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Économie / Dossier economique

Farid Bourennani, expert en économie et finance internationale

“L’activité n’est pas attractive ”

Un diagnostic sans complaisance des faiblesses de notre dispositif à l’export n’est pas encore établi.

Le discours officiel sur le développement des exportations est en déphasage avec les réalités du terrain. Contacté par Liberté sur le sujet, Farid Bourennani estime que l’activité d’exportation hors hydrocarbures n’est pas attractive actuellement. À contre-courant des idées reçues, il avance que le marché intérieur offre des marges beaucoup plus intéressantes pour les producteurs, et ce, sans les problèmes rencontrés à l’exportation qui concernent l’atteinte de standard de qualité, les exigences des importateurs, la bureaucratie algérienne à l’export, l’absence de logistique efficiente… Pourquoi un opérateur doit-il s’aventurer à exporter alors que, sur le marché local, il peut dégager des bénéfices importants avec moins de difficultés que s’il venait à exporter ?
Par ailleurs, si l’exportateur ne rapatrie pas dans les délais impartis le produit de la vente à cause éventuellement d’un différend commercial, d’un retard, voire de non-paiement de son client, il est passible d’être traduit en justice. Cette attractivité de l’acte d’exportation est l’un des gros handicaps au développement des exportations hors hydrocarbures, conclut-il. Farid Bourennani cite, dans la foulée, une série d’autres handicaps qui entravent la croissance de nos ventes à l’étranger.
Primo : si l’État autorise l’installation de comptoirs commerciaux à l’étranger, cela permettrait aux Algériens de mieux contrôler les circuits de distribution et d’organiser une logistique appropriée. Malheureusement, l’octroi du feu vert est très lent, estime-t-il.
Pour encourager les exportateurs, il préconise d’accroître la quote-part en devises. Sur ce point, il suggère que la quote-part en devises versée dans le compte de l’exportateur soit porté à 100% du montant de l’exportation effectuée, afin de rendre l’acte d’exportation plus intéressant. En troisième lieu, un autre facteur est indispensable : une offre locale suffisante et de qualité et avec des taux d’intégration importants pour être compétitif, comme préalable à l’exportation. L’Algérie n’a pas encore dépassé ce palier. Pour disposer d’une offre de produits industriels compétitifs à l’exportation, il faudra du temps. Il convient donc de commencer par une offre de services à l’export. Cela demande moins de temps.
Au regard de tous ces handicaps, Farid Bourennani considère que le discours politique sur le développement des exportations ne correspond pas à la réalité. Par ailleurs, on oublie qu’une partie de la compétitivité est liée aux avantages fiscaux et sociaux conférés par entre autres l’Andi. Avec la fin des avantages Andi et à défaut d’avoir progressé en termes de captation de la chaîne de valeurs, en taux d’intégration et en productivité, nos produits ne seront pas compétitifs
Donc l’effort devra être porté sur l’accompagnement des entreprises pour améliorer leurs produits aux exigences du marché international et à faire des gains de productivité afin d’être compétitif en dehors de toute subvention des pouvoirs publics.
Ainsi, l’exécutif affiche sa volonté de développer les exportations hors hydrocarbures sans évoquer la difficulté de mise en œuvre de cette politique export.
Pis, il n’a pas encore établi jusqu’ici un diagnostic sur les faiblesses de notre dispositif à l’export, avant de définir une stratégie cohérente de développement des exportations. À court terme, les solutions sont ailleurs. Mais cela n’empêche pas de déblayer le terrain en vue de favoriser le développement des exportations hors hydrocarbures, dont les fruits sont à cueillir dans cinq ans-dix ans. Encore faut-il une véritable volonté politique de sortir de la forte dépendance de l’économie nationale à l’égard des revenus financiers tirés des exportations d’hydrocarbures.


K. R.


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