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A la une / Culture

KAMEL DAOUD AU CAFÉ LITTÉRAIRE DE BÉJAÏA

“La littérature, c’est le témoignage de l’humanité, voire l’intimité du monde”

© D.R.

“La littérature, c’est l’intimité du monde. Elle constitue le témoignage de l’humanité, voire la pierre tombale”, a-t-il dit.

Dans le cadre de sa tournée de promotion de son dernier roman, intitulé Zabor ou les psaumes, sorti le 22 août 2017, aux éditions Barzakh, le journaliste-écrivain Kamel Daoud était l’hôte, mercredi passé, du café littéraire de Béjaïa, tenu à la grande salle du Théâtre régional Abdelmalek-Bouguermouh (TRB) de la même ville. Intervenant devant une assistance nombreuse, le conférencier a réussi à mener un débat à la fois fructueux et passionnant avec son public béjaoui. En effet, l’audace et la réflexion pertinente de ce talentueux écrivain n’ont pas manqué de susciter l’intérêt et la curiosité de son auditoire. “Écrire est la seule ruse efficace contre la mort. Les gens ont essayé la prière, les médicaments, la magie, les versets en boucle ou l'immobilité, mais je pense à être le seul à avoir trouvé la solution : écrire”, telle est l’explication donnée par l’auteur de Zabor ou les psaumes. Une explication qui résume parfaitement la trame de fond de son dernier roman, dans lequel il met en avant la révolte d’un orphelin, appelé Zabor, qui se découvre un pouvoir magique et surnaturel, celui de prolonger la vie des autres par le simple fait d’écrire ! Interrogé sur la nature du message qu’il voulait adresser à ses lecteurs, M. Daoud estime qu’“un livre ou un roman n’a pas qu’un message à transmettre, mais tout un monde vaste à découvrir”. Pour lui, “la littérature, c’est l’intimité du monde. Elle constitue le témoignage de l’humanité, voire la pierre tombale”. Peut-on dire que l’écriture est un contrepoids ?, lui demande un autre intervenant.
Et à l’orateur de répondre du tac au tac : “Oui, effectivement !”. Se voulant universaliste, ce jeune écrivain se dit être contre le collectivisme et l’individualisme qui rongent notre société. “Nous sommes face à la renaissance du conservatisme et de la monstruosité. Je le nomme néo-conservatisme”, déplore-t-il. Citant l’exemple de la gent féminine qui subit, chez nous, toutes les formes d’exactions et d’intimidations en silence, le conférencier martèlera : “Quand la femme n’est pas libre, l’homme devient prisonnier.” À une question sur la sacralité et les tabous qui gangrènent notre société, M. Daoud se contentera de répliquer, “c’est l’homme qui est sacré. La vie aussi. Tant que je suis vivant, j’ai le droit de réfléchir”.  Selon lui, la religion est un choix et un droit, mais non pas une obligation qu’on doit imposer aux autres. Tandis que la liberté doit être placée au-dessus de la religion. S’agissant des menaces et intimidations que ne cessent de proférer ses détracteurs, notamment, à travers les réseaux sociaux, Kamel Daoud se montre imperturbable en qualifiant les auteurs de cette cabale de “minorité jacassante”. Pour preuve, explique-t-il, “là où je suis allé en Algérie, y compris dans les contrées les plus reculées, j’ai eu à remarquer quand même une certaine acceptation, à défaut d’une adhésion à ma vision des choses. L’essentiel pour moi, c’est que je me crois honnête et responsable de ma vie. Dans la rue, ou ailleurs, je ne baisse pas mes yeux. Car, je n’ai tué personne !”, a-t-il assuré. Téméraire, il réitère son engagement et sa détermination à continuer à défendre ses principes et ses convictions. Sa seule arme efficace, l’écriture. “J’écris pour mes petits enfants !”, affirme-t-il, avant de paraphraser l’un de ses amis qui lui disait ceci “l’action crée la décantation”. En réponse à un intervenant qui voulait savoir comment M. Daoud parvient à assumer les deux fonctions (journaliste et écrivain, ndlr), ce dernier répliquera “après 19 ans d’expérience dans le journalisme, en tant que chroniqueur, certes, il me semble difficile en pratique de cumuler les deux fonctions”. Néanmoins, étant donné que les ressources émanant de la production littéraire, à elle seule, ne sauraient répondre aux besoins de sa famille, l’écrivain se voit contraint de continuer à exercer le métier de journaliste malgré lui. “En plus de mes besoins personnels, j’ai une famille à nourrir et des factures à payer !”, fait-il remarquer. Enfin, le jeune écrivain lauréat du prestigieux prix littéraire Goncourt, estime que “le roman algérien existe et se porte très bien. Pour preuve, bon nombre d’auteurs et de jeunes talents ont réussi à faire parler d’eux, ici en Algérie et ailleurs, durant ces dernières années”, soutient-il.


Kamal Ouhnia


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