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Culture / Culture

“La farandole des destinées” de Salah Selloum

Témoignage sur un paradis perdu

© D. R.

Il y a des livres qu’on n’a plus envie de refermer ni de poser sur la table de chevet. Surtout quand l’œil se rince aux mots en cascade et l’âme chagrinée s’y apaise au “chant du crépuscule”. C’est le cas de l’auteur Salah Selloum qui a la magie au bout de sa plume pour loger le lecteur dans son roman La farandole des destinées (éd. Medias-Index).

“Il me reste, pour compagnon, des souvenirs, témoins émouvants d’un paradis perdu”, a écrit ce “dernier des Mohicans” qui relate l’époque bénie des années 1970 et la verve d’une jeunesse progressiste qui ne demandait qu’à bien faire.  Et pour cause, ils étaient confiants mais surtout ivres de l’hilarité des “Vertes années” où le trio des trois “A” s’abreuvait à l’élixir de la joie de vivre. Soudés ainsi l’un à l’autre durant “les années lycée”, Ali le sage, Abdenour le révolutionnaire et Ahmed le frêle mais studieux, arpentaient le sentier de l’insouciance où ils mordaient à pleines dents dans la vie.

Alors, et qu’importe la face bourrue du “surgé” qui prédestinait Ali, Abdenour et Ahmed à devenir des marchands de cacahuètes, notre trio d’amis s’instruisait à l’enseigne du “Ciné-Monde” qui scintillait sur la ville des Genêts. Alors, l’œil axé vers tout ce qui était beau, notamment la fidélité de Sergio Reggiani dit Serge Reggiani (1922-2004) pour sa Sarah (1968) qui n’a plus vingt ans dans le lit conjugal. Mieux, l’air Quand on n'a que l'Amour de Jacques Brel (1929-1978) n’était pas qu’une vaine ritournelle du fait que cet hymne à l’amour liait Ali à Lila et Abdenour le “Che-Guevara” à Malika.

Reste l’âme bien née d’Ahmed qui brilla de mille feux grâce à Ghenima ou plutôt cette bougie qui scintille sur l’existence du “petit moustique” et sur la presqu’île de Yemma Gouraya. Au demeurant, la success-story des trois “A” augurait de l’ère du Sans soucis pour l’Algérie si “les portes de l’enfer ne s’étaient pas ouvertes sur la terre” pour laisser entrer Bouras El Fertas, qui a dévoré les meilleurs enfants de l’Algérie durant la décennie rouge ou noire. Alors que reste-il du “ciel bleu d’Alger la Blanche et auréolée du diadème de la Mecque des révolutionnaires ?” Rien !

Si ce n’est la perte d’une sève juvénile sur laquelle reposaient tous les espoirs au lendemain de l’indépendance. Autant de hardiesse perdue, à l’instar de la vaillance d’Abdenour qui défilait avec la pelle et la pioche à la main du temps où ce bidasse ensemençait le barrage vert. Seulement, et d’échec en camouflet, il y a eu l’arrêt brutal de l’âge d’or du cinéma algérien et la fermeture de ses salles de projection.

Est-ce à dire que “ce pays est abandonné par ses saints ?” Assurément oui ! Puisqu’au gel de l’essor social, s’est effacé tout ce qui témoignait du caractère méditerranéen de l’Algérie où il faisait bon vivre sur les terrasses de ses cafés-bars et ses jardins où s’étaient écrits l’espoir mais aussi le rêve d’une jeunesse qui croyait à l’idéal volontaire et révolutionnaire de l’Éternel Novembre.

Donc, et à l’orée de la belle saison, le mieux est d’élire le roman La farandole des destinées au rang de livre de chevet. Ne serait-ce que pour s’instruire du vaillant Printemps berbère en 1980 et du “chahut de gamins” durant les journées sanglantes du 5-Octobre-1988. Soit autant d’escales ratées pour le renouveau de l’Algérie.
 

Louhal Nourreddine
La farandole des destinées
éd, Medias Index, 320 pages,
1 000 DA.



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