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Culture / Culture

L’événement s’est tenu à Draâ El-Mizan (Tizi Ouzou)

L’association Amgud honore des monuments de la chanson kabyle


L’association Amgud pour la promotion des activités culturelles et de loisirs de Draâ El-Mizan (40 km au sud de Tizi Ouzou) a pu rassembler, samedi, dans une même salle au CFPA Krim-Saïd, deux, voire trois générations d’artistes autour d’une même table. “C’est un grand honneur pour nous d’accueillir ces grands monuments de la chanson kabyle, afin de, non seulement, revenir sur leur parcours et leurs années de gloire, mais aussi de faire cette jonction entre les générations qui, à une époque ou une autre, ont porté ce flambeau pour le recouvrement de notre identité amazighe”, dira Karim Larbi, président d’Amgud, devant une assistance nombreuse. Pour sa part, Amar Derriche, modérateur de ce rendez-vous culturel, a tenu à souligner l’engament de chacun de ces artistes dans cette grande démarche en dépit des moyens dérisoires de leur époque, on peut citer notamment Arezki Bouzid, Mohamed Chemoune, Mohamed Yadadène, Hamel Saïd, Chabha… Dans la salle étaient présents, entre autres, Farid Ferragui, Rabah Ouferhat, Mohamed Bougaci, Ferroudja, Belaïd Tagrawla…
Durant cette rencontre, les invités sont revenus sur une tranche de leur vie qui, avouons-le, n’a pas été aussi facile devant la censure et la discrimination engagées à l’encontre des artistes, notamment kabyles, durant les années 1960-1970 jusqu’à 1990. D’ailleurs, ces témoignages ô combien révélateurs ont replongé l’assistance dans les années de la chape de plomb du régime dans l’Algérie indépendante. Lors de la prise de parole d’El-Djida, ce moment a suscité une grande écoute de la part du public, quand elle a évoqué les souffrances  des artistes femmes qui, dans les années 1960, sont sorties de leur mutisme et ont décidé fermement de briser les tabous afin de s’affirmer sur la scène culturelle. À l’exemple de la regrettée H’nifa, une rebelle, reniée par les siens dans un milieu patriarcal hostile à l’émancipation de la femme kabyle. Cette rencontre a été également ponctuée de la remarquable intervention de Chabha, qui a rejoint la radio à l’âge de sept ans, avec d’autres jeunes filles de son âge. À ce sujet, elle regrette aujourd’hui que tous ces artistes soient tombés dans l’oubli et l’anonymat. “Qui parle de Mohamed Belhanafi, Méziane Rachid, M’henni, Achir Madjid, H'nifa et de bien d’autres ? Qui se souvient des chorales des lycées El-Khansa, puis de Fadhma n’Soumer ?”, a-t-elle interrogé l’assistance avant de fondre en larmes. De son côté, Rabah Ouferhat, en sa qualité de secrétaire général du syndicat des artistes de la wilaya de Tizi Ouzou, est revenu sur les activités menées, mais aussi sur le combat à mener contre la marginalisation des artistes, et pour la prise en charge des plus démunis. Au terme de cette rencontre conviviale et amicale, des cadeaux symboliques et des tableaux d’honneur ont été décernés à ces monuments de la chanson algérienne. Un vibrant hommage a été rendu à titre posthume aux artistes qui ne sont plus de ce monde.


O. Ghilès


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