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Culture Mercredi, 01 Février 2012 10:00 Facebook Imprimer Envoyer Réagir

IMAZIGHEN GRAFFITIS

L’art en toute liberté

Par : Rachid Hamatou

Sans rival aucun, le graffiti mais aussi le tag offrent une forme de liberté d’expression, presque sans limite, car sans contraintes ni règles apparentes, sauf peut-être le désir de dire et de s’exprimer.

En garantissant l’anonymat, la clandestinité ou le caractère illégal souvent recherchés par les tagueurs et les graffeurs, s’ajoute un autre facteur et pas des moindres, ce libre style autrement dit art urbain ou pour d’autres graffitis-artists s’accommode à tous les supports : murs, bus, niche d’électricité, vitres… sans limites aucune et sans initiation ou enseignement préalable, ce qui explique en grande partie son universalité. À travers les quatre coins de la planète, dans toutes les langues du monde, des tagueurs et graffeurs s’expriment, disent des humeurs, des états d’âme, des opinions, des appartenances, des joies, des déceptions en graffitis, mais pas uniquement. Les études les plus sérieuses classent le graffeurs et les graffitis, respectivement comme artiste et art engagé. En matière de communication visuelle, on n’a pas fait mieux depuis les dessins rupestres. Le graffiti fait partie avec les textes épigraphiques, des témoignages écrits non littéraires, populaires, souvent très vivants et aptes à nous révéler des aspects inédits des sociétés qui les ont produits. Le graffiti se caractérise par sa force de communication visuelle, les graffeurs et les tagueurs passent maîtres en la matière de communication visuelle présentement. La créativité individuelle s’exprime dans un cadre codé et impliquant l’adhésion à toute une culture, idéologie, identité ethnique, religieuse ou autre (vocabulaire, préoccupations, goûts musicaux…). L’analogie du graffiti est représentative. La société, gagnée par le signe le symbole, d’une manière générale, favorise le visuel, le graffiti et le tag, qui ne sont aucunement les enfants pauvres de la communication visuelle, bien au contraire, ils sont les mieux  lotis et les plus utilisés, pour la simple raison qu’ils sont les plus explicites. Ils donnent à lire en équivoque et univoque.

Une tendance dans les Aurès
À travers le grand Aurès, le graffiti art urbain par excellence semble cependant perdre de son urbanité et de sa citadinité, voire de sa mondanité. Bien sûr que dans les grandes agglomérations telles que la capitale des Aurès et l’instar des autres villes et agglomérations du pays, les cités et les quartiers populaires, et aussi les campus universitaires, ont connu et reconnu cette forme d’expression qui n’est plus à ses premiers balbutiements. Cependant s’agissant des Aurès, et depuis plus quinzaine d’années, ce mode d’expression n’a pas été uniquement utilisé mais adopté, et adapté. Revendication culturelle exige !  Si dans leur majorité les villages et les zones rurales de la wilaya de Batna, mais aussi de Khenchela et Oum El-Bouaghi, jusqu’a Souk-Ahras ou Tébessa s’identifient dans la culture berbère, et se revendiquent comme tel, il y a cependant d’irréductibles villages, pour qui le besoin d’expression et d’extériorisation et beaucoup plus important. A Tk’out, Ali Nmeur, Msara et bien d’autres, les plaques de signalisation routières, les bornes kilométriques, les rideaux de garages, les devantures de magasins, sont devenus un espace inespéré pour jouer du Tag et du graffiti et de la manière la plus artistique. Parmi les jeunes tagueurs, d’actuel et d’anciens élèves des Beaux-Arts, qui s’illustrent en la matière. La quasi-totalité des graffitis inscrits sur les différents supports sont en lettres tifinagh et c’est la lettre Z amazigh qui caracole en tête. Certainement pour sa forme, sa beauté, son dynamisme, mais surtout peut-être pour sa suggestion : un arbre avec des branches et des racines. En couleur ou en noir et blanc, en bas relief, avec des branches ou carrément métal, es jeunes militants du mouvement associatif de Tk’out, mais aussi du village Ali Nmeur (Merouana) ont réalisé un challenge peu ordinaire en construisant sur les hauteurs du village un Z en béton. Nonobstant, la palme d’or revient sans nul doute à une œuvre sur la raquette d’un figuier de barbarie où tout naturellement le Z est sculpté en toute beauté.


