au plus profond de son être – on dénombre pas moins de 200 000 morts – on marque une pause, une halte historique en faisant une sorte de rétrospection-bilan, pour revoir notre mode de gouvernance, repenser notre rapport au monde, à tout le moins essayer de comprendre comment, 60 ans après l’indépendance, on en arrive à une situation aussi dramatique car il faut dire les choses telles qu’elles sont, auquel cas, on ne ferait qu’ajouter au malheur du monde (dixit Camus). Nos politiques ont malheureusement cette fâcheuse manie de ne jamais se remettre en question et de s’obstiner à éluder les problèmes cruciaux.
Il en est ainsi de notre ministre qui fait comme si le terrorisme est une fatalité tombée du ciel. Evitant ainsi de se regarder dans la glace, par manque de courage politique et souvent à cause d’un excès de narcissisme primaire, le régime se dispense de faire son autocritique pour ne pas avoir mauvaise conscience.
L’idéologie (nos étudiants disent l’idiologie ce qui n’est, en soi, pas totalement insensé) bat alors son plein et opère insidieusement du fait que sa vocation est de faire l’impasse sur le réel, du moins d’en présenter une image truquée, un peu comme dans un carnaval où on se plaît à jouer des masques de façon à dissimuler les faits et à faire passer les vessies pour des lanternes.
Les partisans du quatrième mandat se sont adonnés à ce jeu de mauvais aloi, c’est le moins que l’on puisse dire, s’ingéniant au prix d’une rhétorique tout aussi fallacieuse que pitoyable, à défendre sans état d’âme le quatrième mandat. Il faut reconnaître que l’exercice est tout de même rude quand on s’évertue à convaincre ce dont soi-même on est loin d’être convaincu. Cela s’appelle de l’opportunisme tout court. Quand on nourrit dans l’ombre les desseins de pouvoir, on est prêt à marcher sur les principes si tant est qu’on en ait. Ainsi, on en arrive à discréditer davantage la chose politique auprès de l’opinion publique qui a déjà beaucoup de mal à s’y retrouver.
Car, faut-il le rappeler, la politique, contrairement à ce que l’on a appris à penser, n’est pas forcément synonyme de saleté, de coups bas et de roublardise. Elle peut se définir dans le sens noble du terme simplement comme la manière efficace de penser l’organisation de la cité et d’anticiper les crises en vue d’assurer le bonheur des citoyens. Malheureusement le terme a été dévoyé et vidé de tout son sens pour être réduit à des calculs mesquins où l’intérêt du peuple passe au second plan. D’où la désaffection de ce dernier à l’égard de la politique. Mais au fond, tout ceci a une histoire qui a commencé déjà avec l’indépendance.
L’Algérie s’est retrouvée, d’emblée, (ironie du sort ?) dans une situation de blocage, incapable de réaliser le saut salvateur à même de la faire entrer dans l’Histoire. Pourtant, au lendemain de son accession à l’indépendance, tout la prédisposait à un destin plein d’espoirs : les tenants du pouvoir auraient pu mettre à profit  le capital symbolique encore inentamé de la Révolution, porté par l’euphorie de tout un peuple qui, pour avoir enduré une guerre menée sans relâche contre l’une des plus grandes puissances impériales, était alors prêt à relever les défis ardus de l’indépendance. Hélas ! C’était compter sans la bêtise des hommes !! Certains tapis dans l’ombre, avaient déjà commencé à nourrir des complots au moment même où la patrie  était toujours occupée à combattre le colonialisme.
Entamer, en effet, l’ère des indépendances avec un coup d’État est la pire chose qui puisse arriver à une nation. Preuve en est que l’Algérie ne s’en est jamais remise, depuis. Pour le dire en termes heideggeriens, on peut dire qu’il y a là “un défaut d’initialité” qui se traduit dans la défaillance du “commencement”. Quand la puissance du commencement vient à manquer, c’est tout l’avenir de la société qui se voit hypothéqué et compromis. “Car tout initial authentique a, en tant que saut, une avance, dans laquelle tout à venir […] se trouve déjà devancé. L’initial contient déjà en réserve la fin.” L’Algérie, prise en otage par une “bourgeoisie compradore”, malade de son infantilisme, (les thèses de Fanon sont toujours d’actualité) va persister dans cette logique mortifère de renoncements permanents, qui seront terriblement préjudiciables pour les générations futures. Pourtant ce ne sont point les occasions historiques qui ont manqué pour réparer les erreurs du passé et accomplir ce saut tant espéré vers la démocratie : 1980, 1989, 2009, pour n’en retenir que les moments les plus cruciaux, étaient autant d’occasions pour nos politiques d’amorcer un véritable tournant historique. Mais malheureusement, comme l’écrit à juste titre Braudel, les mentalités “sont prison de longue durée” et on ne s’affranchit pas si facilement de leur poids tyrannique. Là est le drame de l’Algérie et des pays sous-développés en général qui souffrent cruellement de l’opportunisme de leurs gouvernants. Il faut, à cet effet, reconnaître à Aït Ahmed le mérite d’avoir pris conscience dès les premières heures du combat pour l’indépendance de ce mal qui gangrène les esprits : “Aujourd’hui que nous sommes tous d’accord pour reconnaître que le mouvement de libération tourne à vide, qu’il est bloqué, il importe que nous débloquions d’abord notre circuit théorique, notre pensée des usages frelatés que nous faisons de quelques notions abstraites afin de permettre à ce mouvement de reprendre son moment historique.” L’allusion à “la Révolution qui tourne à vide” n’est pas sans rappeler le propos de Fanon dans Les damnés de la terre où il explique ce syndrome mental qui se traduit par cette fâcheuse manie à vouloir placer par-dessus tout son ego, quitte à bloquer le destin du peuple. Il suffit de rappeler quelques faits du passé récent pour réaliser l’ampleur du problème.
