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Économie / Dossier economique

Déficit en logement en Algérie

“Il n’y a pas crise du logement, il y a crise de distribution”

Selon les chiffres officiels, quelque 2,8 millions de logements, tous types confondus, ont été livrés en Algérie depuis 1999, dans le cadre des différents programmes quinquennaux lancés par le chef de l’État.

À en croire le premier responsable du secteur, “seules” 720 000 demandes restent en suspens, alors que le déficit s’élevait à plus de 3 millions d’unités. Ces 720 000 demandes devraient être prises en charge lors de ce quinquennat de 2015-2019, surtout lorsque l’on sait que dans le cadre du programme quinquennal 2015-2019, le département de Tebboune ambitionne de réaliser un total de 1,6 million de logements de différentes formules pour un plan d’investissement estimé à 56 milliards de dollars, selon les estimations officielles. À la lumière de tous ces chiffres, les pouvoirs publics n’affichent plus la gêne de parler publiquement de la résorption de la crise du logement. “Le défi devra être relevé au plus tard en 2019”, avait d’ailleurs lâché le ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville qui se montre rassurant devant l’effondrement des cours du baril, affirmant  que cette situation “n’aura pas de répercussions négatives sur la réalisation des programmes d’habitat prévus durant le prochain quinquennat”. Reste que tous ces chiffres ne prennent pas en compte les obstacles auxquels fait face le secteur dans la réalisation de ses objectifs ambitieux en matière de logement. À commencer par la demande qui dépasse systématiquement l’offre depuis plusieurs années et que l’outil de production n’arrive pas à juguler. Selon un rapport du cabinet britannique Oxford Business Group (OBG), daté d’octobre 2015, “le plan quinquennal précédent, qui prévoyait la construction de 1,2 million de logements, n’a pas tenu ses promesses, avec seulement 693 000 unités livrées”. Il ajoute qu’au cours des dernières années, “le nombre d’habitations achevées a chuté sous la barre des 100 000 en raison de difficultés allant de l’obtention des terrains au long processus d'approbation des constructions”. Avec une demande supplémentaire annuelle de près de 300 000 nouvelles demandes, selon une estimation de Lotfi Ramdani, fondateur du site immobilier Lkeria.com, il est clair que la résorption du déficit s’avérera difficile. Outre ce problème de réalisation, la distribution est également pointée du doigt par de nombreux acteurs du secteur. Rencontré lors de la 19e édition du Salon international du bâtiment, des matériaux de construction et des travaux publics (Batimatec), un architecte qui a exercé pendant un certain temps comme directeur de l’OPGI dans le grand Sud, nous affirme qu’il n’y a pas de crise du logement en Algérie. Il citera en exemple une cité de plus de 1000 logements sociaux qui a été réalisée et où les premières distributions datent de 2007. “Jusqu’à aujourd’hui, en 2016, il y a des blocs entiers qui sont vides”, déplore-t-il. Selon lui, “il n’y a pas de crise du logement en Algérie, c’est un faux-fuyant. Il y a une grave crise de distribution, et cette crise de distribution est en train d’enliser la société dans une crise sévère”. Le site algérien spécialisé dans l’immobilier Lkeria.com avait publié en début d’année une étude dans laquelle il retrace l’évolution des prix dans le marché immobilier entre 2011 et 2015. Une étude qui démontre qu’un nombre considérable de logements est vide, au moment où des millions d’Algériens cherchent désespérément un toit. Le spécialiste de l’immobile Lkeria.com nous apprend, à travers cette étude comparative, que le marché algérien de la location compte environ 2,5 millions de logements et environs deux millions d’autres sont vacants. Si on se base sur les chiffres publiés par le site Lkeria.com, la demande annuelle étant de l’ordre de 400 000 demandes pour 100 000 logements sociaux livrés par an, soit un déficit de 300 000 unités/an, les deux millions d’appartements vacants peuvent largement couvrir cette demande.


S. S.


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