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Économie / Dossier economique

Mohamed Kessel, spécialiste en finances et commerce extérieur

“Les importations de véhicules sont toujours bloquées”

Les licences d’importation pour les véhicules ne sont toujours pas débloquées. ©D. R.

Depuis l’institution du cahier de charges en mars 2015 obligeant les concessionnaires à doter les voitures d’équipements de sécurité, Ces derniers n’ont pu procéder qu’à des importations au compte-goutte.

La mise en œuvre des licences d’importation  par le gouvernement s’avère plus compliquée. “C’est le grand cafouillage” observe Mohamed Kessel , spécialiste financier. L’Exécutif n’arrive pas à trouver le bon mode opératoire. Quel que soit le résultat des quotas attribués, d’aucuns parmi les importateurs seront lésés, estime-t-il, tout simplement en raison de l’absence de critères objectifs permettant l’attribution judicieuse des quotas, notamment l’importance de la contribution fiscale ou l’importance des projets d’investissements s’il s’agit de l’automobile. Faut-il, en outre, développer la logique de part de marché par constructeur auto ? Toutes ces questions demandent un arbitrage. Or, il n’y a pas encore eu d’arbitrages sur les quotas à attribuer à chaque concessionnaire. Du coup, les importations de véhicules sont toujours bloquées. Depuis l’institution du cahier de charges en mars 2015 et jusqu’ à la mise en place des licences d’importation, les importations de véhicules se sont effectuées au compte goutte. Résultat de ces blocages et des changements dans la réglementation encadrant la filère automobile, le réseau de distribution de plusieurs concessionnaires est menacé avec à la clé la suppression de centaines, voire des milliers d’emploi.
 Par ailleurs, la mise en œuvre des licences d’importation exige la transparence dans l’attribution des quotas. On en est loin “Le ministère de l’Industrie doit apprendre à communiquer par voie de communiqués et non pas par l’opacité la plus totale. Si on on doit contingenter, on ne doit pas oublier qu’il y a tout un réseau de distribution derrière, des investissements engagés dans le service après vente”, ajoute Mohamed Kessel. Le spécialise considère que les licences d’importation sont des réponses administratives à des problèmes de régulation. Elles ne permettront pas de réduire de manière conséquente les importations. Les vraies solutions à la problématique de la maîtrise des importations sont à chercher dans la régulation macroéconomique du pays. La vraie solution durable est le travail sur la compétitivité de l’économie nationale. Un chantier qui demande du temps. À court terme, il cite en particulier quatre leviers principaux contribuant à la maîtrise du commerce extérieur. Primo, réadapter le modèle de consommation des Algériens qualifié d’irrationnel et générateur d’un grand gaspillage de produits de large consommation. Segundo : le levier de la normalisation, un barrage aux importations de produits non conformes et contrefaits et qui peut réduire de façon significative nos achats à l’étranger. Tertio : celui de la réglementation financière. Plus précis , il suggère à ce propos que la Banque d’Algérie, par un texte réglementaire, empêche l’accès au commerce extérieur aux importateurs qui affichent un déficit de leurs comptes alors qu’ils affichent une croissance de leur chiffre d’affaires, un moyen selon lui de lutter contre les surfacturations qui sont en partie à l’origine de l’augmentation de la facture importations. En quatrième lieu, il préconise la fiscalisation des produits de luxe, en particulier les voitures 4X4 énergivores, en un mot qui consomment trop de carburants. Toutes ces solutions combinées peuvent nous permettre d’économiser 30% de la facture importations, soit minimum entre 15 et 18 milliards de dollars sans recourir aux licences d’importation, selon lui. Paradoxalement, la Tunisie, alors qu’elle vit de grosses dificcultés financières, n’a pas contingenté ses importations Tout simplement parce qu’elle dispose d’un système de régulation efficace, a argué Mohamed Kessel, un système qui peut réguler dans ce pays voisin les importations sans recourir aux licences d’importation.
En conclusion, il estime que sans cette transparence, les licences d’importation risquent de devenir de véritables nids de corruption.

K. Remouche


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