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Économie / Dossier economique

Farid Bourennani, consultant en Finances et investissement

“Nous sommes dans l’illusion qu’on peut investir en Afrique”

©D. R.

L’expert souligne les entraves à l’exportation et l’investissement en Afrique et préconise des mesures pour encourager les opérateurs à s’implanter sur le continent.

Liberté : Que peuvent attendre les opérateurs algériens du forum africain sur l’investissement ?
Farid Bourennani :
En préambule, il me semble que l’on a fait l’économie d’un effort de définition des objectifs et ensuite des actions à mettre en œuvre. Concernant l’interaction entre les pays d’Afrique et l’Algérie, on a mis l’accent sur la forme et on fait abstraction du fond, c'est-à-dire la définition d’un plan d’action en faveur du développement de l’investissement des opérateurs algériens en Afrique. La thématique du forum n’est pas claire : est-ce que l’Algérie doit attirer les investisseurs africains ? Est-ce que c’est l’Algérie qui doit aller vers l’Afrique sous forme d’exportations de biens et services algériens ? Soit sous forme d’investissements en Afrique que certains appellent internationalisation. Ma compréhension de la question m’amène à m’interroger : est-ce que l’Algérie par ces temps de crise s’est rappelée qu’il y avait un continent derrière elle et souhaite y entrer pensant qu’il serait plus facile ou plus compétitif d’aller sur les marchés africains que les autres marchés dits occidentaux ou moyen-orientaux ? Il ne vous a pas échappé que depuis 60 ans l’influence économique de l’Algérie en Afrique est réduite à néant et que l’influence politique se résume à la résolution de conflits en Afrique.

Pourquoi selon vous cette influence économique de l’Algérie en Afrique n’a pas été importante ?
Je crois pour ma part que l’arabité exclusive dans laquelle s’est drapée l’Algérie l’a orientée vers les pays arabes du Moyen-Orient : Ligue arabe, zone arabe de libre-échange et a omis les pays africains en majorité francophones linguistiquement et culturellement.
Il n’en demeure pas moins que cet événement permet de pallier la méconnaissance de l’Algérie par les Africains et de l’Afrique par les Algériens. L’Afrique se compose d’une cinquantaine de pays. Tous aussi différents les uns que les autres. Il faut donc cibler des pays africains et non l’Afrique qui est un nom générique. D’autre part, il faudrait que l’effort d’adhésion aux organisations existantes africaines comme la Cédéao, la communauté des pays de l’Afrique de l’ouest, soir réel. L’Afrique a créé des ensembles ou organisations économiques permettant des incitations fortes comme le libre-échange

Quels freins au développement des échanges économiques intra-africains faut-il lever ?
Il convient de permettre la circulation des personnes par la suppression des visas, la circulation de la main-d’œuvre des pays limitrophes. Il faut savoir qu’aucun pays ne s’est développé sans gisement de main-d’œuvre. Il ne peut y avoir développement du secteur primaire sans gisement de main-d’œuvre. Force est de constater que l’Algérie manque de main-d’œuvre de base peu qualifiée dans l’agriculture. Il convient également de réviser le cadre réglementaire algérien en matière d’investissements ou d’exportations vers l’Afrique. Un cadre réglementaire aménagé permettra aux opérateurs algériens d’investir en Afrique. Il faut supprimer les autorisations qui rendent cet acte impossible aujourd’hui. J’aurais souhaité que cet événement ait été l’occasion pour la banque centrale d’annoncer un budget ou un fonds pour permettre aux entreprises de financer leur projet d’implantation à l’étranger (par exemple des autorisations pour l’utilisation de 100 millions de dollars dédiés à cet objet au profit d’opérateurs algériens).
Par ailleurs, on aurait pu envisager de voir la restriction sur le rapatriement du produit des exportations supprimée, en un mot l’utilisation libre des recettes des exportations par les opérateurs et non comme aujourd’hui 50% en devises du produit des exportations soumis de surcroît à une autorisation de la banque centrale. Il convient en somme de mettre fin à cette bureaucratie qui constitue un frein au développement des échanges ou des investissements en Afrique. L’événement aurait pu être l’occasion d’annoncer des mesures efficaces en faveur des exportations ou des investissement algériens en Afrique. Aujourd’hui, la seule possibilité pour les opérateurs algériens est d’exporter, l’investissement n’est pas envisageable avec le cadre réglementaire actuel. Nous sommes dans l’illusion qu’on peut investir dans des pays africains. Il faut pour seulement créer un bureau de représentation l’accord de la banque centrale et le conseil de la monnaie et du crédit.
En somme, pour booster l’investissement des opérateurs algériens en Afrique, il convient de disposer d’un cadre légal incitatif. Ce qui n’est pas le cas actuellement.

Entretien réalisé par :  K. Remouche


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