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Culture / Culture

“La foi et ma détermination m’ont sauvé” de Layachi Benhamed

Entre espoir et désillusions

© D. R.

Dans ce récit publié aux éditions Rafar, l’ancien moudjahid témoigne et retrace tout un pan de notre histoire, son combat pour l’indépendance et la désillusion qui s’en est suivie lorsque sont apparues les luttes fratricides pour prendre les rênes du pouvoir.

Cette biographie qui regroupe mémoires, documents, photos et anecdotes du moudjahid Brahim Benbrahim, dit Layachi Benhamed, a été écrite par Leila Boukli, qui y consigne tout un pan de l’histoire d’abord,  de cet homme qui a contribué à la libération de l’Algérie mais également celle d’une patrie, bafouée, humiliée et martyrisée, qui est restée toutefois digne et déterminée.

Convaincu dès son plus jeune âge de la nécessité de s’investir dans le combat pour la libération du pays, le traitement réservé eux siens (père, frères et amis) par le colonisateur aidant, Brahim Benhrahim s’engage corps et âme en se chargeant de plusieurs missions, dont une au royaume chérifien. Le natif de Takdempt, non loin de Dellys, se remémore la naissance de ses premiers élans nationalistes, alors qu’il fréquentait encore l’école, indigène.

“Nous étions des enfants, témoins malgré nous de l’injustice environnante, de cette rudesse de vie, voulue et entretenue par les colonisateurs. Certains d’entre nous ressentaient déjà, vis-àvis du fait colonial une révolte qui grandira à mesure que le temps passait”. Une partie de la modique somme que lui donnait sa mère Fatma, en guise d’argent de poche, servait déjà à couvrir la cotisation au PPA de son frère Allel.

Ce frère  à la “conscience politique précoce” avec qui il partagera bien des aventures tout au long du sinueux chemin vers la  liberté, “fut son modèle et son complice”. Avec son frère-acolyte, ils mettront leur courage et détermination au service d’une nation, qui, à défaut de ressources financières, avait en son sein des hommes et des femmes de la trempe des héros de notre révolution.

Layachi était bien de ceux-là, puisque ni les conditions difficiles dans lesquelles lui et sa famille vivaient, ni la traque des Français de tout ce qui dégageait une quelconque conscience nationaliste, ni mêmes ses propres limites, ne l’arrêteront. 1947, élections à l’Assemblée algérienne : Layachi supervise le scrutin pour le compte du PPA, toujours interdit, et présenté à cette époque-là sous le couvert du Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD).

Les Français tenteront de s’immiscer encore une fois dans les affaires politiques algériennes, en tentant “de substituer à la véritable urne une autre remplie de bulletins favorables à leur candidat”. C’est ce qui se serait produit, n’était la vigilance de Layachi qui sommera à l’usurpateur de restituer la véritable urne. Mais les choses sérieuses commencent à la mort de son frère Allel, puisqu’il sera sollicité  pour prendre le relais du frangin par Mohamed Zerouali, Hasballaoui Abdelkader et Omar Boudaoud.

Mis au parfum, les Français ne tarderont pas à le traquer, mais prévenu par des indicateurs de la région, il échappera au colonisateur pour se rendre au Maroc.  Le but étant non seulement d’éviter de finir dans les geôles, mais également de se procurer des armes au Royaume chérifien. Avec son frère Larbi cette fois-ci,  munis, à bord de leur 203, d’un laisser-passer militaire français, aucun effort n’était ménagé “pour équiper les hommes qui quittaient le camp pour rejoindre les maquis et en envoyer à l’intérieur via Oujda”, se remémore Layachi. “Dlimi (…) m’a accompagné partout, jusqu’à Goulimine à 500 km d’Agadir.

Leur armée était encore sous les tentes et nous en profitions pour nous approvisionner en armes”. L’escapade marocaine lui permettra également de faire la rencontre d’Algériens de tous bords, notamment des chefs de région, à l’instar d’Abdelhafid Boussouf, qui le chargera d’ailleurs de “la prise en charge des journalistes et speakers de ‘La voix de l’Algérie libre’, entre autres Améziane, Messaoudi, Cheikh Mimoun…”.

Doux mirage peut-être, que de rêver d’une Algérie post-indépendance libérée de toutes ses limites. À l’indépendance du pays, d’autres problèmes se poseront en effet, et c’est l’un des acteurs de sa libération qui en témoigne en ces termes : “Personnellement, cette euphorie passée, je ressentis une grande désillusion. Une lutte sans merci pour le pouvoir commençait (…) Cette situation est exacerbée par les graves dissensions au sein du FLN”. 

 

Yasmine Azzouz 
Brahim Benbrahim, dit Layachi Benahmed, 
La foi et ma détermination m’ont sauvé, 
éditions Rafar, 110 pages, 2019. 500 DA 

 


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