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Culture / Culture

“Prisonniers politiques du FLN en France 1954-1962” de Mohand Zeggagh

La guerre des geôles

©D. R.

Paru aux éditions Chihab en 2015, le livre de Mohand Zeggagh, Prisonniers politiques du FLN en France 1954-1962, se veut un témoignage sur les conditions endurées par les prisonniers politiques algériens en France durant la guerre de libération nationale. Pour y parvenir, Mohand Zeggagh a fait appel aux souvenirs de plusieurs personnalités historiques et d’avocats qui ont défendu les prisonniers.
Naturellement, il apporte son propre témoignage de détenu politique. Dans l’introduction, l’auteur précise que “le face à face avec l’administration pénitentiaire donna lieu dès le début à un affrontement permanent”. En effet, durant la GLN, les prisons françaises ont constitué “un véritable champ de bataille dont les acteurs sont les militants nationalistes, les corps répressifs (police, armée, justice), les réseaux de sympathie et de défense des détenus…”, écrit l’historien Mohamed Harbi, qui ajoute dans sa préface que “cet ouvrage de Mohand Zeggagh élargit le champ de l’historiographie algérienne en inaugurant une histoire d’en bas, celle des détenus politiques qui, dans l’histoire du conflit franco-algérien, peuvent être à juste titre considérés comme des prisonniers de guerre”. Zeggagh rappelle les racines de la révolte contre l’occupation coloniale en décrivant les conditions de vie dans l’Algérie profonde, à l’image de Tamassit, son village natal de Kabylie. Il évoque les péripéties du mouvement national jusqu’au déclenchement de la révolution de novembre 1954. Zeggagh évoque les pouvoirs spéciaux qui ont accéléré les procès des nationalistes et les peines capitales. Plus de 300 condamnations à mort furent prononcées en 1956 et 1957. Neuf militants algériens ont été guillotinés en 1956, dont Ahmed Zabana et Mohamed Ferradj le 19 juin de la même année. Parallèlement, l’administration française multipliait l’ouverture de camps d’internement où s’entassaient des milliers d’Algériens. Dans la “Septième Wilaya”, c’est-à-dire au cœur même de la puissance coloniale, Zeggagh évoque le chiffre de près de 10 000 prisonniers politiques algériens (détenus et internés confondus) entre 1956 et 1958. L’auteur, l’un des plus jeunes prisonniers du FLN, décrit les conditions de détention dans les geôles françaises, l’organisation des prisonniers, les comités de défense. “Des années d’incarcération terribles et douloureuses pour des milliers d’Algériens.” Mohand Zeggagh évoque les luttes incessantes des prisonniers, “les trois longues grèves de la faim pour obtenir le statut politique” et le droit de dispenser des cours d’alphabétisation à des centaines de détenus.
Né en 1938 au village Tamassit, Mohand Zeggagh, après cinq années d’incarcération douloureuse dans les prisons françaises, participa également à la lutte menée par la Zone autonome d’Alger contre l’OAS en 1962. Il a obtenu un doctorat en sociologie à l’université de Paris-Sorbonne en 1968. Le livre Prisonniers politiques du FLN en France 1954-1962 vient enrichir la bibliographie consacrée à la glorieuse guerre de libération nationale. Sa lecture est vivement recommandée à tous ceux qui s’intéressent à cette période de l’histoire de notre pays.

ALI BEDRICI
Prisonniers politiques du FLN en France 1954-1962 - La prison, un champ
de bataille de Mohand Zeggagh
Chihab Éditions, 394 pages, 2015.



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