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Culture / Culture

“Dernières heures avant l’aurore” de Karim Amellal

L’histoire d’une Algérie en mouvement

© D. R.

La  trame du roman,  paru  aux  éditions L’Aube (France), s’étend essentiellement de la décennie noire à la période actuelle, non sans effectuer des retours  sur  la colonisation et la lutte pour l’indépendance.

Le roman Dernières heures avant l’aurore (éditions L’Aube, 2019) de Karim Amellal nous fait voyager dans l’espace, d’Alger au pays profond, et dans le temps, puisqu’on passe de la colonisation à l’Algérie postindépendance, à la décennie  noire  et  à l’époque actuelle. La trame  du  livre  s’étend essentiellement de la décennie noire à la période actuelle, non sans effectuer des retours sur la colonisation et la lutte pour l’indépendance.

Les deux personnages principaux du roman, Mohamed et Rachid, vont quitter l’Algérie pour la France afin de fuir le terrorisme, “le second avec femme et enfants, tandis que le premier laisse derrière lui à Alger son amie”, ce qui aggravera  ses  déchirements. L’auteur  situe le contexte du roman : “C’était lorsque le terrorisme a commencé à menacer les intellectuels, que des journalistes, des professeurs se faisaient assassiner dans la rue, en bas de chez eux.

Peu évoquée, cette immigration-là, qui n’était pas une immigration de travail, appartient aussi, bien sûr, à ce que l’on appelle la «diaspora» et nourrit, de façon particulièrement féconde, la relation entre la France et l’Algérie.” Mais l’appel du pays reste fort. Mohamed et Rachid reviennent à Alger au début de l’année 2019 et découvrent un pays qui a profondément changé, pétri de contradictions, où espoir et modernité se bousculent.

À travers les pérégrinations de ses personnages, Karim Amellal nous livre sa perception de ce qu’il appelle les dernières heures avant l’aurore. “Mon roman prend comme toile de fond cette Algérie d’avant le 22 février, un pays crépusculaire qui semble endormi, engourdi, en pleine nuit, du moins quand on le regarde de loin, ou de haut, comme le font les deux personnages principaux, Mohamed et Rachid : ils ne comprennent plus ce qu’il se passe, errent comme des étrangers sur leur terre natale, raisonnent souvent par clichés, comme lorsqu’ils vitupèrent toutes ces «femmes voilées» qui inondent les rues d’Alger. Pourtant, ne s’en tenir qu’à ces éléments de surface, d’apparence, c’est rater l’essentiel.”

“Car dans la nuit percent des lueurs. Car derrière ce rideau noir qui tient lieu de  nuit,  la  société  algérienne  remue,  bouillonne  même.  Depuis  de nombreuses années, elle est en mouvement. Elle n’a pas attendu le 22 février pour se réveiller, de même que la mobilisation qui a eu lieu ne sort pas de nulle part.

Cela fait des années que la société civile  algérienne  se  structure,  qu’elle bouillonne, que la créativité des Algériens s’exprime sur tous les espaces disponibles, même lorsqu’ils sont maigres.” Prémonitoire, ce roman ? En définitive, il constitue une invitation à un balayage de l’histoire algérienne récente,  une  histoire  en  mouvement. Karim  Amellal  est  un  écrivain, enseignant et entrepreneur (dans le numérique) franco-algérien. 

Enseignant   à  Sciences  politiques  à  Paris,  il  publie  régulièrement  des tribunes, articles et contributions dans différents journaux et tribunes sur la question politique et la société civile en Algérie et en Afrique du Nord, la littérature algérienne francophone et la littérature française postcoloniale, l'accès des minorités à la culture et à l'éducation, le rôle du numérique dans les universités.

Écrivain,  il  a  publié  entre  autres  Bleu  Blanc  Noir,  L'Aube,  2016 ;  Poche, 2019,  Discriminez-moi ! Enquête sur nos inégalités, Flammarion, 2005, Cités à comparaître, Stock, 2006, Chroniques d'une société annoncée, Stock, 2008 (avec le Collectif qui fait la France), Écrivains  français  d'origine  maghrébine dans la décennie 2000 : une littérature du décentrement (2015)…
 

ALI BEDRICI
w Dernières heures avant l’aurore,
de Karim Amellal, éditions de l'Aube, 304 pages, 2019.

 



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