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Économie / Dossier economique

Faut-il privatiser les banques publiques ?

Gageure économique et risque politique

Le secteur bancaire algérien est composé de 28 établissements, dont 21 banques, 7 institutions financières, une banque de développement et une banque offshore.

L’idée de la privatisation des banques publiques ne date pas d’aujourd’hui. Les rédacteurs de la loi sur la monnaie et le crédit en 1990, amendée entretemps, suggéraient en filigrane l’ouverture progressive du capital des banques publiques aux actionnaires privés. Alors faut-il les privatiser ? Au-delà de toute approche idéologique, il n’est pas aisé de répondre à une question aussi complexe. D’abord  la sphère financière internationale est en pleine évolution et est à l’origine de la crise des subprimes de 2008, dont l’onde de choc n’a pas épargné la sphère économique réelle, à telle enseigne que les USA ont pensé un moment,  à nationaliser les plus importantes de leurs banques. Les autres pays occidentaux incriminent à leur tour le capital financier spéculatif international du fait de la crise économique structurelle qu’il a générée dans leurs pays. Dans ce contexte mondial très volatile, est-il prudent de s’embarquer  dans une démarche à haut risque ?  Au demeurant, le système financier et bancaire algérien, déconnecté de la finance internationale, a permis à notre pays d’amortir le choc de la crise de 2008, du moins d’en relativiser l’impact sur notre économie.   Faut-il pour autant s’arrêter à ce constat et laisser les choses en l’état? Évidemment que non, tant notre système bancaire est désuet et ne peut plus répondre aux exigences de la mondialisation de l’économie et à l’avènement du numérique. Pour rappel, lorsque la question de la privatisation du CPA a été mise sur le tapis par l’exécutif, il y a eu une levée de boucliers, UGTA en tête. La crise de 2008 et la scabreuse affaire de Khalifa Banque, ont fait le reste. Pour sa part, l’ancien ministre Abelhamid Temmar, qui eut  un temps le pouvoir d’un ministre de l’Économie  suggère de privatiser certaines banques publiques et de favoriser l’installation de banques étrangères de premier plan. Dans une tribune rendue publique, Temmar estime que ces mesures seraient nécessaires pour favoriser “l'émergence d'un cadre d'efficience et de développement”, où “la compétition entre banques  constituerait le moteur de la relance de notre économie”. Il  déplore la révision de la loi sur la monnaie et le crédit, qui a ôté à la Banque d’Algérie son indépendance. Pour ce dernier, la loi de 1990 sur la monnaie et le crédit “mettait en place un cadre de réforme profond. Malheureusement, la loi sera modifiée par deux fois”. Temmar semble “oublieux” des opérations de privatisation qu’il a menées dans l’opacité totale et dont les résultats n’ont jamais été rendus publics.  Quant au FMI, fidèle à sa politique traditionnelle, il suggère à l’Algérie de réunir les conditions de privatisation du secteur bancaire. Dans un rapport sur la situation du secteur financier et bancaire et la supervision des banques, cette institution base son argumentaire  sur le fait que “le crédit bancaire aux entités publiques domine toujours l’intermédiation, les marchés financiers demeurent embryonnaires et l’exécution des réformes de modernisation, autrement plus louables, traîne”. Il propose à cet effet un délai de cinq ans “aux banques pour se préparer à la privatisation”. L’époque a changé et il serait suicidaire de ne pas penser à des mesures novatrices afin de moderniser notre système bancaire en toute sérénité. Un risque politique subsistera néanmoins en l’éventualité de perdre une part de notre souveraineté économique, d’autant que le lobby des néolibéraux chez nous et ailleurs , est à l’affût d’une telle aubaine. Comment réussir cette gageure économique en évitant le risque politique : telle est la question qui se pose aujourd’hui.


A. H.

 


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