Pour contacter la Rédaction Web de "Liberté" écrivez à cette adresse : redactionweb@liberte-algerie.comPour contacter la rédaction nationale (version papier)de "Liberté" écrivez à cette adresse : info@liberte-algerie.comSuivez-nous sur Twitter : @JournalLiberteDZ Suivez-nous sur Facebook:www.facebook.com/JournalLiberteOfficielChaque édition de la version papier (articles et PDF) est mise en ligne sur le site à 10h (GMT+1) et cela depuis le 05 octobre 2011
Culture Jeudi, 19 Juillet 2012 09:50 Facebook Imprimer Envoyer Réagir

…SOUFFLES…

La vache qui lit !

Par : Amine ZAOUI

Sur la tête de ma mère el-hadja Rabha, je vous jure que j’ai vu, cela s’est produit depuis une quarantaine d’années, la boîte magique circulaire sur laquelle était imprimée une image avec en-dessous une expression. L’image représentait une vache normande ou néerlandaise, dans les yeux s’installe un faux sourire ! Et l’expression fut la suivante : la vache qui rit. Depuis ce jour-là, je me suis dit : c’est certainement une erreur de frappe qui s’est glissée dans cette écriture !
On voulait écrire “la vache qui lit” à la place de “la vache qui rit” ! Une vache qui rit ne provoque aucune curiosité, mais une autre qui lit c’est génial !
Et depuis, dès que j’achète, et je continue à acheter ces boîtes circulaires de fromage, je prends mon stylo et je corrige l’erreur, en remplaçant le "r" par un "l". Mes enfants font la même chose, ma femme aussi ! Mes voisins, je ne suis pas sûr !
Pourquoi je vous parle de ce dessin de la vache qui lit ? Tout simplement parce que le Ramadhan est à nos portes ! Les gens, les Mohammadiens, ne parlent, depuis déjà un mois, peut-être un peu plus, et notamment depuis le 10 mai, jour des élections législatives historiques, que des journées longues, de la chaleur atroce et de l’humidité infernale ! D’autres, ils sont nombreux, évoquent les prix qui flambent et les arts des spéculations !
Je vous parle de la vache qui lit parce que les gens à l’image de mon père sont devenus rares. Lui, attendait ce mois de carême à sa manière.  
Petit, je suivais ses gestes et ses propos. Mon père, Allah y’rahmou, lettré d’arabe et passionné du verbe, attendait ce mois sacré debout face à sa petite bibliothèque.  Ma mère aimait mon père, un peu plus, sa bibliothèque !  
Ils étaient un couple amoureux. Et j’ai découvert  cet amour, pour la première fois,  pendant le mois du Ramadhan. Ainsi,  aux pieds de la petite bibliothèque, leurs yeux changeaient de couleur ! Leurs voix se métamorphosaient en chants ardents et spirituels!
Il conservait le Coran intégral dans son cœur, soixante hizb (chapitres). Et il apprenait aussi la belle poésie soufie, comblée d’amour et d’unicité. Il avait aussi Dieu et ma mère dans son cœur !
Elle, hadja Rabha, n’avait dans son cœur que Al-Fatiha et des psalmodies populaires et l’image de mon père !  Hadj Si Benabdallah, ceci est le nom de mon père, n’a jamais parlé du prix de l’huile, la pénurie du sucre, la crise des dattes ou de poivre noir ! Et il était modeste ! Si mon père attendait la venue du mois de Ramadhan aux pieds de sa bibliothèque, un rayon de cinq planches sur lesquelles étaient rangée une centaine de livres : le Coran, Sahih Al-Boukhari, Les Mille et une nuits, Diwan Al-Mutanabbi, Diwan Djarir, Diwan Abou Nouas, Le Collier de la colombe et d’autres volumes…,  aujourd’hui les gens l’attendent au marché avec un couffin à la main !  Pour cela, j’ai corrigé et je continue à corriger l’erreur sur la boîte du fromage : la vache qui lit.  
Il ne faut jamais lire : la vache qui rit, mais la vache qui lit. Corrigez l’erreur SVP.


AZ
aminzaoui@yahoo.fr

 
DIlem
DILEM DU 30 OCTOBRE 2014
Galerie Agrandir
CONTRECHAMP
video

LIBERTE MOBILE
Voir toute La rubrique

Dernières infos