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A la une / Culture

Un exemple à suivre

Le centre culturel à Oued Koriche baptisé du nom de Haroun Rachid

© D.R.

Bâti à l’ancienne cité Legembre du quartier de Fontaine Fraîche et surplombant le mythique lieudit des Barreaux Rouges, le centre culturel, baptisé au nom du célèbre musicologue Haroun Rachid (1930-2010) a été livré après moult péripéties pour sauver la jeunesse d’Oued Koriche, engluée longtemps dans la misère culturelle.
Alors, quand bien même l’événement viendrait sur le tard, la nouvelle est toujours bonne à prendre, eu égard à l’auteur du rajout de l’inégalable roulement de tambours à l’entame de notre hymne national Qassaman. L’initiative que l’on doit à l’établissent Arts et Culture de la wilaya d’Alger n’est pas fortuite ! Loin s’en faut, du fait que le choix de l’historique quartier de Climat-de-France s’était également fait l’écho des clameurs des manifestations du 11 décembre 1960 qui collent encore aux murs et au cœur palpitant de l’ancien Belcourt, à l’instar d’El-Madania (ex-Clos Salembier) et la Casbah. C’est dire que de là où il est, Haroun Rachid est content que son nom ait été buriné et pérennisé au fronton d’un bastion de la résistance populaire. Pour l’histoire, le compositeur de la symphonie silencieuse intitulée Nassamat (brises) est natif du quartier de Belouizdad (ex-Belcourt) le 30 janvier 1932, où il chauffait les bancs de l'école Ollivier réservée aux “p’tits ya ouled”, sise à la rue Mohamed-Missoum, anciennement l'allée des Mûriers. Alors et peu importe l’ignominieux statut “d’indigène”, Haroun Rachid est le lauréat du certificat d'études qu’il a obtenu en 1945. D’où la symbolique du 8 Mai 1945 qui stimula le défunt jusqu'au sursaut de la classe de terminale. Pétri dès son jeune âge à l’archet du violon grâce à l’apport de Ferdinand Ribera, un professeur franco-italien, Haroun Rachid fit son entrée en 1945 à l'annexe du Conservatoire de Paris, sise dans les environs de l'actuelle place des Martyrs. Arrêté en 1957 par la soldatesque française, Haroun Rachid allait connaître l’ignoble “Question” aux côtés de ses compagnons de détention, dont Messaoudi Zitouni, Sid-Ali Abdelhamid, Tahar Chebouki, Ahmed Aroua, Aïssat Idir, Djermane Rabah et tant d'autres, aux camps de concentration de la piscine du stade du 20-Août à El-Anasser, Sidi Chahmi et Paul Cazelles. Il était aussi l’auteur de l’hymne officiel de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) qu’il avait composé sur des paroles du Dr Ahmed Aroua (1926-1992) et suite aux orientations de Aïssat Idir (1915-1959), lorsqu’il était emprisonné au camp de Bossuet, l’actuel Dhaya (wilaya de Sidi Bel-Abbès).
À sa libération en 1959, Haroun Rachid créa l'Orchestre national de variétés, et à l'indépendance il dirigea des ensembles de variétés et symphoniques, dont les prestigieux sont “Nassim”, “Min dimaï el qoloub” et “Nachid el oummal”. Donc, c’est fort d’un riche palmarès de compositions musicales que l’artiste fit sa révérence à son public en ce funeste jour du 22 mai 2010 à l'âge de 78 ans. Il s’en est allé l’esprit tranquille, après qu’il eut prêté de son génie à l’éclosion de jeunes talents au Conservatoire municipal d’Alger.


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