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Économie / Dossier economique

L’Algérie en 2016

Face à des choix d’une extrême sensibilité

Près de deux ans depuis le début de la chute des prix du pétrole, l’Algérie, fortement impactée, se trouve à la croisée des chemins. Sur fond de statu quo politique et de dégradation de la situation financière, les autorités semblent dans l’impasse.

Au plan interne, la gestion économique débridée, irrationnelle, au contenu purement mercantile et spéculatif - entre 1980 et 1990- avec une destruction insensée de la base économique, à travers la fameuse restructuration des entreprises, conjuguée à la chute brutale des revenus des hydrocarbures et à la pression autoritariste du pouvoir de l’époque sur la société, ont abouti à l’explosion d’octobre 88 et à l’adoption de la constitution de 1989, ouvrant ainsi la voie au pluralisme, à l’alternance au pouvoir et à l’émergence des réformes économiques.
Au plan externe, la chute du mur de Berlin a annoncé la fin du bloc socialiste et l’affirmation du libéralisme comme mode de gestion privilégié des sociétés humaines. Dans ce double contexte, porteur de bouleversements planétaires majeurs, l’Algérie, au bord de l’asphyxie financière, allait connaître l’une des périodes les plus dramatiques de son histoire contemporaine : terrorisme, ajustement structurel douloureux, isolement diplomatique... Il reste que de grands questionnements s’imposent autour du mode de gouvernance, de la gestion de la sphère microéconomique, du manque de lisibilité ainsi que des hésitations dans la politique macroéconomique d’ensemble, et enfin, des lenteurs mises dans l’application des réformes. Les balbutiements d’un retour vers le patriotisme économique, par la prise de mesures de sauvegarde, à travers notamment la loi de finance complémentaire 2009, ont mis à nu les contradictions entre d’une part le capital productif national privé et public, et d’autre part, les tenants de la rente et de la spéculation. Dans ce contexte de crispation politique et économique, l’éclatement de scandales successifs, notamment dans le secteur des hydrocarbures, jette le discrédit sur le mode de gouvernance et la stratégie à long terme de gestion rationnelle de nos ressources énergétiques et de celle de l’économie nationale de façon générale.
Par ailleurs, le faible taux de productivité de l’appareil de production nationale, les contraintes objectives de financement des opérateurs privés, la faible performance des entreprises publiques économiques, en dépit des mesures de redressement prises en leur faveur, nourrissent le scepticisme des observateurs politiques quant à la capacité des gouvernants à préconiser des réformes en profondeur pour préparer l’après- pétrole. De telles réformes ne peuvent évidemment pas se limiter à la seule sphère économique. Elles doivent englober tous les segments de la vie politique, sociale et culturelle. Au-delà de l’importance de l’enveloppe financière qui est consacrée à la consolidation de la relance économique, ce sera à l’aune de l’ouverture authentiquement démocratique que la crédibilité du pouvoir se jouera et que l’avenir de l’Algérie dans le concert des nations modernes se déterminera. Les Algériens ont continué et continuent toujours de lutter pour leur liberté et leur dignité. Les réduire à une «faune budgétivore» serait une grave erreur.
Octobre 88, aussi douloureux qu’il aura été pour notre société, n’aura pas moins marqué la mémoire collective de notre nation pour que “jamais ce ne sera plus comme avant”.  Bouteflika se trouve, objectivement, face à un choix d’une extrême sensibilité. Les promesses politiques, sociales et économiques qu’il a faites au début de l’année 2011, suite aux émeutes surgies dans le sillage du “printemps arabe” ne peuvent se réaliser que dans la mesure où les conditions démocratiques et de ruptures avec les anciennes pratiques bureaucratiques et rentières ne soient réunies.
Une telle alternative exigera de lui un courage politique, à la fois de rupture et de changement des mœurs pratiquées jusqu’alors par le système….La situation économique l’exige, l’expectative serait une grave erreur politique.


A. H.


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