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L’artiste est en tournée mondiale

Mouloud Zedek : “Chanter est un acte de résistance”

L’artiste Mouloud Zedek. ©D. R.

Invité par Gateways Picture Production (GPP), une compagnie de droit canadien, l’auteur de Tinesufin se produira dans le cadre d’une tournée mondiale entamée en février au Cabaret sauvage à Paris et qui le mènera à Philadelphie, Lille, Bruxelles, Marseille, Agadir, Alger, Tizi Ouzou, Lyon, pour finir en apothéose au Zénith de Paris en 2018.

Il a failli arrêter de chanter. Mouloud Zedek était venu, le 3 août 2013, à Tizi Ouzou apporter son soutien aux non-jeûneurs, alors persécutés par la justice. Aussitôt, l’enfant prodige d’Aït Khelfoun (Aït Douala) est donné en pâture à la vindicte populaire. “J’étais menacé, c’est pourquoi j’avais décidé d’arrêter la chanson”, affirme Mouloud Zedek, croisé à Montréal où il donnera ce samedi un spectacle à la salle l’Olympia. Revenant sur cet épisode douloureux de son parcours artistique, Mouloud Zedek avoue avoir annoncé mettre un terme à sa carrière de trois décennies dans le souci de secouer les consciences et interpeller la population sur le fait que “nous ne sommes pas libres chez nous”. “J’ai participé au rassemblement de solidarité avec les non-jeûneurs, j’étais pratiquement le seul artiste sur place. On me voyait alors comme si j’étais l’instigateur principal. Peut-être que si j’étais anonyme, personne ne me reprocherait quoi que ce soit. J’ai subi de fortes pressions, j’ai reçu des menaces et des intimidations, même de la part de gens que je connais, avec qui j’ai partagé beaucoup de choses”, déplore-t-il un tantinet amer. Sa décision avait suscité une vague de sympathie et d’émotion parmi l’opinion publique. C’est d’ailleurs ce soutien populaire qui a poussé Zedek à renoncer à sa décision d’arrêter la chanson. “Vous savez, après 34 ans de carrière, ce n’est pas facile d’arrêter de chanter. J’ai pris le pli. Mon cri du cœur était plutôt un signal d’alarme”, analyse-t-il avec du recul. Pour lui, si on musèle l’artiste et on prive le poète de parole, c’est que la situation est grave. Une manière de secouer le cocotier kabyle. L’artiste que les médias publics ont boycotté depuis belle lurette ne veut faire aucune concession. “Ma liberté n’a pas de prix”, dit-il. Que pense Mouloud Zedek de la situation de l’artiste et des droits d’auteur en Algérie ? “Moi et les droits d’auteur, ça ne va pas”, ironise-t-il. Pourquoi ? “Cela fait plus de deux ans maintenant qu’on a bloqué mes droits arbitrairement. Mes albums sont exploités illégalement. Je ne connais même pas les raisons de ce blocage. J’ai écrit à l’Onda, et mes courriers sont restés sans suite”, dénonce Mouloud Zedek qui regrette le recul de la chanson à textes. Pourtant, “taqbaylit tebna ghef awal” (la langue est le substrat de l’identité), comme disent les anciens. “La chanson à textes a pratiquement disparu ; on ne sait pas si cela est dû aux influences de l’époque ou ce sont véritablement les gens qui se désintéressent”, estime notre interlocuteur. Celui-ci, en dépit de ce constat amer, veut concentrer ses forces sur ses projets artistiques. Zedek s’attelle d’ores et déjà à peaufiner son 18e album, dont le contenu est prêt. “Il y aura entre 16 et 17 chansons toujours dans la même veine. Deux sont déjà sur internet : Teqled d lghurba a tamurt (Exilé dans mon pays) et Allen sswant immi yeffud (Le dilemme). Je reviens également sur cette affaire des non-jeûneurs. Il faut que les choses changent. Il faut se battre”, suggère l’artiste pour qui “rien n’arrête la musique”. Invité par Gateways Picture Production (GPP), une compagnie de droit canadien, l’auteur de Tinesufin (Les solitudes) se produira dans le cadre d’une tournée mondiale entamée en février au Cabaret sauvage à Paris et qui le mènera à Philadelphie, Lille, Bruxelles, Marseille, Agadir, Alger, Tizi Ouzou, Lyon, pour finir en apothéose au Zénith de Paris en 2018.

De Montréal : Yahia Arkat


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