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L’auteur de “Le dernier tabou, les harkis restés en Algérie après l’indépendance” à Alger

Pierre Daum : “Les jeunes s’intéressent à l’histoire de façon dépassionnée” (VIDÉO)

Pierre Daum lors de la vente-dédicace à Alger.© Amokrane/Liberté

Suite à la sortie de “Le dernier tabou, les harkis restés en Algérie après l’indépendance” (éditions Koukou), Pierre Daum a fait la promotion de son livre dans plusieurs villes algériennes. Rencontré à la librairie des Beaux-Arts, l’auteur est revenu sur sa rencontre avec le public algérien, son livre et la relation de la jeune génération avec l’histoire.

Dans le cadre de la sortie du livre enquête Le dernier tabou, les harkis restés en Algérie après l’indépendance (éditions Koukou), l’auteur et journaliste Pierre Daum a fait la promotion de son livre dans plusieurs villes algériennes. Cette tournée de ventes-dédicaces et conférences s’est tenue du 21 au 28 mai, à Béjaïa, à Tizi Ouzou et à Oran. Le dernier rendez-vous a eu lieu samedi, à la librairie des Beaux-Arts. Pour cette séance de signature, de nombreuses personnes étaient présentes pour rencontrer cet auteur qui a abordé dans son ouvrage un thème d’une extrême sensibilité des deux côtés de la Méditerranée.


En marge de la vente-dédicace, Pierre Daum est revenu sur sa rencontre avec le public algérien, son livre et la relation de la jeune génération avec l’histoire. “Mon livre est sorti il y a dix jours (le 18 mai, ndlr), je suis venu en Algérie pour accompagner la sortie du livre. Au début, avec mon éditeur Arezki Aït Larbi, nous étions inquiets. Nous nous demandions si les gens allaient venir pour débattre ou seraient agressifs”, a-t-il indiqué. Et d’ajouter : “J’ai eu le grand plaisir de pouvoir vivre de vrais débats, cela ne veut pas dire qu’ils étaient sympas et qu’ils applaudissaient. Il y a beaucoup de personnes qui venaient avec des questions très critiques, et celle qui est revenue le plus souvent est la suivante : ‘Est-ce que vous n’avez pas trop de compassion pour ces messieurs ?’” À propos de ses conférences animées à Béjaïa, Tizi Ouzou et Oran, il a indiqué qu’elles “se sont bien déroulées. Cela montre que nous sommes passés à une autre phase avec l’histoire de la Guerre de libération où tout un pan de la société algérienne, surtout les jeunes qui ne mettent pas de passion et de jugement”.
Tout au long de cette rencontre, nous avons constaté que les personnes venues faire signer leur livre faisaient partie de l’ancienne génération (50 ans et plus). Alors que les plus jeunes étaient minoritaires. Cette situation donne à réfléchir sur l’intérêt que porte la jeunesse sur l’histoire de son pays. À ce sujet, Pierre Daum, a signalé : “J’ai remarqué qu’il y a une différence dans le public : nous retrouvons ceux âgés de 45 ans et plus, et les plus jeunes 25-30 ans. La première tranche, quand elle prend la parole, commence par : ‘Je suis fils de chahid ou fils de moudjahid’. Il y a de l’affect parce que les gens parlent de leur histoire familiale.” Et de poursuivre : “Les plus jeunes arrivent à quitter le côté passionnel et affectif. Ils s’intéressent à l’histoire de leur pays, ils savent que la guerre de libération est un épisode fondateur de leur pays, ils veulent connaître l’histoire de façon objective, approfondie et dépassionnée.”
À rappeler que dans son livre Le dernier tabou, l’auteur a révélé les raisons qui ont amené ces personnes à combattre du côté du colonisateur. Il a également réparti les harkis en cinq catégories, et ce, à partir d’une classification établie par l’administration française pendant la guerre.
À travers cette enquête, il a avancé quelques chiffres sur le nombre de harkis établis en Algérie depuis 1962, et qui représente d’ailleurs “la majorité”. Ce travail d’investigation l’a entre autres amené à parcourir un total de 20 000 kilomètres dans les quatre coins du pays, pour partir à la rencontre de ces personnes installées en Algérie depuis l’indépendance. Concernant son enquête, il a précisé : “Je vois mon travail comme une ébauche, c’est un premier pas. J’aimerais que ce livre donne envie aux journalistes ou chercheurs à l’université de poursuivre ce travail et de faire une enquête approfondie sur des régions particulières comme en Kabylie pour interroger la mémoire locale.”


Hana Menasria

 

 


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