Pour contacter la Rédaction Web de "Liberté" écrivez à cette adresse : redactionweb@liberte-algerie.comPour contacter la rédaction nationale (version papier)de "Liberté" écrivez à cette adresse : info@liberte-algerie.comSuivez-nous sur Twitter : @JournalLiberteDZ Suivez-nous sur Facebook:www.facebook.com/JournalLiberteOfficielChaque édition de la version papier (articles et PDF) est mise en ligne sur le site à 10h (GMT+1) et cela depuis le 05 octobre 2011
Culture Dimanche, 15 Juillet 2012 09:50 Facebook Imprimer Envoyer Réagir

…PORTRAIT…

Lakhdar Belloumi

Par : Hamid GRINE

Souvent, au détour de rencontres avec le public, on me pose la question suivante : “Pourquoi avez-vous écrit une biographie sur Belloumi et non sur un autre joueur ?” Je répondais toujours : “Parce qu’il était le plus grand joueur algérien de son époque.” Mais cette réponse, je le voyais bien, ne satisfaisait pas les jeunes qui n’ont pas connu Belloumi et qui lisent à longueur de journées dans la presse les exploits passés de Madjer. Ils ont raison, ces jeunes, de penser que je leur fais prendre des vessies pour des lanternes. En vérité, mon choix sur Belloumi, au-delà de son formidable talent, a été dicté par deux faits : sa tragique blessure en mars 1985 en Lybie, le second ce sont les propos de Rachid Mekhloufi qui a refusé qu’on le compare à tous les joueurs algériens à l’exception de Belloumi. Et pourquoi donc Belloumi. Voici sa réponse : “Parce que c’est un joueur du futur. Il a un radar dans la tête. Parce que d’une passe, il règle un problème qui aurait nécessité à un autre joueur force contorsions ! Et puis quelle simplicité dans le jeu, quel génie !” Et puis voilà son match contre la Juventus en février 1985, il a alors en face de lui l’une des plus grandes équipes du monde et l’un des plus grands joueurs : Michel Platini. Ce jour-là, le Mascaréen éblouira tout le monde, y compris ses adversaires. De ma vie je n’avais vu un joueur réussir tout ce qu’il entreprenait. Il était touché par la grâce. À la tribune de presse, je voyais quelques spectateurs pleurer d’émotion ; oui monsieur ! ils pleuraient comme pleurerait un mélomane devant un air inédit de Mozart. Trop, c’était trop ! L’envoyé spécial de France football, Robert Vergne, écrira que “Belloumi est l’heureuse synthèse de Maradona et Platini.” En un mot du meilleur joueur au monde et de son dauphin. Quel joueur algérien a-t-il mérité pareille éloge ? Cherchez, vous n’en trouverez aucun dans l’histoire du football national. On voyait notre star sur le toit du monde. C’était sans compter sur ce maudit 15 mars à Tripoli -déjà la Lybie- où un certain Bani lui cassera la jambe. Exit Belloumi ! Plongé alors dans l’enfer du doute et de la convalescence. C’est ce destin tragique qui me poussera, au lendemain même de la blessure, à entamer ma biographie. Pendant 6 mois j’ai fait des recherches documentaires ainsi que la collecte d’informations. Et quand j’ai rencontré Belloumi, se relevant de sa blessure et de nouveau en équipe nationale, j’avais le squelette de mon livre. Il ne me restait que la chair des mots de Belloumi et de ses amis à mettre sur mon squelette. À cet effet, je suis parti sur sa trace à Mascara où j’ai passé quelques jours. Là j’ai vu des fous de Belloumi, mais vraiment des fous capables de donner leur vie pour la star. S’il n’était pas la vie de tous les Algériens, il a donné vie à leurs rêves, il les a fait rêver, il les a rendus un peu plus fiers d’eux-mêmes. On pouvait sans crainte nous regardait dans la glace qu’il nous tendait. Mirage, mais quel beau mirage…


H. G.
hagrine@gmail.com

 
DIlem
DILEM DU 22 OCTOBRE  2014
Galerie Agrandir
CONTRECHAMP
video

LIBERTE MOBILE
Bannière
Voir toute La rubrique

Dernières infos