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A la une / Culture

Mohamed Lemkami tire sa révérence

Des “Hommes de l’ombre”, un legs pour la postérité

Mohamed Lemkami. ©D. R.

Ancien officier du MALG, il a laissé derrière lui des témoignages et un écrit, afin que nul n’oublie, et surtout pour que les générations actuelles et à venir s’en souviennent. Il publia ses Mémoires dans un livre paru d’abord aux éditions Anep en 2004, repris ensuite et réédité par les éditions Dahleb, intitulé Les Hommes de l’ombre.

Le même jour où disparaissait son grand ami Slimane Benaziez, Mohamed Lemkami, cet illustre officier du MALG (Ministère de l’armement et des liaisons générales) l’a suivi dans sa deuxième et ultime demeure. Il s’est éteint, non sans laisser derrière lui un parcours exemplaire et une carrière tout à son honneur. Natif de Tlemcen (Khémis, Beni Snous), il a été, au cours de l’année 1954-1955, instituteur stagiaire dans son village natal.
Un an plus tard, il fut envoyé à Zoudj Bghal où il supervisa l’organisation civile du FLN dans la région des Béni Ouassine. Quelque temps après, il rejoignit le maquis en Zone I, Wilaya V. Il fut ensuite agent du MALG de 1959 à 1962. Après l’indépendance de l’Algérie, il occupa des postes au sein du ministère du Commerce, puis dans le secteur pharmaceutique.
Soucieux, comme certains de ses pairs, de laisser derrière lui des témoignages et un écrit, afin que nul n’oublie, et surtout pour que les générations actuelles et à venir s’en souviennent, il publia ses Mémoires dans un livre paru d’abord aux éditions Anep en 2004, repris ensuite et réédité par les éditions Dahleb, intitulé Les Hommes de l’ombre dans lequel il nous dit en guise de préambule : “Avec l’âge, il devient de plus en plus difficile de déchiffrer à travers un rétroviseur embrumé, parmi les débris de mémoire, l’itinéraire de toute une vie. Je vais, autant que faire se peut, essayer, en ce début du troisième millénaire, d’en recoller les morceaux pour permettre à mes enfants et surtout à mes petits-enfants, et pourquoi pas à leur future progéniture, de suivre ce chaotique et assez long parcours et d’apprendre quelque chose sur cette Algérie qui nous a fait tant souffrir et qui a souffert avec nous.” Ainsi, à travers ce riche et volumineux témoignage – plus de 500 pages – le défunt moudjahid “lève le voile sur les premières structures façonnées dans la clandestinité par Abdelfafid Boussouf, l’homme aux lunettes épaisses, patron du service de renseignement pendant la guerre de libération”, lit-on sur la quatrième de couverture de l’ouvrage. Y sont relatés minutieusement des faits, des noms, des événements, accompagnés de photos et de documents historiques qui témoignent du riche parcours de celui qui a côtoyé de grands noms qui ont fait la Révolution, ont sacrifié leur vie et sont restés parfois anonymes ou peu connus.
Il fallait donc rendre justice à ces hommes de l’ombre en citant leur bravoure et en relatant leur parcours dans une longue biographie chapitrée à travers laquelle le lecteur suivra les péripéties et les escales de notre histoire, pendant la guerre de libération, puis au-delà, à l’indépendance et lors de la reconstruction. Une “vie de labeur et de défi”, nous dira Lemkami qui avoue, à la fin de ses Mémoires, être “profondément déçu et triste à la fois, non pas de moi-même, mais de l’environnement agressif et d’une régression terrible dans lesquels le pays en entier a basculé”, soulignant que “du temps de ma jeunesse, l’école coranique et l’école publique ne nous apprenaient pas la haine et la violence. Malgré les conditions de vie très pénibles de l’époque, elles nous enseignaient le civisme, le respect des grandes personnes, le travail bien fait, l’hygiène, la propreté et l’amour de la nature (…) est-il encore possible de revenir à cette éducation de base ?”. Une question qui mérite d’être posée et qui, sans doute, n’aura de réponse que si on trouve la raison de ce mal qui ronge l’Algérie car, comme le disait si bien le défunt Mohamed Lemkami : “Il me semble que rien de sérieux et de durable ne saurait être construit sur le plan politique dans notre pays, tant que les causes de nos échecs successifs, qui ont lourdement coûté à notre peuple, ne sont pas sérieusement étudiées. En attendant, seule l’opinion publique d’une société civile non polluée et non manipulée pourrait forcer les gouvernants à considérer le bien-être de tous...” Qu’il repose en paix et puisse l’Algérie renaître et prospérer comme il le souhaitait…

Samira Bendris-Oulebsir


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