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A la une / Culture

En compétition officielle dans la catégorie documentaire

“Enquête au paradis” de Merzak Allouache au Fiofa

© D.R.

Ce documentaire fiction a été présenté dimanche dans le cadre du Festival international d’Oran du film arabe. Le réalisateur met en relief la conception du paradis, ainsi que les 72 houris promises aux “bons” musulmans.

Tout commence sur une vidéo d’un prédicateur évoquant les 72 houris promises aux bons musulmans lors du Jugement dernier. Ces femmes vierges, d’une beauté irréelle, seront le “cadeau” offert à ces hommes pour leurs bonnes actions terrestres. À partir de ce programme, Nedjma (la comédienne Salima Abada), une journaliste algérienne, décide de réaliser un reportage intitulé Enquête au paradis. Celui-ci est le titre du dernier documentaire-fiction de Merzak Allouache (en compétition officielle), projeté dimanche à la cinémathèque d’Oran, dans le cadre de la 10e édition du Festival international du film arabe, dont la clôture devait avoir lieu dans la soirée d’hier au théâtre de verdure Hasni-Chakroun. Sorti en 2017, ce long-métrage de 2h15mn, a été présenté en avant-première algérienne (après plusieurs participations à des festivals étrangers, notamment celui de Berlin). L’extrémisme religieux est la thématique de ce doc qui met en scène plusieurs personnalités, notamment les écrivains Maïssa Bey, Boualem Sansal, Kamel Daoud, et Sarah Haïdar, ou encore la chanteuse Souad Asla, et la comédienne Biyouna.
Dans leurs différentes interventions, les protagonistes du film ont donné leur avis sur la question : quelle conception vous faites-vous du paradis ? Et que pensez-vous des 72 houris ? Malgré les divergences d’opinions, les interviewés pour la plupart sont d’accord sur un point : chacun peut construire et imaginer son propre paradis, et les houris sont une conception d’un “porno-islamiste”. Quant à la femme elle représente pour eux “le fruit défendu”, mais surtout “la cause de tous les maux terrestres”. Sous forme d’un road movie, Nedjma sillonne plusieurs villes du pays pour aller à la rencontre de ces personnalités, ou de gens lambda pour les questionner sur ces discours fanatiques. Munie de son ordinateur, elle fait visionner une vidéo d’un prédicateur parlant des houris dans un discours à la limite du vulgaire et de l’érotique. À Timimoun, la reporter fait la rencontre d’un cheikh d’une zaouïa qui lui répond avec simplicité et rationalité. “Nous ne pouvons ni voir, ni entendre, ni imaginer le paradis. Il faut se référer aux versets coraniques”, a-t-il insisté. Tout en précisant : “Avant, les musulmans aspiraient à faire du bien et à respecter leur religion pour satisfaire le Bon Dieu. Mais, aujourd’hui, l’islam est devenu référence de houris, et de vierges éternelles.” Par ailleurs, le réalisateur a posé une autre interrogation dans son long métrage, la place de la femme au paradis. Dans ces discours “importés” des pays du Golfe, l’éden n’est réservé qu’aux hommes, alors que la gent féminine est complètement occultée. À ce sujet, Allouache a précisé lors du débat après la projection, qu’il voulait faire le point sur cette pensée, et interroger sur la place de la femme dans les sociétés arabes. Concernant les jeunes rencontrés dans des cybers, dans la rue où même dans des établissements artistiques, pour beaucoup d’entre eux, malgré leur “ouverture” d’esprit, ils parlent de ces houris comme un vrai motivateur pour rejoindre le paradis. Une réaction qui a suscité une autre interrogation : “Ces jeunes qui s’intéressent à la musique, à l’art… peuvent-ils basculer vers l’extrémisme, car quelque part, dans leur esprit, ils ont adopté ces idées reçues ?”


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