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Culture / Culture

4e salon national culturel immatériel de Tizi Ouzou

Le rôle de “tajmaât” dans l’organisation de la société en Kabylie

© D.R

Le rôle de tajmaât (assemblée du village) dans l’organisation de la société en Kabylie a été souligné, lundi, par des spécialistes, lors d’une table ronde organisée à la maison de la culture Mouloud-Mammeri dans le cadre du 4e salon sur le patrimoine culturel immatériel. L’historien Boukhlef Farid et l’anthropologue Takharoubt Slimane, tous les deux chercheurs au Centre de recherche en langue et culture amazighes de Béjaïa, ont rappelé le rôle important de cette organisation villageoise dans la gestion des affaires courantes du village et dans le règlement des conflits entre citoyens.

Cette structure de base, au fonctionnement démocratique, présidée par “lamine” et où siégeaient des “tamen”, qui sont des représentants des familles choisis pour leur sagesse, rigueur et respectabilité, avait des prérogatives qui permettaient de préserver la cohésion de la communauté villageoise, ont-ils rappelé. Durant la période coloniale, l’administration française a tout essayé pour briser ce système de tajmaât qui a été à l’origine de l’organisation de révoltes contre l’armée coloniale. L’occupant est allé “jusqu'à créer des structures parallèles, mais ces dernières n’ont pas pu fonctionner, leurs membres étant d’emblée discrédités par les villageois”, a observé M. Boukhlef. M. Takharoubt a constaté que “le système de tajmaât dans la gestion des villages était tellement efficace dans la gestion des affaires et le règlement des conflits qu’il n'y avait ni clôtures pour protéger les biens (champs, vergers..), ni justice, ni prison, ni corps de sécurité”. Ces deux chercheurs ont relevé que peu de travaux de recherche ont été effectués sur tajmaât. Aujourd’hui, on ignore à quand remonte cette organisation. Les quelques travaux qui ont été faits sont l’œuvre de Français durant la période coloniale, et c’était principalement des militaires qui avaient un regard exotique sur la société, objet de leur étude. L’universitaire Hacène Halouane qui a modéré cette rencontre a souligné la nécessité de faire connaître et de préserver ce patrimoine immatériel. 

 

APS


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