R H

Commentaires

adelil1 02-02-2012 22:54

#7
Les graffitis désordonnés et maladroits cachent en réalité une signification beaucoup plus profonde. Certains intervenants l'on compris. le message à mon avis est le suivant:"notre identité est ce qu'il nous reste, alors n'y touchez pas!". Il faut comprendre les Kabyles et le Chaouis qui ont payé un lourd tribu aux différents envahisseurs. Sans eux je ne pense pas que l'Algérie soit indépendante. Alors lorsqu'ils réalisent que les énormes sacrifices consentis n'ont pas servis à améliorer leur quotidien mais plutôt à restreindre leurs libertés , ils se replient sur eux mêmes et rejettent les symboles qu'ils estiment étrangers à leur culture, parce que synonymes d'échec.
Répondre a adelil1

Yidir 02-02-2012 04:20

#6
Il est vrai que c'est la partie écrite en arabe qui est cachée. Pour vous répondre, ce n'est pas du vandalisme. C'est l'expression d'un peuple brimé. C'est un acte de révolte. On ne peut le sentir que de l'intérieur. Quand Ighzer Amellal est traduit littéralement par les tenants du pouvoir pour le rebaptiser par OUED-EL-ABIOUDH en plein pays chawi, s'attaquer à une plaque, c'est peu. Les arabophones qui prennent cause pour la Palestine (c'est normal et je les comprend) doivent juste comprendre les frustrations des berbères de ce pays. Nous ne vous demandons pas de revendiquer ou de lutter pour nous. Comprenez juste les frustrations qui habitent tous les damnés de cette terre dont nous faisons partie. Si vous vous sentez totalement indépendants, c'est tant mieux pour vous. Nous, nous sommes à peine tolérés, et à condition que l'on se taise. Désolés, nous ne voulons plus être tolélés en silencieux au pays de nos ancêtres, nous exigeons que l'Algérie c'est avec ou rien!
Répondre a Yidir

kvayli hadra dzcirta 02-02-2012 00:54

#5
Mon commentaire qui voyait plutot un acte de voyoux que de l'art a été censuré, je reitere mes propos,la culture ce n'est pas le saccage.Quant à ceux qui mettent sur le dos de la langue arabe, leur propre echec a conserver eux meme les formidables acquis de la culture berbere, je leur répondrais que je les soutiendrais quand un jour ils mettront autant de verve à defranciser leur quotidien , or ils parlent français, ils vivent français, ils pensent français ,ils aiment français mais ils raillent l'arabe;Si l'arabe avait pour vocation d'eteindre la langue berbere , que ne l'ait il fait durant le millenaire de domination ?on parle toujours le berbere et assez en Algerie non?ou bien le probleme est ailleurs...
Répondre a kvayli hadra dzcirta

Chaoui 01-02-2012 22:29

#4
Excellent article. Concernant la photo, tous le monde se doute que ce n'est qu'une image d'illustration. En fait il y a graffiti et Tags. Et taguer un panneau de signalisation n'importe où dailleurs dans le monde est considéré comme un acte culturel quand il y a un message . Et c'est le cas ici . L'image d'illustration le montre très bien. Bon les graffitis sont en général plus élaborés. Y a des célébres graffeurs comme Bansky qui eux utilisent des pochoirs pour leur taff. Donc le tag , banal, n'est pas simplement un acte de vandalisme quand il y a un message . je parle en connaissance de cause. Maintenant on peut facilement penser que si ces gens avaient du matériel, les tags et graffitis seraient plus élaborés. (j parl en connaissance de cause) Bonne continuation à tous les taggeurs et taggeuses des Aurès.
Répondre a Chaoui

ayis 01-02-2012 21:25

#3
A quand le réveil ?

Il est temps que imazighens ouvrent les yeux et se réapproprient leur culture et us et coutumes.

La plaque commémorative en dessus de la statue de KAHINA la rebelle écrite en arabe est une insulte aux CHAWIS en premier et à imazighens .

Il faut absolument imposer tamazight au pays des imazighens.

A bas les colonisateurs et les impérialistes.

TAMAZIGHT pour l'éternité.
Répondre a ayis

Afalkou 01-02-2012 19:32

#2
@ pasde pseudo
Je suis entièrement d’accord avec vous, c’est un acte absurde et une incivilité criante que je condamne vigoureusement. Si nous voulons affirmer notre identité longtemps réprimée, il y a des moyens plus civilisés pour nous exprimer ! Quant au nom et caractères arabes qui sont la proie, l’explication se trouve dans la répression féroce utilisée par les tenant de « l’arabo-islamise » depuis des lustres contre tout ce qui se rapporte à notre identité Amazigh. Donc, toute réaction contre l’aliénation culturelle ou identitaire est compréhensive ! Salutations fraternelles.
Répondre a Afalkou

pasde pseudo 01-02-2012 15:36

#1
Ce que la photo montre, ce n'est que du vandalisme sous-tendu par des revendications politiques ou identitaires. Tout le monde voit que ce ne sont que le nom et les caractères arabes qui sont la proie de ce vandalisme. Le graffiti, c'est autre chose, ce sont des dessins, des fresques, de la peinture, des caractères originaux et parfois extraordinaires . De grâce, ne dites pas que c'est ça le graffiti que sont capables de générer les Imazighen! Ce serait faire affront à ce peuple et à sa culture.
Répondre a pasde pseudo

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