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Culture / Culture

Pour ressusciter les valeurs ancestrales des villages de Kabylie

L’association Akal Di Zuran de Boghni est née


Les étudiants et les jeunes du village de Helouane sur les hauteurs du chef-lieu de la commune rurale de Bounouh (daïra de Boghni, à 45 km au sud de Tizi Ouzou) viennent de créer une association dénommée Akal Di Zuran (la terre et les racines). Selon Saïd Semoudi, en sa qualité de président, connu pour ses activités au sein de l’arch Nath Smaïl et dans son village, cette idée était en gestation depuis des mois au sein de l’assemblée de Helouane. “Quand nous regardons autour de nous, nous constatons que nos traditions et coutumes disparaissent l’une après l’autre. Parmi les jeunes d’aujourd’hui, personne ne peut nous décrire par exemple la charrue utilisée par nos ancêtres pour labourer leurs champs. Même pour gauler leurs oliviers, les oléiculteurs d’aujourd’hui recourent à des bâtons et à des roseaux alors que le meilleur outil reste toujours la gaule”, nous dira-t-il, tout en nous explicitant l’un des objectifs fixés pour cette nouvelle association. Il faut comprendre par-là que montrer ces outils aux jeunes d’aujourd’hui, c’est leur apprendre comment se débrouillaient leurs ancêtres pour travailler la terre. Il est à signaler que M. Semoudi et les membres du bureau de l’association ont déjà listé tous les objectifs susceptibles justement de réconcilier l’homme, la terre et les racines. “Les racines (izuran) ont une grande signification dans notre société. Qui dit racines renvoie inévitablement aux traditions, aux coutumes, à la façon de vivre, au savoir-faire, à la langue… En fait, c’est une organisation sociale qui s’articule autour de plusieurs valeurs”, souligne-t-il. Aussi, les membres fondateurs d’Akal Di Zuran espèrent qu’avec un travail pédagogique réfléchi, ils réussiront à apprendre aux jeunes par exemple comment se servir des outils traditionnels que leurs ancêtres maniaient avec dextérité. “Nous allons tout d’abord faire toute une liste d’outils traditionnels utilisés par nos ancêtres, puis nous ferons des sorties sur le terrain pour apprendre à nos jeunes comment les utiliser. Je vous ai donné l’exemple de la charrue et de la gaule mais il y en a d’autres”, nous explique le président de l’association. “En tout cas, dit-il, ce travail de vulgarisation se prolongera dans le temps, tout en demandant à nos étudiants de planifier leurs thèses de fin d’étude sur des thématiques locales telles que la poterie, la vannerie, le tissage, l’agriculture de montagne, l’apiculture traditionnelle.” Pour M. Semoudi, c’est aussi un moyen de jeter des ponts entre les différentes générations du village et même d’ailleurs et ce en organisant des jumelages avec d’autres associations de la Kabylie ou de l’Algérie profonde, puisque le fonds est toujours le même. “La mécanisation et l’industrialisation ont bouleversé notre quotidien et ont disloqué notre legs ancestral”, conclut-il. En définitive, l’idée en elle-même est géniale si et seulement si un travail de recherche accompagnait concrètement les objectifs assignés à ce nouveau groupe.

O. Ghilès


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