En 1988, on disait, souvenez-vous-en, que le peuple ne s’est pas soulevé pour la démocratie mais parce qu’il avait faim comme si le peuple était juste un estomac à remplir et qui n’a que faire de la liberté d’expression. Je dirai, si je peux me permettre une outrance, qu’on n’est pas loin des schémas coloniaux. Plutôt que d’exploiter cette aubaine historique pour rompre avec les pratiques castratrices du passé, on a tout fait pour torpiller le processus politique. L’aspiration à la démocratie, ô combien porteuse d’espoir, requerrait d’être soutenue à long terme car, il est vrai, on ne s’invente pas du jour au lendemain démocrate ; c’est une pratique de longue haleine qui nécessite beaucoup de sacrifices et surtout un apprentissage assidu du vivre ensemble et du rapport à l’autre.

La société civile, faute de maturité politique, n’a pas joué le rôle qui consistait à donner une impulsion à cette mutation, comme ce fut le cas en Tunisie,  pour la faire aboutir. La suite tout le monde la connaît : le pays allait plonger dans une des périodes les plus sombres de son histoire qui a failli ruiner définitivement ses fondements déjà très fragiles. Mais si l’on veut porter une appréciation juste des choses, en réponse au propos de notre ministre, il faudrait les formuler  selon la morale de Nietzche. “Il n’y a pas, écrit le philosophe, d’erreur plus dangereuse que de confondre la cause et l’effet.” C’est, en effet, quand un État court à sa ruine qu’il sécrète le terrorisme lequel n’est, tout compte fait, que le signe patent de sa décadence. Cela peut d’ailleurs s’appliquer à l’échelle du monde aujourd’hui.
 Pour avoir pris véritablement conscience et surtout très tôt la mesure de l’enjeu civilisationnel auquel était et continue d’être confrontée l’Algérie, feu Aït Ahmed n’a pas cessé d’appeler de ses vœux l’instauration d’une Assemblée constituante qui va consacrer la souveraineté du peuple. S’il avait été écouté, peut-être que l’Algérie se serait épargnée bien des malheurs et aurait fait l’économie d’un temps précieux qui lui aurait permis d’être aujourd’hui peut-être à l’avant-garde des grandes nations.
Dans le même esprit, le défunt Mohamed Boudiaf  a pensé qu’il était urgent de provoquer le choc historique tant attendu à même de mettre fin au système de cooptation et d’imprimer une nouvelle dynamique au pays en prônant ouvertement la rupture avec les vieilles habitudes du passé qui font qu’on exploite sans vergogne les symboles de la Révolution comme un vulgaire fonds de commerce. Il y a des moments où il faut savoir affranchir l’histoire de la mémoire ; ce serait le meilleur hommage que l’on puisse rendre à nos valeureux martyrs. Le fait de continuer à s’accrocher à tout bout de champ au passé est une fuite en arrière aussi inconséquente qu’irresponsable. C’est en tout cas la preuve d’une impuissance à faire face à la réalité et le signe qu’on est bel et bien en panne de projets pour l’avenir. Pour avoir compris cette question cruciale et sachant que c’était à ce niveau que se jouait le destin de la nation, Aït Ahmed et Boudiaf ont ressenti l’urgence de redresser le régime de ses errements en projetant d’engager des réformes (celle des mentalités plus que tout) en profondeur.
