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A la une / Culture

10e Prix Matoub-Lounès contre l’oubli, à Draâ El-Mizan

Achab, Oussalem et Ouatah, grands lauréats

Plusieurs personnalités étaient présentes à cette 10e édition. © O.Ghilès/Liberté.

Organisée par l’association Amgud et la fondation Matoub-Lounès, cette édition a consacré Ramdane Achab et Mohand-Ouamar Oussalem, militants de la cause berbère, ainsi que Linda Ouatah, jeune chercheuse et militante du mouvement amazigh.

La petite salle de la maison de jeunes Arezki-Mansouri de Draâ El-Mizan n’a pu contenir la nombreuse assistance composée de personnes issues de divers horizons culturel, sportif, artistique venue assister à cet hommage qui coïncidait avec le 19° anniversaire de l’assassinat du chanteur Matoub Lounès survenu, rappelons-le, le 25 juin 1998 sur la route des Ath Douala (lieudit Tala Bounane). Et en ce douloureux souvenir, l’association culturelle Amgud, en collaboration avec la Fondation Matoub-Lounès, a décerné, comme chaque année, le prix Matoub Lounès contre l’oubli à des personnalités connues. Après une minute de silence observée à la mémoire du “Rebelle”, la parole fut donnée à Malika Matoub, présidente de la fondation. “Nous remercions vivement l’association Amgud qui a continué à décerner ce prix et activer en dépit de tous les obstacles que rencontrent régulièrement ses membres. Le mouvement associatif dans notre pays en général et en Kabylie en particulier fait face à d’innombrables entraves politiques et administratives. Il faut que nos associations deviennent autonomes et libres afin de mener leurs actions sans qu’elles activent dans aucune chapelle. Au sein de la Fondation, nous œuvrons dans la collégialité sans aucune exclusion et nous souhaitons rester dans un cadre fédérateur”, dira-t-elle. Et d’enchaîner : “La pétition que nous avions lancée au lendemain de son meurtre a été reprise ces derniers jours à l’occasion du 19e anniversaire de son lâche assassinat. Il n’y a jamais eu de procès Matoub Lounès comme veut nous le faire croire le pouvoir parce que la parodie de procès a concerné les nommés Medjnoune et Chenoui. Nous exigeons la réouverture de ce dossier parce que nous avons des éléments nouveaux grâce à la commission d’expertise étrangère que nous avions engagée. Nous attendons la reconstitution des faits et l’étude balistique”. Ensuite, c’est Linda Outah, chef du département de la langue amazighe à l’université de Béjaïa, qui a, d’ailleurs, fait des études sur l’œuvre artistique de Matoub Lounès, qui fut invitée à animer sa communication portant sur “Le nationalisme dans la poésie de Matoub Lounès”. D’emblée, la conférencière dira que “la poésie de ce grand chantre de l’amazighité est assez profonde pour la développer en peu de temps”. Tout de même, elle prendra des exemples liés au thème de la conférence telles que les différentes significations du terme “patrie” ou “tamurt” dans sa poésie. “Dans son trésor intarissable, l’artiste-poète a répété le mot tamurt plus de 120 fois. C’est dire qu’il était trop attaché à sa patrie. Tamurt n’est pas le sens primaire d'espace géographique auquel Matoub Lounès accorde de l’importance. Il l’a chantée sous d’autres angles : la relation du Kabyle avec sa terre, la séparation avec ses origines, sa culture, sa langue quand il est appelé à s’exiler pour diverses raisons, le combat universel des droits de l’humain. En somme, on ne peut pas cerner tous les sens que le poète donne à ce seul mot dans ses textes. Mais une chose est sûre, la source d’inspiration du poète à ce sujet peut être aussi l’oppression subie par son peuple mais aussi sa large vision sur ce thème”, expliquera-t-elle. Au terme de cette intervention de haut niveau, un débat fructueux fut ouvert avant que les trois lauréats retenus pour cette 10e édition ne soient appelés à la tribune pour recevoir leurs prix. Il s’agit de Ramdane Achab, un pionnier dans le combat pour l’identité amazighe, Mohand-Ouamar Oussalem, un autre grand militant de la cause berbère et enfin, Linda Ouatah, en tant que jeune chercheuse et militante du mouvement amazigh qui a réalisé deux thèses sur la poésie de Lounès Matoub. La cérémonie s’est déroulée dans une ambiance parfaite en dépit d’une chaleur accablante au point où les interventions, pourtant pertinentes, étaient écourtées.  “Nous remercions tous ceux qui ont honoré de leur présence ce rendez-vous afin que nul n’oublie”, conclura Karim Larbi, en sa qualité de président de l’association Amgud tout en donnant rendez-vous à la nombreuse assistance pour l'année prochaine à l'occasion de la 11e édition.

 


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