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Culture

Le palais du Bey confère de la féerie au festival


La 5e édition du festival international du conte et du récit de Constantine, organisée par l’association Kan Ya Makan (Il était une fois), a été ouverte lundi soir au cœur du décor féerique du palais Ahmed-Bey, en présence d’un public nombreux et conquis.
Deux heures durant, dans le patio du palais donnant sur le jardin des orangers, cinq conteurs ont donné libre cours à leur talent, rapportant de pays lointains des histoires anciennes parsemées de sagesse où, comme dans tous les contes, le côté merveilleux n’est jamais loin. La Marocaine Halima Hamdane, une habituée du festival, a ouvert le bal, et la formule magique était à peine prononcée (kan ya makan) que le public était déjà suspendu à ses lèvres. Halima, imposante sur scène, avec son accent doux, relate l’histoire “d’Ali le chanceux”, un homme paresseux qui a eu la chance d’épouser Dhaouia, la généreuse qui trouve à chaque fois des excuses à son fainéant de mari. Une manière pour la conteuse marocaine de transmettre le message que les femmes ont souvent un grand cœur. La Libanaise Leila Derwiche prend le relais et plonge l’assistance dans une histoire puisée du patrimoine du Moyen-Orient.
Captivante par ses gestes et l’intonation de sa voix, Leila tisse l’histoire d’un voleur, et menteur en même temps, qui pensait pouvoir échapper à son destin par la ruse, et qui admet finalement que nul ne peut se détourner de la voie qui lui est tracée.
D’Algérie, Sihem Kennouche a également su séduire le public avec sa légende sur l’origine de l’appellation de Constantine “Madinat el hawa ou el hawa” (la ville de la passion et de l’air pur). Elle relate avec beaucoup d’éloquence et d’émotion, tenant son public en haleine, l’histoire du fils d’un des beys de la ville qui se plaisait à courir derrière les belles de la cité, ignorant les conseils d’un sage quant aux dangers qu’il encourait en se comportant ainsi.
La Française Isabelle Genlis, une autre artiste confirmée du conte, a choisi, elle, de transporter son auditoire au Vietnam, un pays où les légendes sont omniprésentes, pour raconter l’histoire d’un homme qui, dans sa quête d’immortalité, oublie de vivre. A son tour, le Burkinabé Bakary Traoré, dans une jubilation sans pareille, raconte, tantôt en français, tantôt dans sa langue maternelle, l’histoire d’un malheureux qui a raté la chance de sa vie pour se jeter dans la gueule du loup. La morale transmise par ce conteur du pays des Hommes Intègres est que souvent les hommes passent tout près, mais sans s’en douter, de leur bonheur. Visiblement éblouie par le cadre dans lequel elle était conviée à narrer ses contes, Leila Derwiche a déclaré que “le lieu se prête admirablement à la production et à la narration de légendes”. Evoquant une passion transmise par son père, un conteur international, Leila a indiqué qu’elle était en phase de préparation d’un livre accompagné d’un CD de contes palestiniens qui sera édité dans les langues arabe et française. Bakary Traoré a fait part, quant à lui, de l’effort fourni dans son pays dans la collecte du patrimoine oral, sous la supervision d’une “Maison de la parole”, implantée dans la capitale du pays et dans la région de Bobo-Dioulasso.


APS