Les deux le payeront malheureusement très cher, l’un de son exil et l’autre de sa vie. Il faut aussi reconnaître au président Zeroual d’avoir au moins essayé, et c’est tout à son honneur, de bousculer les conventions en réduisant le nombre des mandats présidentiels à deux. On pensait alors que l’Algérie allait enfin commencer à sortir petit à petit du tunnel avec la consécration d’une véritable alternance au pouvoir, et de nouvelles mœurs politiques. Mais on a beau chasser le naturel, il revient au galop. Le Président actuellement en exercice ( ?) a laissé échapper une belle opportunité de faire entrer l’Algérie dans l’Histoire (et lui avec elle) d’autant qu’il avait tous les atouts de son côté. Jouissant d’un passé de moudjahid, donc d’une légitimité historique et ayant joué un rôle, sinon moteur, en tout cas, avouons-le, déterminant dans le rétablissement de la paix, il aurait suffi qu’il fasse preuve d’un peu plus de sagesse, de clairvoyance et de courage politique pour annoncer solennellement à la nation son retrait de la vie politique et inaugurer de la sorte une ère démocratique nouvelle qui jettera (pourquoi pas ?) les jalons de la deuxième République. Celle-ci aurait eu, sans aucun doute, un retentissement éclatant vu que l’Algérie se trouvait à un moment charnière de son histoire, après avoir souffert durement dans sa chair, du terrorisme. Imaginons seulement un instant l’impact symbolique qu’aurait provoqué un tel acte, compte tenu notamment du contexte géopolitique actuel et des bouleversements que connaissent les pays du Maghreb et du monde arabe ! Le Président aurait alors généré le déclic et déclencher cet “élan vital” au sens où l’entend Bergson qui a fait tant défaut à notre pays et, ce, depuis 1962. Voilà la lettre qu’attendait la jeunesse en mal de repères, si assoiffée d’actes symboliques forts et qui l’aurait, sans aucun doute, réconciliée avec la politique au sens noble. Le Président en serait alors, à coup sûr, sorti grandi plus que jamais. On aurait fini ainsi avec tous les discours démagogiques.
Depuis l’indépendance on n’a pas cessé de nous gargariser de discours creux, de la nécessité de bâtir une nation solide capable de résister, par la force de ses institutions, à toutes les tempêtes de l’histoire et de survivre à la disparition des hommes et, comble du paradoxe, on continue en parallèle à croire encore aux hommes providentiels sans lesquels, nous dit-on, il n’y aurait aucune alternative possible ! Il se trouve, c’est une banalité de le rappeler, que nous sommes tous voués au trépas. Faudrait-il alors, dans ce cas, une dérogation divine pour rappeler tous ces hommes providentiels de l’au-delà pour continuer à gérer le sort des générations futures ? Dans cette situation tragico-comique, c’est bien sûr l’image de l’Algérie, dont on n’a pas cessé de mépriser le peuple, qui en pâtit. En effet, comble de l’ironie, c’est bien au nom de ce peuple que l’on agit à coups de manigances et de combines pour ourdir les intrigues de palais étalées au grand jour sur la place publique ces derniers temps. Si nos dirigeants savent si bien parler au nom du peuple, en se faisant les chantres de l’Algérie profonde c’est à dessein justement de lui subtiliser et lui confisquer la parole comme si le peuple était condamné à rester sous la tutelle des guides éternels. On n’en finit pas alors de recycler des hommes qu’on croyait révolus et à la moindre critique on crie au complot et à la déstabilisation de l’État. J’en reviens donc au fond du sujet : qui déstabilise qui ou quoi ? Si l’on peut être partagé, j’en conviens, sur la réponse à cette question, il y a en revanche un constat incontournable, et malheureusement amer auquel on ne peut échapper tant il s’impose par son évidence ; celui qui consiste à dire qu’un État qui n’arrive pas à se penser et à faire sa mue est un État finissant si bien qu’il laisse apparaître ses contradictions au grand jour. “La crise, disait Antonio Gramsci, c’est quand le nouveau peine à naître et que le vieux tarde à mourir.” Cet aphorisme pourrait résumer tout le drame non seulement de notre pays mais de tous les pays dits sous-développés. Que l’on ne m’accuse surtout pas de noircir le tableau ou d’être dans le déni systématique car il s’agit là d’une vérité de fait et non d’opinion qu’on ne saurait, par conséquent, réfuter, sauf à vouloir s’entêter à travestir la réalité. “La survie de l’arbre, comme l’écrit encore si justement Michel de Certeau dans une belle métaphore, est en jeu quand ses racines sont mises au jour.” Le moins qu’on puisse dire c’est qu’on est en plein dedans. De cette situation, nous avons tous une part de responsabilité bien sûr. Force est de constater que les intellectuels aujourd’hui, censés être à l’avant-garde, ont cruellement failli à leur responsabilité historique du fait qu’ils ne sont plus acteurs et ne s’impliquent pas dans les débats de société, laissant souvent la place aux opportunistes politiques de tout bord.
Il nous faut sortir de notre indifférence et inventer un langage neuf pour repenser notre être au monde. C’est de cette capacité à refonder notre parole que va dépendre le sort de la nouvelle République qu’il faudra forcer à naître. L’accouchement sera, certes, douloureux, mais il sera porteur, à coup sûr, d’espérances. Aussi est-ce par la phrase, si riche en enseignements de Dostoïevski, que je terminerai en guise de conclusion : “Nous sommes tous responsables de tout et de tous, et moi plus que les autres.” Le jour où l’on arrivera à ériger en principe de vie ce propos, nous commencerons peut-être à trouver un début de solution à la crise de conscience que nous traversons.

V. S.
Enseignant chercheur à l’école normale de Bouzaréah


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