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A la une / Culture

Kamel Daoud, lors de la dédicace de son nouveau roman à Tizi Ouzou

“Mon livre est un hommage à la littérature et à la lecture”

L’écrivain Kamel Daoud. © D.R.

C’était, encore une fois, face à la foule des grands jours que l’écrivain, devenu incontestablement célèbre, Kamel Daoud s’est retrouvé, avant-hier, jeudi, à Tizi Ouzou, à l’occasion de la vente-dédicace de son nouveau roman Zabor ou les psaumes.

La grande salle de l’hôtel Abzim, où la vente-dédicace a été organisée par la librairie Multi-livres Cheikh, a été, en effet, littéralement assiégée avant même l’arrivée de l’écrivain à 15h. Ce n’était qu’aux environs de 18h que l’auteur du célèbre Meursault… contre-enquête a pu souffler après ce remarquable engouement qui est toutefois, dit-il, loin de le surprendre.  “Ça ne me surprend pas ! Ici à Tizi Ouzou, il y a des gens du livre, il y a des libraires, des lecteurs et une société civile qui bouge, donc ça ne me surprends pas, aussi bien pour moi que pour les autres écrivains”, a-t-il commenté non sans affirmer que “toutes les villes algériennes regorgent de lecteurs”.
C’est juste que, n’a-t-il pas manqué d’ajouter : “Il y a une économie du livre qui est défaillante. C'est-à-dire la circulation du livre avec les libraires qui ne sont pas nombreux et qui survivent difficilement”. Mais, pour l’ancien chroniqueur du Quotidien d’Oran, même dans le cas contraire, l’écrivain ne doit pas s’affranchir du contact direct avec ses lecteurs. “Les déplacements d’un écrivain aident à provoquer des vocations de lecteur aussi. L’écrivain, l’éditeur… Beaucoup de gens font dans la littérature militante, mais la littérature militante ce n’est pas seulement d’écrire des livres, c’est de toucher de près le lecteur, car nous avons besoin de revitaliser l’espace de la lecture en Algérie. Les gens ont besoin de voir leurs écrivains aussi, de les toucher, de leur parler et de leur poser des questions”, a-t-il expliqué non sans rendre hommage, dans le même sillage, à tous ceux qui se mobilisent contre l’interdiction des cafés-littéraires qui permettent ce contact direct.  Interrogé sur l’objectif de son nouveau roman, Kamel Daoud répondra tout de go : “Mon livre est un hommage à la littérature et à la lecture.” “La lecture m’a sauvé, et j’aimerais participer à ce salut pour les autres aussi. J’aimerais faire des livres qui aideraient à relativiser leurs dogmes et leurs idées. À voyager sans se déplacer, à avoir plusieurs existences et s’enrichir. J’aimerais que le livre circule, que tous les livres circulent”, a-t-il encore expliqué tout en considérant que son roman est aussi “un hommage aux lecteurs.”  
Quant au choix de son personnage biblique, l’auteur rétorque tout simplement que “cela fait partie de notre patrimoine et le patrimoine de l’humanité. Les personnages bibliques sont dans le Coran, dans la Bible… Je voulais lutter contre ce fatalisme qui dit que ça ne sert à rien d’écrire”.
Mais comme dans toute son œuvre, Kamel Daoud ne s’est empêché de bousculer les dogmes de notre société sans bien sûr se soucier de ce que cela pourrait provoquer comme réaction chez ses détracteurs, notamment islamistes, qui s’effarouchent à chacune de ses sorties littéraires. “Vous me ramenez l’acte de propriété de l’islam, si quelqu’un a l’acte de propriété, et je vais me taire. Mais tant que c’est une religion qui appartient à tout le monde, j’ai le droit de penser, je le fais sans insulte et je le fais en exerçant ma liberté. Je n’ai jamais insulté, j’essaye de penser, j’ai rêvé que notre pays soit puissant, qu’il soit fort et que la pratique religieuse y soit un exercice de spiritualité et non pas un exercice pour empêcher les autres de dire”, a-t-il asséné.


Samir LESLOUS

 


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