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Économie / Dossier economique

Achour Mihoubi, président du Syndicat national des architectes agréés algériens (SYNAA)

“Ce qui est construit répond juste à des considérations politiques”

© D.R.

Dans cet entretien, le président du Synaa, Achour Mihoubi, revient sur le secteur du bâtiment en Algérie qui, selon lui, ne va pas du tout bien. Il explique qu’il n’y a pas de vision dans ce secteur. À part la prestation, proprement dite, de construire du logement, il n’y a pas d’économie qui se place autour.

Liberté : On dit que quand le bâtiment va bien, tout va bien. Est-ce que le bâtiment en Algérie va bien ?
Achour Mihoubi : Non, il ne va pas bien. Pour que le bâtiment aille bien, il faudrait que tous les secteurs connexes au bâtiment suivent. Alors  si on fait une petite analyse ou un tour d’horizon à tout ce qui touche au bâtiment on voit que ce n’est pas le cas. Pourquoi ? Prenant par exemple le secteur des prestations. Cinquante années après l’indépendance, l’Algérie fait toujours appel aux entreprises étrangères pour faire le béaba du bâtiment à savoir construire des logements. Pourquoi ? Parce que le bâtiment n’est pas rémunéré à sa juste valeur. Et s’il n’est pas rémunéré à sa juste valeur cela veut dire qu’il ne crée pas de la richesse. Si aujourd’hui, il est payé à ce prix-là, c’est juste pour répondre à des considérations politiques. Je parle du logement et de tout ce qui est financé par l’argent du Trésor, les collectivités locales, les écoles, les services administratifs attenants aux municipalités, ceux relevant du secteur de la santé.... Le prix du mètre carré construit n’est pas à sa juste valeur. Il est vu à la baisse en étant épluché de tou ce qui fait qu’il ait de l’économie. Donc, à part la prestation, proprement dite, de construire du logement ou autre chose, il n’y a pas d’économie qui se place autour. Parce qu’il n’y a pas eu injection de l’argent qu’il faut.

On évoque souvent le fait de faire appel aux compétences étrangères par le manque de compétences locales...    
Ce n’est pas vrai. On a amenuisé toutes les possibilités pour faire émerger les structures en Algérie. On ne peut pas demander à quelqu’un de se construire on ne lui donnant rien. Il n’y a pas que le cas du bâtiment d’ailleurs. Le bâtiment qui est construit aujourd’hui, à 90% de ce qui se fait, répond juste à des considérations politiques. C’est celle de maintenir la paix sociale. Il n’y a aucune vision économique derrière. Quant on dit quand le bâtiment va bien, tout va bien, cela suggère une vision économique derrière. Alors que dans ce qui se fait, il y a aucune vision économique.
C’est le même cas pour les architectes que nous sommes. On demande à être bien rémunérés parce que nous n’avons pas assez pour créer une véritable prestation. On dit qu’en Algérie, il n’y a pas de bons architectes, il n’y a pas de bons constructeurs, pas de bons ceci, pas de bons cela. Cela fait un peu trop. Il faut se poser la question. Est-ce que c’est par manque d’argent ? Non, ce n’est pas par manque d’argent alors c’est forcément par manque de compétences et de gouvernance. Quant on fait appel à la compétence étrangère, il y a même une vision du deux poids, deux mesures.
La compétence locale est vue d’une certaine manière. Elle est même dénigrée et ramenée à un niveau de négociation qui frôle la méprise. Par contre lorsqu’il s’agit d’une compétence étrangère qui des fois est remise en cause par le cadre algérien, la vision de l’administration est dans l’adulation.

On sait tous qu’il y a un déficit en termes de logement. Où se situe-t-il ?
Je ne peux pas vous le dire pour la simple raison que je n’ai pas les chiffres.

 


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