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Économie / Dossier economique

Alors que de gros producteurs jouent à la roulette russe

L’or noir à bas prix accroît les difficultés de l’Algérie

Les cours du pétrole ont grimpé mais en direction d’un plancher autour de 40-48 dollars, atteint fin avril dernier.

Les prix du pétrole ne sont pas suffisamement élevés actuellement pour soutenir les budgets des pays pétroliers. Pour mettre en équilibre ses finances, l’Arabie Saoudite, par exemple, peut s’adapter à des cours du brut aux environ de 83 dollars, quand l’Algérie ne peut s’accommoder du pétrole à moins de 96 dollars le baril, ainsi que le souligne  Ali Kefaifi, expert en énergie. Or, le cours de l’or noir est resté depuis presque deux ans, inférieur au prix d’équilibre budgétaire. Et, cela fait chavirer les petits États pétroliers, l’Algérie comprise, qui ne disposent pas d’économie solide en dehors des hydrocarbures. Quant aux gros producteurs, l’Arabie Saoudite en tête, peuvent tenir, mais pas pour longtemps.
Ils jouent à la  roulette russe. Ils risqueront de subir immanquablement l’effet boomerang. Reste à attendre de voir comment les marchés vont évoluer. Kefaifi rappelle les variables structurelles dont l’équilibre offre-demande, conjoncturelles (stocks, événements géopolitiques, marchés financiers, etc.) qui influent sur les cours de l’or noir. Et d’estimer que les prix vont se situer à 50 dollars sur les deux prochaines années. Quant à l’Opep, elle relève que les prix remonteraient en 2016. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) explique, elle, qu’ils devraient remonter progressivement durant les années à venir pour se situer aux alentours de 80 dollars le baril à l’horizon 2020. Et le rôle de l’Opep ? Pour Kefaifi, l’organisation fonctionne sur un modèle “finissant”. Elle est “finie”, explique-t-il sentencieusement. L’Opep, dit-il, est aux mains des Saoudiens. Les quelques pays frondeurs comme l’Algérie, l’Iran et le Venezuela ne changent rien à la conduite à tenir. L’organisation n’a plus de prise sur les marchés. Aujourd’hui, l’Arabie Saoudite refuse de jouer le rôle “Swing Producer” au sein de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole. Elle affectionne une prétention hégémonique dans la région moyenne-orientale. Ainsi, Riyad n’a pas apprécié, par exemple, l’attitude d’Obama dans le dossier iranien.
Les États-Unis ont, en effet,  lâché un peu de lest dans le conflit iranien, et permis la levée des sanctions contre Téhéran. Et, cela a fait et fait encore  frémir le royaume qui ne semble pas disposé à laisser échapper des parts de marché au profit de son frère ennemi chiite qu’est l’Iran, un pays débarrassé des sanctions et qui veut reconquérir ses parts de marchés, d’avant-sanctions, sans passer par l’Opep. Téhéran fait en fait cavalier seul, avec l’ambition de produire à plein régime, quitte à brader son pétrole, de la même manière que le fait l’Arabie Saoudite en ce moment. C’est d’ailleurs la rivalité entre ces deux pays qui a fait capoter, mi-février, l’accord de gel de la production pétrolière à son niveau de janvier 2016. On s’en souvient, Riyad a posé un préalable au gel : il a affirmé qu’il n’acceptera de réduire ses livraisons sur le marché mondial que si l’Iran n’entreprend pas une démarche similaire. “Si tous les pays, y compris l’Iran, la Russie, le Venezuela, les pays de l’OPEP et tous les principaux fournisseurs décident de geler leur production, nous nous joindrons à eux”, martelaient les Saoudiens. Aujourd’hui, le royaume a perdu la guerre des prix et n’a pas réussi à faire sortir le schiste des marchés. Aux États-Unis, la production des schistes  a partiellement plafonné en 2015 sur certains gisements. Elle demeure encore solide sur le reste de l’année 2016, parce qu’il y a toujours  des gisements qui vont arriver sur le marché. Selon Ali Kefaifi, une reprise des prix du brut, même aux environ de 50 dollars, va permettre à des compagnies américaines de remettre en service des puits fermés et, du coup, de relever l’offre pétrolière mondiale. Il est vrai qu’actuellement, de nombreuses sociétés américaines sont en difficultés en raison de la chute des cours, mais aussi de la frilosité des banques à les financer. Et la baisse des d’investissements en exploration et en production aux États-Unis, au Canada et chez les principaux majors est observable sur le terrain. Pour autant, la production des schistes ne s’est pas totalement affaissée. Loin s’en faut. Son maintien correspond en fait à un héritage aux puits forés, il y a deux ou trois ans, lorsque le marché se portait bien.


Y.  S.


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