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Autres / Des Gens et des Faits

26e partie

Mordjana

©Dessin/Amouri

Samir sortit, et les deux femmes se retrouvèrent seules. Mordjana se lève pour débarrasser la table, mais Malika l’en empêche.

 

-Voyons… Tu es encore une nouvelle mariée…
-Cela ne fait rien, laisse-moi t’aider à faire la vaisselle et à ranger la cuisine.
-Pour aujourd’hui, il n’en est pas question… Je rentrerai chez moi demain et tu auras tout le loisir de faire le ménage et la cuisine… Ma mère se fait vieille, et est souvent malade… Tu auras assez de corvées sur les bras, crois-moi.
-Cela ne me dérangerait pas, Malika… J’ai l’habitude de faire le ménage, la cuisine et tout le reste… Toute la maison reposait sur mes frêles épaules.
-Votre maison n’est pas aussi grande que la nôtre.
-Certes, mais la famille est bien plus nombreuse…
Malika pose la main sur son épaule :
-Tu n’es pas obligée de faire tous les jours le nettoyage des chambres inoccupées… Tu t’occuperas de la tienne et de celle de notre mère… Je suis là tous les week-ends et à chaque évènement, alors je t’aiderai pour le reste.
-Ne t’inquiète pas Malika… Tu ne devrais pas déserter ton foyer maintenant que je suis là… Tu viendras pour te reposer et te détendre.
Pour le reste, je saurais bien m’en occuper, crois-moi. L’après-midi était avancé. Les tantes et les autres femmes de la famille avaient quitté la cour et s’étaient réunies dans une chambre du rez-de-chaussée. Les unes avaient préféré faire la sieste, les autres papotaient sans discontinuité.
Après avoir mis de l’ordre dans la cuisine, Malika avait préparé du café et du thé, et Mordjana l’aidait pour le service.
Quoique gênée par les regards scrutateurs et mauvais de ces mégères, Mordjana se sentit plus l’aise. Elle était désormais chez elle et n’avait de compte à rendre à personne hormis à son mari et à sa belle-famille.
On tenta de la démotiver en critiquant ses gâteaux. Elle savait que c’était par pure jalousie. Malika l’encouragea à se mettre avec elles et à prendre son café sans prendre en considération les regards inquisiteurs et les médisances.
Lorsque toutes ces femmes prirent congé, elle soupira d’aise et se retira dans sa chambre.
Elle s’allonge un moment sur son lit puis allume la télévision.
Il faisait nuit lorsqu’elle émergea d’un sommeil profond et réparateur. Elle tente de se lever, mais une main la retint. Elle se rendit alors compte que Samir était allongé à ses côtés.
-Tu veux te lever ?
Elle se retourne. Depuis combien de temps était-il là ? Quand était-il revenu ?
Elle hoche la tête :
-J’ai dormi comme une marmotte.
-Et alors ?
-Je n’aurais pas dû… Malika est seule, et il y a toutes ces chambres à faire et le dîner à préparer.
-Malika est habituée…
-Même si c’est le cas, je n’aime pas la savoir seule face à toutes ces tâches.
-Et moi, tu veux me laisser tout seul face à ce téléviseur !
Elle rit :
-Je ne serais pas trop loin… Tu devrais plutôt penser à aller prendre des nouvelles de ta maman… J’aurais dû moi-même le faire, mais Malika m’avait assuré qu’elle se reposait.
-Oui… Le voyage l’a fatiguée… Laissons-là dormir à satiété… Le sommeil lui fait toujours du bien.
Il se met à la contempler, et elle rougit :
-Tu me désarçonnes Samir…
Il lui relève le menton :
-Pourquoi ? Tu ne t’habitues pas encore à ma présence ?
-C’est un peu ça. Mais il y a aussi le fait que tu sois très gentil et très courtois avec moi… Je suis vraiment étonnée que le destin m’ait aussi bien servie.
Il avait troqué son costume contre un jean et un tee-shirt, et dégageait un parfum de lavande qui enivrait Mordjana.
-Je te trouve très beau dans cette tenue…
Il sourit :
-À la bonne heure, car je n’aime pas trop le classique… Quand je suis sur les chantiers, je préfère des tenues plus simples.
Il lui caresse la joue et s’arrête sur sa tâche de vin. Elle se fige, mais il la rassure :
-Ne t’en fais pas ma chérie… Ce petit “défaut” de la nature ne me répugne nullement… Heu... pour ne pas te faire languir davantage, dès demain, je t’emmènerai chez mon ami le chirurgien. Il va voir ce qu’il pourra faire… Mais ne t’inquiète pas… Je te trouve belle telle que tu es… Et puis, j’adore ce petit sourire coquin que tu dessines au coin de tes lèvres.
Il l’attire à lui, et elle ferme les yeux.

(À suivre) Y. H.


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