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Culture / Culture

Pr Chemseddine Chitour invité de l’agora du livre

“Le savoir est le talon d'Achille de toutes les révolutions”

L’auteur lors de la rencontre.© Louhal/Liberté

Invité à animer une rencontre autour de ses ouvrages à l’Agora du livre organisée par l’Enag, le Pr Chitour en a profité pour revenir sur “la beauté” du mouvement populaire et a proposé de mettre le FLN au “musée de l’histoire”.

Longtemps féodalisée au dogme du culturellement correct, la symbolique de Youm El-Ilm s’est enfin affranchie de l’unicité de pensée pour brandir l’étendard de la parole libérée. Miracle ou est-ce le hasard de l’almanach du Hirak ? L’auditoire de la librairie Mediabook de l’Enag a scellé, mardi dernier, la rupture avec l’assoupissant discours qui a de tout temps guidé la psalmodie de la nouba de Youm El-Ilm. Et pour qu’il y ait ce regain d’intérêt pour la culture, le savoir se doit d’avoir plus qu’un strapontin dans le giron de l’érudition, a-t-on su du professeur Chemseddine Chitour, hôte de l’Agora du livre. “Outre qu’il importune et aliène la pensée d’un régime dit du tout-conformisme, le savoir est le talon d'Achille de toutes les révolutions. D’ailleurs, ce même schéma a été reconduit au lendemain de la confiscation de l’indépendance de notre pays en 1962, eu égard à l’indigence en matière de vision consensuelle sur l’Algérie que les politiques de l’époque n’ont pas su bâtir dans le gotha de l’universalité”, a déclaré le conférencier. D’où qu’elle est exclue l’idée d’ensemencer le savoir face à l’écueil du FLN qui est pourtant un patrimoine du peuple algérien. Et rien que pour ça, le vieux parti doit être mis “au musée de l’histoire”, que disait Mohamed Boudiaf (1919-1992) à son retour en Algérie, le 16 janvier 1992. “Mais au lieu de ça, le FLN s’est avéré l’inépuisable fonds de commerce où s’allient les opportunismes de tout acabit et se finance leur gabegie à l’aide de la rente pétrolière qui leur permet d’acheter l’aléatoire paix sociale”, a ajouté le tribun. Certes qu’aujourd’hui c’est le tout-Alger qui est assis sur un tonnelet de poudre, eu égard à l’allure cahin-caha où va la satisfaction des revendications du Hirak. “Au lieu d’une grève inefficace, l’idéal est d’exhorter nos étudiants à la réussite de leurs cursus et, au pire, qu’ils se vêtent du brassard de la grogne pour déboulonner ce système honni. Outre cela, notre devoir est d’orienter l’école vers le futur et de guider l'homme de demain vers le XXIe siècle.

La chose est d’autant faisable pour peu que l’Algérien s’arme de son capital identitaire, seul garant de l’abolition de la langue de bois”, a tenu à préciser le tribun. Seulement, il y a tant à craindre avec l’apparition de “monstres du chaos” et la manipulation au cœur même de la foule. “D’où l’impératif d’être au-dessus d’étroits intérêts partisans afin d’être à l’heure pile vers l’escale du bonheur du vivre-ensemble. Mais pour y arriver, le mieux est de se tracer un cap avec l’apport d’un conseil de sages à même de transformer l’espérance d’un peuple en réalité.” Pour conclure, l’orateur préconise : “On ne peut pas faire tout et tout de suite ni perdre du temps. D’où l’option d’un heureux épilogue qui soit consensuelle afin d’échapper à la confiscation d’un aussi beau mouvement pacifique.” Que faut-il retenir de ce café littéraire ? Sinon que l’Algérien s’est réapproprié enfin Youm-El-Ilm. 
 

Louhal Nourreddine



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