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A la une / Culture

“Alger la blanche” de Noureddine Louhal

L’authenticité ressuscitée

© D.R.

Paru aux éditions Tafat, l’auteur plante le décor de cet ouvrage de 251 pages dans la Casbah, qui donna naissance à quelques-unes des plus célèbres légendes de notre patrimoine immatériel.

Un petit bijou d’authenticité et de nostalgie est paru aux éditions Tafat, sous la plume de l’auteur et journaliste Noureddine Louhal, intitulé Alger la blanche, qui nous renvoie plusieurs siècles en arrière, dans le berceau de ces légendes, contes et autres bouqalate, qu’est la Casbah.
À travers trois chapitres, l’enfant de l’ancienne citadelle nous invite à embarquer dans le train de l’enfance et ses souvenirs, grâce aux historiettes que lui racontait, chaque soir autour du kanoun, sa grand-mère maternelle Keltoum, ou “Mani” comme il aime à l’appeler. Avant de faire redécouvrir ce patrimoine dont “la reliure de la trame s’est tissée de fil blanc”, génération après génération, l’auteur évoque, dans le prologue, la naissance de ce projet, suggéré par son confrère et ami, l’écrivain Tarik Djerroud. “Le jour où mon ami Tarik Djerroud m’avait mis à l’esprit l’idée d’écrire les contes et légendes d’Alger, j’avoue ignorer par quel bout j’allais saisir cette bobine d’or du “caraco” de Fatma, de N’fissa, de L’mâarka, ou encore de Khedaoudj El-âmia, qui devait m’aider à déceler “Ras el khit””, dira-t-il. Mais c’était compter sans la perspicacité, la mémoire solide de notre narrateur d’un jour, et surtout, son amour pour ces trésors de l’enfance, jaloux de préserver et transmettre de notre terroir comme “M’qidech Boulahmloum”, “Settout la sorcière” ou encore l’astucieux et malin “Djeha”.
Ce qui confère un cachet particulier à cet ouvrage fait, nous n’en doutons pas, avec soin et amour, est le côté intimiste, dès lors que l’enfant de la Casbah relate son enfance, l’atmosphère de la demeure familiale et sa relation fusionnelle avec sa grand-mère maternelle, Keltoum.
Ainsi, plusieurs contes sont précédés d’une anecdote avec la matriarche, qui, pour dissuader son petit-fils de ses diableries, ou l’inciter à dormir tôt, lui conte les aventures de “Aïcha moulate r’djel el-maâza”, “M’qidech Boulahmoum, ma yarkoud, ma idjih enoum”, ou encore celles de “L’âne Sidhoum”.
Par ailleurs, l’auteur dévoile, plusieurs clichés (notamment ceux des vieux quartiers d’Alger), où ont supposément eu lieu ces aventures ; comme la demeure de Khedaoudj el-âmia (Khedaoudj l’aveugle), la tombe des princesses “N’fissa et Fatma”, ou encore la porte d’entrée de la maison de “L’mâarka”, la native de la Casbah, symbole de joie de vivre.
Avant de clore son ouvrage, l’auteur nous fait redécouvrir “des scènes d’Alger”, comme le rapt de Baba-Merzouk, l’enfance de “Geronimo”, ou encore l’épopée héroïque d’El-Djazaïr El-Mahroussa”.
Enfin, les bouqalat, leurs origines, leur rituel et leur importance dans la culture algérienne sont expliqués à travers le troisième chapitre.


Yasmine Azzouz


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