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Culture / Culture

Sites et monuments historiques d’Alger

L’aqueduc du Ravin de la femme sauvage à l’abandon

L'aqueduc de l'oued Knis. © Louhal Nourreddine / Liberté

On a écrit à flots d’encre au sujet des aqueducs du Hamma, œuvre de l’Andalou mâle Sta Mouça et de la “tala oumlil”  (source blanche) au Télemly et dont il ne reste aucun vestige de ces ouvrages d’art.  Que d’écrits ont été consacrés aussi à l'aqueduc de Bir-Laria ou ce puits de la fraîcheur qui est devenu le Birtraria d’El Biar et dont il ne reste aussi plus aucun repère.

C’est aussi le cas de l’aqueduc de l’aïn Zeboudja  au val d’Hydra et qu’il ne faut surtout pas confondre avec l’olivier sauvage au quartier des Deux-Entêtés à El-Biar. Mais peu a été écrit au sujet de l’aqueduc sis en contrebas du Ravin de la femme sauvage qu’il est pourtant loisible d’admirer encore et à droite de l’avenue Mohamed-Belkacemi en longeant l’avenue des Frères-Bouadou qui s’ouvre vers le Ruisseau.

Absent du dépliant du tour-operator, ce monument de ness el fahs est tenu à l’écart du guide du routard, alors qu’il existe encore à l’endroit même où l’a laissé l’histoire à l’estuaire de l’oued Knis. “Œuvre de Hassan Pacha, ce canal alimentait la fontaine creusée sur l’ordre du corsaire, le Raïs Mourad et qui ruisselait jadis avenue Slimane-Amirat (1929-1992) à Bir-Mourad-Raïs”, a-t-on su d’un riverain à l’esprit éclairé.  

À ce propos, l’aqueduc de l’oued Knis auquel il reste de si beaux restes dont deux arches qui représentent l’ultime trace de l’aqueduc de Bir-Mourad-Raïs est touffu et continue à s’effriter un peu plus chaque jour, si rien n’est tenté pour sa sauvegarde. Pis encore, “l’état de détérioration ne permet pas d’évaluer le nombre d’étages qu’il comportait”, a-t-on su encore de notre interlocuteur.  

Donc, autant souscrire à la thèse qu’il est  bel et bien abandonné au motif qu’il est bâti à l’oued Knis, donc, hors de vue du visiteur.  Si tel n’est pas le cas, pourquoi est-il délaissé tout touffu au milieu d’un pâté de maisons dont les occupants ignorent tout de leur bonheur. Au demeurant, ce fleuron de l’hydraulicien d’antan aurait été entouré de tous les soins comme l’a été l’aqueduc de l’aïn Zeboudja. 

Mieux, et en plus de sa mise en valeur, l’aqueduc d’Aïn-Zeboudja a même eu une allée baptisée à son nom dans l’intérieur huppé de la résidence Chabani au Val d’Hydra. Outre cela, l’aqueduc du Val d’Hydra a été classé  monument historique le 8 janvier 2008 alors qu’il pousse de l’herbe sur le pont de son “homologue”  de l’oued Knis.  N’est-ce pas là une preuve d’un traitement sélectif ? 

Quoi qu’il en soit de sa destinée, l’aqueduc de l’oued Knis a déjà eu son heure de gloire, puisqu’il a été immortalisé en 1881 par l’artiste-peintre Pierre-Auguste Renoir dit Auguste Renoir (1841-1919) et  la toile de l’aqueduc de Bir-Mourad-Raïs est exposée au musée d'Orsay à Paris. N’est-ce pas là, une revanche sur le laisser-aller des hommes qui ont le pouvoir de l’embellir et d’en faire un lieu de villégiature ? 
 

Louhal Nourreddine



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