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Autres / Des Gens et des Faits

Récit de Yasmina Hanane

Les oranges amères 27e partie


Résumé : Prise dans l’engrenage d’un amour houleux, Camélia décide de mettre fin à sa relation avec Hassen. Elle est sur le point de partir en mission, lorsque ce dernier l’appelle. Cette fois-ci, elle n’hésite plus et décide de lui dire la vérité en face. Mais il ne lui facilite pas les choses, car il tenait à elle bien plus qu’elle ne le pensait.

Il soupire :
-Autant me demander de déplacer une montagne que m’interdire de te revoir et te parler… C’est plus fort que moi… Que nous deux, Camélia… Ne cherche pas à dominer un sentiment qui dépasse ta volonté.
-Alors, oublie-moi… Quitte le quartier… Pars ailleurs….
-Non ! Je ne le ferai pas… Aucune force au monde ne pourra m’empêcher de te revoir…
-Je me suiciderais.
-Tu ne le feras pas.
-Pourquoi donc ?
-Parce que tu m’aimes. Reconnais-le donc… Tu m’aimes, et tu ne peux pas m’effacer de ton esprit… Le suicide n’est même pas une fuite logique dans ton cas.
-Tu ne peux pas m’interdire de mener ma vie tel que je l’entends.
-Non, mais je pourrais aussi te rappeler que nous n’avons pas cherché à vivre cette relation. C’est le destin qui a tranché pour nous.
-Le destin ? Jugulons ce destin. Refusons-le… Ne soyons pas ses esclaves.
- Refuser son destin ?
Il se met à rire amèrement :
- Ah ! Si seulement on le pouvait. Oh ! Camélia ma douce, que n’aurais-je pas donné pour échapper à mon triste destin. Hélas tu le sais bien, personne ne peut échapper à ce qui a été prévu pour lui par le Divin. Alors autant l’accepter.
-Nous pouvons quand même nous raisonner et regarder en face l’amère réalité de notre situation…
-Je le reconnais… Mais on n’y peut rien…
-Si, on peut… Nous n’allons plus nous revoir Hassen… J’insiste là-dessus. Que chacun de nous prenne son existence en main. Toi, tu as ta famille, et moi j’ai ma carrière… Heu… je vais aussi faire ma vie… Notre relation ne sera plus qu’un vieux souvenir… Une petite parenthèse dans notre existence.
-Camélia voyons, tu n’y penses pas…
- Si justement, l’interrompt-elle d’une voix forte…Si… j’y ai même trop pensé. Crois-moi Hassen, je crois que la séparation est la meilleure solution pour nous deux. Excuse-moi, je dois raccrocher… Je prépare une mission.
- Pour la couverture du festival cinématographique ?
- Comment le sais-tu ?
-Tu m’en avais déjà touché un mot, il puis tous les journaux y font référence ces derniers temps.
- Alors tu vois que je ne t’ai pas menti.
- Qui a dit ça ? Tu ne peux pas me mentir, Camélia. Même si tu le fais, ta voix te trahirait...
Elle se mordit les lèvres. Hassen la narguait :
- Tu comprends donc que j’ai du travail sur la planche et qu’un long trajet m’attend demain matin.
-Bien, je vais raccrocher… Mais je ne te quitterais pas pour autant Camélia… Je te retrouverais là où tu seras.
Sur ces paroles, il raccroche, et elle se laisse choir sur une chaise en gardant le combiné dans sa main. Cet homme savait remuer ses sens et pénétrer dans son âme. Elle devrait coûte que coûte s’éloigner de lui, et au plus vite.  
Elle termine ses préparatifs, vérifie le contenu de son cartable, et enfin se met au lit.
Elle savait que le sommeil allait la fuir, mais elle n’en avait cure. Elle avait enfin pu dire à Hassen ce qu’elle avait longtemps hésité à exprimer.
Elle ne devrait plus le revoir, ni discuter avec lui… Elle avait dû déployer de grands efforts pour tenter de l’éloigner d’elle… Seulement, si elle se référait à ses paroles, il ne voulait pas la quitter, et encore moins l’oublier.
“Je te retrouverais là où tu seras”, avait-il dit en guise de conclusion… C’était suffisant pour comprendre ses sentiments envers elle.
Elle se tourne et se retourne sur sa couche sans pouvoir fermer l’œil. La nuit lui sembla interminable. La sonnerie de son réveil-matin l’oblige à quitter son lit plus tôt que d’habitude.
Elle s’habille hâtivement, prend un léger petit déjeuner, et récupère ses affaires avant de quitter la maison.

(À suivre) Y. H.