Économie / Dossier economique

46 ans après la nationalisation des hydrocarbures

Les réserves intactes mais forte dépendance à la rente

©D. R.

Capital humain

L’Algérie fêtera dans quelques jours le quarante-sixième anniversaire de la nationalisation des hydrocarbures. Le 24 février 1971 reste une date symbole de la récupération par l’Algérie de ses richesses pétrolières. Après quarante-six ans d’exploitation de ses gisements de pétrole et de gaz, les réserves de l’Algérie restent intactes, au niveau de 12 milliards de barils, indique le président de l’Agence nationale de valorisation des hydrocarbures (Alnaft), Sid Ali Betata dans un entretien accordé à Liberté.
Ce chiffre pourrait être doublé moyennant des travaux supplémentaires, observe-t-il. Ces résultats sont l’aboutissement d’énormes efforts de cadres du secteur et d’énormes investissements : 80 milliards de dollars injectés depuis la création d’Alnaft. Si ces chiffres qui ne tiennent pas compte du grand potentiel des ressources non conventionnelles que détient l’Algérie nous confortent dans notre conviction que le sous-sol algérien recèle encore d’immenses richesses en pétrole et gaz, il reste néanmoins un énorme effort à accomplir pour confirmer la présence de toutes ces accumulations d’hydrocarbures, leur possible récupération et déterminer leur commercialité. Mais ce tableau rose ne doit pas nous faire oublier les insuffisances constatées ici et là dans la gestion du secteur. En effet, quarante-six ans après la nationalisation des hydrocarbures, l’Algérie reste fortement dépendante des technologies étrangères, des services d’ingénierie étrangers et de l’importation de biens et pièces de rechange.
Par ailleurs, les résultats positifs ne doivent pas nous faire oublier en particulier un manque de stratégie dans le développement des capacités de production de GNL. Sonatrach pour se positionner dans le Top 10 des plus grandes compagnies pétrolières devra également s’ouvrir aux compétences algériennes à l’intérieur et à l’extérieur du pays. En un mot, le capital ressources humaines de Sonatrach devra être fructifié par l’apport de la crème de nos diplômés des universités et des grandes écoles en Algérie et à l’étranger.
Par rapport également au partenariat étranger qui constitue un axe de la stratégie de Sonatrach, il convient de rendre plus attractive notre législation encadrant le secteur des hydrocarbures, de faire sauter les verrous bureaucratiques qui retardent le développement de gisements en vue d’accélérer la mise en service de champs de pétrole et de gaz. Mais sans une politique de rationalisation cohérente de notre consommation d’énergie, nos revenus pétroliers ne connaîtront pas la croissance attendue, au détriment de l’essor de l’économie nationale.

Par : K. Remouche
remouchekaled@gmail.com