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Culture

Les écrivains et les identités nomades

“Dans le monde d'un chat, il n'y a pas de ligne droite”, Kateb Yacine. Quel rapport entretient l’écrivain à l’identité, plutôt aux identités, qu’il incarne? Ici, je fais allusion aux écrivains visionnaires, dont les écrits sont habités par les questionnements et les incertitudes fécondes. L’écrivain, par définition, est le témoin de l’histoire individuelle et collective. Par la trace-tatouage, par l’écrit-l’encre ou par le calame-mythe, il est le porteur, le destructeur, le démonteur, le monteur des identités. Toute identité est une naissance en ébullition continue. Il n’y a pas d’identité finie. Toute identité est en état de décomposition et de recomposition perpétuelles. La mort et la résurrection. Tout sentiment d’autosuffisance dans l’appartenance à une identité signifie la mort annoncée de cette dernière. Dans l’acte de l’écriture éveillée, celle qui  resserre en elle le sacré et le profane, l’identité dans ses dimensions  linguistique, morale, imaginaire, symbolique… vit une situation de viol toléré. Elle est profanée et protégée. L’identité, dans sa pluralité, ressemble à notre ombre. Comme l’ombre, en volume et en éclairage, en permanence elle est variable. Et cela dépend de son orientation vis-à-vis du soleil. Selon l’angle de son exposition, sa position vis-à-vis d’elle-même ou  vis-à-vis du ciel.  Selon la nuit, celle de la pleine lune ou celle qui est aveugle ! Selon l’œil de celui qui la regarde. Elle est grande au petit jour. Insignifiante ou presque à l’heure du zénith. Elle refait son apparition au pied de notre pied dès le début de l’après-midi. Mais dans toutes ses transformations, ses mutations, ses métamorphoses, l’ombre est là. Elle est notre peau. Elle nous guette, nous suit, nous la suivons. Mais il n’y a pas de moi sans ombre ! Et, il n’existe pas d’ombre figée. L’identité est un moment de vibration continue et incessible. Nous traversons de multitudes d’identités, en même temps, et nous sommes les faiseurs de la genèse d’une qui éclot plurielle. Nous appartenons, en même temps à une multitude d’identités, et nous forgerons une multitude d’identités. L’écrivain Kateb Yacine a écrit : “Dans le monde d'un chat, il n'y a pas de ligne droite.” Le parcours tortueux et spiral de l’identité ressemble à celui du chat de Kateb Yacine. Les identités sont nomades. Elles sont nées sur le dos de tous les vents des malheurs. Elles demeureront dans la gueule de l’aventure humaine et naturelle.  La notion du constant est une illusion ! Tout se transforme. Tout  change, se change et nous change ! Et il n’existe pas d’homme figé dans une seule identité! Il n’y’a pas de mémoire sellée, ni d’imaginaire encagé. Les identités sont en voyages, dans la violence comme dans la paix. Les hommes aussi. Qui suit qui ? Qui engendre qui ? Les langues, peaux des identités,  se croisent, se polluent, se haïssent, s’aiment et se chuchotent ! Dans leur conflit, elles deviennent hospitalières. Les cultures s’hybrident. Les religions, l’autre peau des identités, tuent, en faisant leurs salles guerres,  créant le bonheur illusionniste  et semant la peur ! Et les identités continuent leur parcours du nomadisme perpétuel. Les écrivains sont les porteurs de valises ! Si les religions, à travers les siècles, étaient, et elles le sont toujours, porteuses de guerres et de haines, la bonne littérature, par contre, elle  est, et elle l’a toujours été, médiatrice, matrice et prophétesse des identités nomades et plurielles.

A. Z.
aminzaoui@yahoo.fr