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A la une / Culture

KAMEL Daoud en fait son crEdo

L’aliénation par l’écriture

©D. R.

Traduit dans une trentaine de pays, auteur de Meursault… contre-enquête, lauréat du prix Livre et Droits de l’Homme 2017, Kamel Daoud a toujours porté, sur l’Algérie, un diagnostic sans concession. Aujourd’hui, il persiste et… signe Zabor.

Alors que son deuxième roman Zabor ou les psaumes, paru aux éditions Barzakh (Algérie) et Actes Sud (France), est dans les bacs depuis lundi, le journaliste-chroniqueur et écrivain, Kamel Daoud, part à la rencontre de ses plus fidèles lecteurs. Il s’est arrêté, avant-hier, à Constantine, à l’occasion d’une vente-dédicace.
C’est le pari réussi, en tout cas, par Yassine Saïd Hannachi, éditeur et propriétaire de la librairie Média-Plus, et sans conteste, précurseur dans cette activité et qui s’est traduit par l’engouement friand d’un public amoureux du livre et de la bonne littérature.
Traduit dans une trentaine de pays, auteur de Meursault… contre-enquête, lauréat du prix Livre et Droits de l’Homme 2017, Kamel Daoud a toujours porté sur l’Algérie un diagnostic sans concession.
Aujourd’hui, il persiste et… signe Zabor. “Cet orphelin d’une mère répudiée, rejeté par son père, vivant avec une tante perdue dans ses rêves et un grand-père aphasique, qui se découvre le don prodigieux de pouvoir prolonger la vie des autres par le simple fait d’écrire. Ironie du sort, un soir, il est appelé au chevet de son père mourant…” À travers ce roman qu’il dit “une fable autant que confession”, l’écrivain continue de se faire dénonciateur. «Ala men takra zaborek ya Daoud» (pour qui lis-tu tes psaumes, Ô David) ? C’est de ce vieux dicton arabe que Kamel Daoud “le provocateur” veut se libérer… car “écrire c’est se libérer”, clame-t-il.
“Il y a une sorte de fatalisme dans la pensée des gens, je pense qu’il vaut mieux faire quelque chose et que cela ne serve à rien, que de ne rien faire du tout”, se confie-t-il. Et de poursuivre : “Et Zabor, bien qu’elle soit fabulée, est une autobiographie. Je l’admets et le revendique.” Autrement dit, pour Kamel Daoud, les Algériens ne sont pas condamnables au tragique. “Dans ce pays, il faut qu’on arrête de dire que tout est la faute du colonialisme ; il faut arrêter avec ce confort post-colonialiste et qu’on assume enfin nos responsabilités.”

Le devoir de s’assumer et d’assurer pour se libérer
Beaucoup de choses ont été dites sur Kamel Daoud, sur ses œuvres un peu moins, sinon qu’on y trouvait la glorification du colonialisme, l’islamophobie, ce qui d’ailleurs lui a valu, une fatwa lancée par un dirigeant salafiste demandant au gouvernement de condamner l’écrivain et de l’exécuter pour le crime d’apostasie. “Je ne suis pas contre la religion, mais contre la religiosité, ce que nous musulmans on en fait et c’est pour cette seule raison que les Occidentaux ont peur de nous”, se défend-il, avant de poursuivre : “Je n’ai jamais glorifié le colonialisme, il faut juste que dans ce pays on arrête de dire que tout est la faute de la France ; il faut arrêter avec le confort post-colonial et qu’on assume enfin nos responsabilités.”
Poursuivant dans sa diatribe, Kamel Daoud accuse : “L’état du pays n’est pas la faute à la France, c’est notre faute à nous. Aujourd’hui, nous n’avons aucun rapport de responsabilité vis-à-vis de ce que nous allons laisser à nos enfants. Élite, populations, travailleurs, il faut construire des souverainetés, des puissances économiques, de la gloire”, conclut-il en s’adressant, non pas aux Daoudophiles ou Daoudophobes, mais plutôt aux Daoudiens et Daoudiennes qui, faut-il le souligner, sont venus par dizaines de plusieurs wilayas de l’Est, à la rencontre, de l’auteur de ce qui va sûrement être l’œuvre littéraire de la rentrée.

Lynda NACER


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