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Économie / Dossier economique

économie

La très peu probable réévaluation

Pour équilibrer son budget, qui connaît un déficit colossal, l’Algérie s’est fixé comme objectif de dévaluer le dinar pour augmenter artificiellement ses recettes. Résultats, l’exercice 2016 a été marqué par une forte dépréciation du dinar algérien. Selon les chiffres publiés par la direction générale de la prévision et des politiques relevant du ministère des Finances le taux de change moyen du dinar face au dollar a perdu 9,5 points durant les 11 premiers mois de l’année 2016. Il est ainsi passé de 99,78 à 109,33 dinars pour un dollar. Le dinar a également perdu 9,5% en moyenne face à l’euro durant la même période, passant de 110,89 dinars pour un euro en novembre 2015 à 121,56 dinars pour un euro en novembre 2016. Avec des résultats peu probants, cette politique de dévaluation a marqué le pas durant les derniers mois de 2016, relançant ainsi le débat sur une éventuelle réévaluation de la monnaie nationale. L’analyste financier Ferhat Aït Ali ne semble pas croire à la soutenabilité d’une réévaluation. Selon lui, une réévaluation ne peut être soutenable que dans deux cas de figure. Le premier, qu’il considère improbable, est que “ces réserves augmentent à la faveur d'un futur excédent de notre balance de paiement, qui viendrait augmenter nos réserves de change, et il est évident que c'est une alternative à oublier avant de longues années sauf accident économique ou géopolitique grave de nature à changer la donne pétrolière”. Le second cas, ajoute-t-il, consiste en “la résorption de la masse monétaire scripturale émise aux passifs de la Banque d'Algérie et des banques primaires, soit par aspiration d'une partie de la masse fiduciaire en circulation, ce qui paraît assez délicat et de peu d'influence sur ce fameux passif, soit par l'élimination de la masse scripturale consistant essentiellement en les écritures comptables correspondant initialement aux dollars entrés et ensuite ressortis des caisses mais demeurés en créances bancaires dont la seule garantie est dans les actifs nationaux non convertibles et l'écriture au passif une création monétaire censée équilibrer ces sorties de devises”. L’analyste souligne que tant que nous avons quelque chose comme 8 500 milliards de dinars de passif à ajouter aux 4 600 milliards de monnaie fiduciaire, les dollars vaudront toujours plus au fur et à mesure qu'ils se feront rares. “Ce qui est présentement notre cas”, précise-t-il. L’autre problème soulevé par Ferhat Aït Ali est celui des déficits du Trésor qui ne peuvent être atténués que par la création monétaire, pour gonfler les recettes publiques tout en rétrécissant les capacités du dinar à aspirer des devises vers l'extérieur, et ce par diminution de son pouvoir d'achat. En conclusion, l’analyste indique que “la politique actuelle du gouvernement étant celle de la sauvegarde d'équilibres précaires dans un statu quo intenable à moyen terme, ne permet pas de réfléchir à une éventuelle réévaluation du dinar, qui elle doit passer sur une réforme profonde de tout notre système monétaire et économique, qui ne semble pas être à l'ordre du jour du personnel politique actuel”.

S. S.


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