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A la une / Culture

Rencontre avec la romancière Sarah Haider à Tizi-Ghenif (Tizi Ouzou)

“La morsure du coquelicot, un roman d’anticipation”

©D. R.

À l’initiative de l’association scientifique Assirem (L’Espoir), l’écrivaine Sarah Haider a attiré un public nombreux, samedi passé, à la bibliothèque communale de lecture publique de Tizi-Ghenif, (cinquantaine de kilomètres de Tizi Ouzou), où elle a présenté son roman La morsure du coquelicot (Éditions Apic). A propos de ce deuxième ouvrage rédigé en langue française après Virgules en trombe paru en 2013 chez le même éditeur, la conférencière averti l’assistance que le titre du roman peut choquer éventuellement le grand public parce qu’entre le coquelicot et la morsure, il y a réellement une contradiction. “C’est un oxymore. Cela paraît paradoxal mais il ne faut pas perdre de vue que même si le coquelicot est fragile, il pourra toujours se révolter. Cela est valable pour les personnages du roman qui, un jour, vont se révolter contre le système établi qui les humilie, les persécute et les torture”, a-t-elle expliqué.
Pour l’écrivaine, ce roman obéit à une construction labyrinthique. C’est-à-dire, il bouscule le lecteur et ne le laisse pas suivre la trame habituelle d’un roman classique. C’est ce qu’elle appellera “un roman dans un roman”. L’auteure de Virgules en trombe estime que dans ce deuxième opus, le lecteur sera quelque peu bousculé et même parfois déboussolé. “C’est un roman d’anticipation et de fiction aussi parce que les événements relatés auront lieu en 2021. Les personnages vont mener une insurrection anarchique contre l’État pour revendiquer leur liberté, le changement de régime et bien d’autres choses. Ce sera de manière violente parce que les personnages ont été durement violentés et ils ne seront plus pacifistes”, a-t-elle précisé. L’invitée du café littéraire d’Assirem ne voit pas d’inconvénients au sujet des prénoms choisis à connotation kabyle. “Peu importe les prénoms mais les événements peuvent être vécus par tout citoyen du monde qui se trouve dans la même situation que ceux du roman. L’endroit est innommé. C’est délibéré. C’est aussi un roman universel”, a-t-elle enchaîné.
Concernant le mois d’avril, repris tant de fois dans son roman, Sarah Haider reconnaîtra que cette inspiration des révoltes de Kabylie (avril 80, avril 2001) l’ont beaucoup interpellée. Elle soulignera que le mois d'avril est symbolique comme ce fut le cas pour mai 1968 en France. “C’est un mois typiquement collé à la Kabylie, mais il pourra être réapproprié et devenir un symbole universel qui renvoie à des idéaux, à des revendications identitaires et autres. Tout citoyen du monde peut s'en inspirer”, a-t-elle dit. Dans son intervention, elle s’est attardée, notamment sur la notion de liberté dans tous ses sens mais elle pense que le sens le plus indiqué est la liberté de vivre ensemble. “Ma liberté et celle des autres cheminent ensemble. C’est l’ordre établi qui veut faire croire que la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres.” Tout en expliquant : “Nombreuses sont les sociétés de par le monde qui donnent le sens restreint à ce concept en le balisant parfois même avec des interdits.” Il est à noter que, durant sa conférence suivie d’une vente-dédicace, devant un public pour sa majorité composé de jeunes étudiants, ce concept de liberté a été expliqué de fort belle manière car illustré d'exemples concrets. La romancière a abordé d’autres thèmes sur lesquels elle a été interrogée, à l’exemple du rôle des jeunes dans la société, le développement du goût de la lecture dans la société en général et à l’école en particulier. “Il ne faut pas stigmatiser les jeunes mais les laisser vivre au sens propre du terme et ne pas leur imposer des conduites pré-établies à tenir…”, a-t-elle rétorqué.
En somme, cette rencontre autour du livre a été bénéfique, et même enrichie par des questions pertinentes, que l’auteure a su expliciter de manière claire et nette. Sarah Haider, journaliste et romancière, fait partie de cette jeune génération d’écrivains algériens dont la rage pour l’écriture vient bousculer la littérature classique jugée trop linéaire et extrêmement figée.

O. Ghilès


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