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Culture / Culture

“Ce que j’ai vécu”, de Sid Ali Abdelhamid et Hamid Tahri

L’épopée d’un militant au parcours exceptionnel

© D. R.

L’ancien membre du PPA/MTLD se raconte, en toute franchise, dans ce que Ferhi Youcef, fondateur d’Algérie-Actualité, appelle “une épopée”, un récit de 318 pages qui revient sur une période charnière de l’histoire algérienne.

Publiée récemment aux éditions Dahlab, cette autobiographie de Sid Ali Abdelhamid, écrite avec la collaboration de Hamid Tahri, se veut la reconstitution d’un parcours exceptionnel, relaté “sans en rajouter, encore moins en amputant des pans entiers”. Entre l’hommage à des hommes qui ont fait l’histoire de l’Algérie à une période charnière et la volonté de contrer certains “propos tendancieux” d’historiens, comme ceux de M. Harbi ou encore Benjamin Stora, l’ancien membre du PPA/MTLD, se raconte en toute franchise dans ce que Ferhi Youcef, fondateur d’Algérie-Actualité, appelle “une épopée”.

“Plus on avance, dit-il, plus on veut en savoir plus, surtout sur certaines périodes et à propos de faits, d’évènements et de décisions restés longtemps dans les ‘on-dit’.” De sa naissance à La Casbah, au cœur d’une fratrie de quinze enfants, à ses débuts militantistes alors qu’il est télégraphiste au PTT de Bab El-Oued, à son entrée en politique au sein du PPA de Messali El-Hadj, aux nombreuses arrestations dont les membres du parti et lui-même feront l’objet tout au long de leur lutte, c’est le récit d’une vie faite de principes et de convictions qui nous est relatée.

Fils de Mohand Ameziane Abdelhamid de Tigzirt et de Keltoum Belkessa de Constantine, Sid Ali est, au contact de son frère qui l’introduit dans le milieu politisé, très vite happé par le besoin d’adhérer à ces organisations qui œuvrent pour l’indépendance de l’Algérie. “À partir de 1937, dit Abdelhamid, j’ai pris contact avec les responsables du parti, en leur remettant les télégrammes envoyés par les différentes sections du parti de l’intérieur du pays.

C’est ainsi que j’ai connu Lahouel, Fillali Embarek qui avaient leur siège rue du Liban, en face du café de la Marine.” Et de poursuivre : “Quant aux télégrammes adressés à Messali, je les remettais à la prison de Barberousse, où il était incarcéré.” À l’approche de la Seconde Guerre mondiale, la scène politique algérienne connaît un blocage conséquent. Ainsi et dès l’été 1938, “le Congrès musulman subissait des tiraillements sérieux consécutifs à des rivalités d’influence et de leadership.

Il s’essoufflait faute de répondant à ses doléances de la part de la France, et, travaillé par ses contradictions internes et paralysé par son immobilisme patent, il avait commencé à s’effilocher.” Le PPA aussi connaîtra des turbulences vers la fin des années 40, qui parallèlement à son triomphe aux élections municipales en octobre 1947, subira de plein fouet les pratiques liberticides du colonialisme.

Aussi, plusieurs évènements inhérents à la vie du parti se produiront à cette même période, raconte Abdelhamid. Entre le décès d’un membre dirigeant du PPA, Brahim Maïza, et celui d’Asselah Hocine, la répression coloniale et la réaction de Messali, notamment envers Hocine Lahouel qu’il tenait pour responsable de toutes les faiblesses du parti, l’avenir du PPA était brinquebalant.

En 1951, “c’est la création du Front algérien pour la défense des libertés démocratiques, qui comprenait l’UDMA, le MTLD, le PCA et les Ulémas, représentés par Larbi Tébessi”. Plus en détail, et répondant aux questions de Boukhalfa Amazit, Abdelhamid explique la stratégie adoptée en 1947 par le parti pour redéfinir ses formes d’action. En effet, trois formes seront mises à exécution ; l’une légale, “représentée par le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD).

La deuxième avec le PPA qui demeurera et activera dans l’ombre. La troisième sous l’aspect d’une organisation spéciale (OS) (et non secrète comme on le lit et dit souvent), agissant dans la clandestinité absolue et qui a été chargée de la formation des cadres militaires pour répondre à toute éventualité”, a-t-il soutenu. 
 

Yasmine Azzouz 
Ce que j’ai vécu, de Sid Ali Abdelhamid 
et Hamid Tahri, éditions Dahleb, 318 pages, 
1000 DA, 2019.

 



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