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Culture / Culture

Avant-première au FICA de “Paysages d’automne”

Merzak Allouache adopte le thriller

© D.R

Ce film, projeté mardi à la salle Ibn Zeydoun, revient sur une histoire de meurtres de jeunes lycéennes.

Depuis une semaine l’OREF (Office Riadh el Feth) vit au rythme du 7e art. Des réalisateurs, producteurs, comédiens d’Algérie et d’ailleurs, déambulent dans cet espace entre les salles Ibn Zeydoun, Cosmos et les cafés, pour discuter, échanger et débattre autour des œuvres projetées, qui portent sur les migrants, la femme, l’Afrique… et tant d’autres thématiques liées à diiférentes formes d’engagement. Ces films, loin d’être commerciaux, ont été programmés dans le cadre du Fica (festival dédié aux films engagés) dont la clôture est prévue ce soir. Pour la soirée de mardi, le hall de la salle était plein à craquer, des personnes de tout âge affluaient et étaient pressées de regagner leur siège, et pour cause, à 19h était programmé en avant-première mondiale le dernier film de Merzak Allouache Paysages d’automne. Avant la projection, Ahmed Bedjaoui, directeur artistique du Fica,  a indiqué : “Forcément le film de Allouache est un évènement, et le festival lui est très reconnaissant de lui avoir accordé cette avant-première absolue”.

Une fois sur scène, le réalisateur, aux côtés de son équipe de tournage, a tenu à préciser : “Je suis très ému, en même temps, je suis triste car je ne vais pas commencer cette présentation sans avoir une pensée pour les détenus d’opinion. Cette séance est vraiment gâchée par cette situation et j’espère une libération le plus tôt possible.” Après la présentation, place au film. Mostaganem, la police découvre le 5e cadavre d’une lycéenne. Une série de meurtres qui laisse penser à un éventuel “serial killer”. Houria, journaliste d’investigation, se lance,parallèlement à la police, sur cette affaire afin d’élucider ces assassinats. Accompagnée d’une jeune photographe, les deux accaparent ce sujet pour retrouver l’auteur de ces crimes commis sur des gamines âgées de 14 à 16 ans. Téméraire et passionnée, la jeune femme tente par tous les moyens d’élucider ce dossier lié à la prostitution et à la pédophilie. S’engageant même à payer des indics pour quelques tuyaux, à faire des filatures, tout en mettant sa vie en danger, Houria s’implique de toute son énergie, et cela l’amènera finalement vers un réseau de prostitution de mineures.

Construit dans le genre thriller policier, Allouache “quitte” son univers ancré plus dans la réalité, notamment l’improvisation de ses comédiens, comme cela a été le cas dans Normal ou encore dans son documentaire-fiction Enquête au paradis. Et ce, pour s’essayer dans ce nouveau genre qu’on nous propose rarement dans le cinéma algérien. Malgré la course-poursuite, l’enquête, la dénonciation de la corruption, la criminalité et autres ingrédients qui font un thriller, ce long-métrage de 90 mn, est dénué de suspense, tout devient prévisible au fil des minutes. Le personnage de Houria, campé par la talentueuse Salima Abada -a joué une photographe dans les “terrasses” et journaliste dans Enquête au paradis, du même réalisateur-nous embarque dans son histoire, un personnage complexe : mère souffrante, père assassiné par des terroristes et vie de couple désastreuse. Mais cela ne suffit pas pour convaincre. Dans cette fiction, le cinéaste a usé de thématiques récurrentes dans ses productions, notamment l’islamisme : le responsable du réseau de prostitution est un chef d’un parti islamiste. 

Concernant le métier de journaliste, dans ce film il est en quelque sorte pointé du doigt ou alors stigmatisé, (“Les journaux sont riches grâce à la pub qu’ils perçoivent”), les directeurs de presse sont des ripoux ou alors ils sont à la solde des services secrets ! 

À ce propos, il est à s’interroger si ce sont des “obsessions” du réalisateur ou une manière de dénoncer les phénomènes néfastes de notre société : corruption, bigoterie religieuse,  policiers véreux…À la fin de la projection, les spectateurs ont applaudi mais pour beaucoup, nous pouvions lire la déception. “C’est un téléfilm à la sauce des productions ramadhanesques”, “la trame ne m’a pas accroché” ou encore “Allouache nous a habitué à de bons films !”. Pour d’autres, Paysages d’automne, est une belle manière de “raconter les problèmes du pays”, “la trame est différente, il a touché un point sensible”. Si ce dernier-né de Merzak Allouache n’arrive pas à convaincre, il a le mérite d’exister, car il aborde l’un des plus dangereux fléaux : la prostituion et la pédophilie,  mais aussi pour le travail remarquable de ses 
comédiens. 


H. M.  



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