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A la une / Culture

Projection de “Atlal” et “Tangente” aux 15es Rencontres Cinématographiques de Béjaïa

Les séquelles d’une mémoire occultée

©D. R.

Les réalisateurs Djamel Kerkar et Rida Belghiat ont tenté à travers leurs œuvres de mettre en relief des sociétés (l’Algérie et la Réunion) en souffrance à cause de leur histoire, notamment la décennie noire et la colonie d’outre-mer.

Les Rencontres cinématographiques de Béjaïa ont été marquées au cours de la journée de dimanche par la projection de plusieurs courts métrages et du documentaire Atlal de Djamel Kerkar. Le public fort nombreux pour cette 15e édition a pu découvrir à la cinémathèque des films courts tels que Tangente de Rida Belghiat et Julie Jouve. D’une durée de 26 minutes, cette fiction inspirée de faits réels met en scène Florie, une jeune femme très réservée qui participe pour la première fois à la “Diagonale des fous”, une course d’ultra-trail où les coureurs doivent parcourir pendant trois nuits les montagnes de la Réunion. Dès le coup d’envoi de cette manifestation, Florie s’acharne malgré les obstacles (fatigue, blessure) à poursuivre sa course.
Mais cette motivation cache un lourd secret, dont une grande souffrance qu’elle traîne avec elle dans les méandres de la forêt. Dans ce film, le réalisateur a porté sa caméra sur une situation sociale dans l’île de la Réunion, celle des prisonniers qui participent chaque année à la “Diagonale des fous” (plus de 2000 participants du monde entier), la particularité de cette course est que ces hommes et ces femmes se mêlent aux autres participants en toute liberté, sans aucune surveillance. Au lieu de prendre la fuite, il a été constaté que ces personnes reviennent “changées” et dans un nouvel “état d’esprit”, a expliqué Rida Belghiat lors du débat à l’issue de la projection. Entre autres, le réalisateur a mis en relief à travers Réunionnaise, un chapitre de l’histoire, celui d’une ancienne colonie d’outre-mer, et ses séquelles sur cette société.
Suite aux courts métrages durant la soirée, le public a pu découvrir en avant-première Atlal (Ruines) de Djamel Kerkar. Dans ce documentaire de 111 mn, le réalisateur a posé sa caméra à Ouled Allal (banlieue d’Alger), une commune où le terrorisme n’a laissé derrière lui que des habitations en ruine. Complètement dévastée, cette région située à quelques kilomètres du centre-ville de la capitale semble sortir d’une autre ère, et ses habitants portent toujours les répercussions de cette décennie noire. Face à ces ruines, le réalisateur a fait “resurgir la mémoire, les souvenirs du visible vers l’invisible”. Sur son chemin, il a fait la rencontre de plusieurs protagonistes constituant trois générations : des pères de famille qui ont dû se battre durant cette période macabre, les jeunes ayant grandi pendant le terrorisme, et la nouvelle génération (née dans les années 90). Les interviewés se remémorent de vieux souvenirs enfouis au plus profond de leur âme. D’ailleurs, la plupart ont connu la descente aux enfers, notamment la perte de leurs biens, des proches et de leur liberté… Quant aux jeunes nés entre ces décombres, ils peinent à trouver le bonheur. Complètement perdus, ils se confient face à la caméra sur leurs désespoirs et désillusions. Dans cette confession intime, les protagonistes évoquent la situation politique du pays, le chômage, l’injustice sociale, les problèmes de cœur…Malgré la profondeur du sujet abordé, le film reste néanmoins ennuyeux, on se lasse vite à cause des lenteurs, nous avons également du mal à accrocher et à ressentir de l’empathie ou éprouver de la sympathie pour les personnages. En outre, Atlal est une belle initiative de ce jeune réalisateur qui, à travers sa caméra, dévoile une société en “ruine”, qui n’est toujours pas remise de ses vieilles blessures.

De notre envoyée spéciale  : Hana Menasria


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