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Culture / Culture

Théâtre du renouveau amazigh

“Abbuh.com “ou le cri d’alarme sur une culture en péril

©D. R.

La générale de la nouvelle pièce théâtrale du TRA est prévue samedi 28 février à Montréal.

L’histoire se passe dans un village kabyle. Elle raconte des scènes de vie ordinaires, mais qui renseignent sur l’urgence de sauver de l’oubli des trésors enfouis dans la mémoire collective. C’est que dans une société laminée par la misère et bousculée par de nouvelles “valeurs” de la globalisation tournées vers le gain facile, la culture et les valeurs qu’elle véhicule n’ont que peu de place. On a déjà porté le burnous à l’envers, pour reprendre une expression imagée au sujet des valeurs ancestrales piétinées. Ainsi, on a beau côtoyer des vieux et des vieilles, ce n’est qu’une fois disparus que l’on se rend compte des trésors qu’ils emportent avec eux. L’adage qui comparait un vieux qui meurt à une bibliothèque brûlée trouve ici tout son sens.
D’où le cri d’alarme du poète et auteur Arab Sekhi qui livre Abbuh.com, sa troisième pièce de théâtre, complétant ainsi la trilogie bâtie par les deux premiers textes Tidak n Nna Fa (Les vérités de tante Fatma) et Ass n unejmaâ (Jour d’assemblée), produits par le Théâtre du renouveau amazigh (TRA). “Cette nouvelle pièce est le troisième volet d’un triptyque qui a commencé avec Tidak n Nna Fa et s’est continué avec Ass n unejmaâ. Abbuh.com se déroule dans un village habité d’histoires qui rient, d’histoires qui pleurent”, explique M. Sekhi. Satire qui emprunte beaucoup au théâtre médiéval, le texte de Sekhi, par ailleurs, plein de poésie, se joue dans un décor dépouillé pour interpeller les consciences sur la nécessité de sauver taqbaylit, en tant que vécu et valeurs. Les comédiens évoluent avec un naturel captivant d’entrée de jeu. Les rôles sont campés par Arab Sekhi, Hocine Toulaït, Hakim Abdat, Brahim Benammar et Nordine Bala. Les mêmes qui ont joué dans la pièce Ass n unejmaâ. Notre interlocuteur reconnaît que le théâtre amazigh au Canada n’est qu’à ses balbutiements.
“à notre connaissance, la troupe du TRA est la seule qui a pu présenter des pièces pour le public. Notre vœu est que notre exemple suscite des vocations, et le TRA sera heureux d’apporter son aide tant du point de vue artistique que de la production”, soutient-il.
Loin du théâtre amateur contestataire tel qu’on l’a connu dans les cités et campus universitaires, le Théâtre du renouveau amazigh, une compagnie créée en 2009 à Ottawa, se lance dans la promotion du 4e art d’expression amazighe avec ses propres créations.
Dans la même lignée des premières pièces théâtrales au succès bien établi, si l’on tient compte de la mobilisation suscitée par les représentations aussi bien à Montréal qu’à Ottawa, la nouvelle production du TRA interpelle les consciences sur l’impuissance des ancêtres devant la perte de leur trésor. Se pose alors un dilemme pour l’auteur pour qui “l’histoire est une monture (…) Ou tu la prends à l’encolure, ou tu finis sous les sabots”.

Y. A.


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