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A la une / Culture

“En attendant les hirondelles” en ouverture de la compétition officielle au FIOFA

Une fable sur l’Algérie contemporaine

Le réalisateur Karim Moussaoui aux côtés de ses comédiens. © D.R

Projeté en avant-première nationale au 10e Festival d’Oran du film arabe, dans son œuvre narrée avec finesse, Karim Moussaoui interroge sur notre société à travers son passé, son présent et éventuellement son futur.

Trois histoires liées par des personnages qui se croisent par hasard, ou par la force du destin, nous racontent leurs peines, leurs lâchetés, leurs passions… Tout simplement, ils nous narrent l’Algérie contemporaine. Cette fable est le dernier bijou de Karim Moussaoui, qui signe son premier long-métrage avec En attendant les hirondelles. Projeté en avant-première nationale au Fiofa (le film a été sélectionné dans la catégorie “un certain regard” lors du dernier Festival de Cannes), cette œuvre a suscité la curiosité, plusieurs interrogations et l’intérêt du public. Après sa diffusion à la salle Maghreb d’Oran, les gens étaient surpris et intrigués, d’autres plus sceptiques. Mais, les commentaires qui revenaient étaient : “Karim Moussaoui fait partie de ces rares réalisateurs qui ont réussi à faire un vrai film depuis la décennie noire”, “Ce projet a été fait avec grande intelligence”, ont remarqué quelques réalisateurs et critiques de cinéma.
Et pour cause, ce film est narré avec finesse. Moussaoui nous interroge sur notre société à travers son passé, son présent, et éventuellement son futur. Ses personnages représentent des gens lambda, qui vivent des situations de notre quotidien mais résument la pensée et les mœurs d’aujourd’hui. Le premier conte revient sur le personnage de Mourad (Mohamed Djouhri), un cinquantenaire remarié avec une femme plus jeune, campée par la comédienne Aure Atika. En rentrant du domicile de son ex-femme, sa voiture le lâche en pleine nuit devant un chantier en construction, et là, il se retrouve “spectateur” d’une agression sur un jeune. Pétrifié, il décide de se cacher au lieu de prévenir les flics. Une lâcheté qui ronge l’esprit de cet entrepreneur habitué au luxe et au confort.
Cette trame démontre l’état d’esprit de ces gens là, les “bourges” qui se contentent de vivre pleinement leur vie sans se soucier de l’autre… Une référence à un État insoucieux de l’avenir de son peuple. Suite à ce périple, nous sommes par la suite transportés à bord d’un véhicule avec le chauffeur de Mourad, (emprunté pour rendre un service à son voisin, joué par Chawki Amari). Comme un road movie, le réalisateur quitte la capitale pour le Sud-Est, exactement la ville de Biskra. Le chauffeur, Djalil (interprété par l’excellent Mehdi Ramdani), est coincé tout au long de ces kilomètres avec ce papa plutôt conservateur et ses deux filles, dont Aïcha qui doit s’y rendre pour se marier. Vite, les choses se compliquent, et nous comprenons rapidement que ces deux jeunes sont d’anciens amants. Séparés pour des raisons sociétales : sans travail, sans logement… leur amour était impossible. Alors Aïcha (Hania Amar) décide de s’embarquer dans une nouvelle histoire.
Cette fille avide de liberté choisit la facilité, la fuite, et ce au détriment de son bonheur. Sur la route, Aïcha, à bord d’un taxi, croise Dahmane qui se dirige vers Batna. Et la dernière histoire se poursuit avec ce neurologue qui semble avoir une vie paisible à l’approche de son mariage, mais qui soudainement est rattrapé par son passé.
Un passé douloureux dont les souvenirs sont difficiles à occulter, car le médecin a été enlevé par des terroristes lors de la décennie noire pour soigner des blessés au maquis. Dans ce rôle, le comédien Hassen Kachach crève l’écran aux côtés de Nadia Kaci. Un dialogue intense s’installe entre ces deux protagonistes sur cette période obscure. Dahmane est alors confronté à sa lâcheté et à sa culpabilité, il doit faire face à ses vieux démons…
En attendant les hirondelles est une œuvre poétique où se mêle la musique : de l’opéra, du bach, et du raïna raï. Une note musicale qui procure une lueur d’espoir et de magie dans ce drame. Le film se regarde comme trois œuvres différentes détachées, mais reliées d’une manière évidente : la lâcheté, la peur d’affronter son passé et s’en détacher.
Une Algérie qui n’arrive pas à prendre son courage à deux mains pour vaincre les déchéances, et bâtir un nouvel avenir. En attendant le printemps, peut-être que les jours seront meilleurs…


H. M.

 


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