Scroll To Top
FLASH
  • L'intégralité du contenu (articles) de la version papier de "Liberté" est disponible sur le site le jour même de l'édition, à partir de midi (GMT+1)
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version digitale de "Liberté" écrire à: redactiondigitale@liberte-algerie.com

Économie / Dossier economique

mise en œuvre de l’accord

Incertitudes sur la viabilité de l’arrangement

Fin 2016, d’intenses tractations entre les pays producteurs ont eu lieu en prévision de la réunion l’Opep tenue à Vienne, le 30 novembre de la même année. Ce rendez-vous, que d’aucuns qualifiaient de la dernière chance pour parvenir à un prix équilibré du baril, a bien eu lieu.

Mais ce compromis demeure fragile parce que le risque de non-respect des quotas par certains pays est fort probable, d’autant qu’aucune sanction n’est prévue pour les contrevenants. L’Algérie pour sa part a instruit ses opérateurs pétroliers pour exécuter le quota qui lui a été défini. Il faut rappeler que ces “conciliabules” ont lieu dans un contexte international mouvementé, marqué par deux facteurs fondamentaux. Les enjeux géopolitiques, qui priment souvent sur les logiques économiques d’une part, et l’élection de Trump à la tête des États-Unis d’autre part.
Le nouveau président américain a affirmé sa volonté d’intensifier l’exploitation du pétrole et du gaz de schiste dans son pays. Cette nouvelle donne, qui vraisemblablement se traduira à terme par un accroissement de l’offre sur le marché énergétique international, aura forcément un effet sur les cours du pétrole, estiment certains observateurs. Au demeurant, le léger repli des cours de l’or noir enregistré la dernière semaine serait dû à la progression des opérations de forage du pétrole de schiste aux USA.
Mais cette hypothèse demeure conjoncturelle, voire peu probable, du fait qu’au plan strictement économique, il y a un seuil plancher de rentabilité en dessous duquel ni les compagnies pétrolières internationales ni les États producteurs ne sont prêts à courir le risque de creuser davantage. Au demeurant, même les USA décryptent avec intérêt cet accord de réduction des quotas conclu à Viennes, car il y va de la rentabilité de leurs investissements par rapport aux coûts d’exploitation du pétrole de schiste. Mais, de nos jours, il est un fait établi que les experts les plus avertis du domaine de l’énergie à l’échelle mondiale soulignent avec force, c’est l’instabilité chronique du marché des hydrocarbures qui peut générer des retournements à tout moment. Ces retournements peuvent, en cas de crise géopolitique majeure, impacter les cours du marché à la baisse. Pour Guy Maisonier, spécialiste des marchés pétroliers, au sein d’IFP Energies nouvelles, “l’accord conclu à Vienne est purement pétrolier, avec l’objectif de soutenir les prix du pétrole. Les enjeux géopolitiques sont ainsi mis de côté comme ce fut souvent le cas en période difficile pour l’Opep”. Ce dernier estime par ailleurs, s’agissant des pays producteurs non-Opep, que “l’Opep attend un effort de réduction de production de 0,6 Mb/j de la part des pays hors-Opep, mais il n’y a aucune garantie pour le moment”. La position de la Russie paraissait ambiguë sur l’éventualité de participer à cet accord. Elle a fini par y adhérer en acceptant de réduire sa production de 300 000 barils/jour si les autres parties concernées respectent la règle du jeu. Le fera-t-elle ? Et à partir de quand ? Les États-Unis, quant à eux, ont comme point de mire la rentabilité de leurs capitaux et ne voient pas d’un mauvais œil un prix du baril à 50 dollars et plus. Restent les interrogations relatives au respect du quota par l’Iran et l’Irak.
Ces deux pays avaient déjà émis des réserves lors de la réunion préparatoire d’Alger arguant de la particularité de leur situation et auraient aimé être exemptés des mécanismes de répartition des quotas au même titre que le Nigeria, la Libye, etc. Seront-ils tentés d’augmenter leur production ? En vérité, un pas important a été franchi en direction de la stabilité du marché pétrolier à travers l’accord de Viennes, mais c’est sur son respect et sa durabilité que l’on pourra avoir plus de visibilité à moyen terme du moins.

A. H.


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER