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Économie / Dossier economique

Résultats de la réunion informelle de l’Opep

Un accord trop ouvert aux incertitudes

©Louiza/Liberté

L’Opep va ramener sa production à un niveau de 32,5 à 33 millions de barils par jour, contre 33,47 mbj en août dernier. Elle va le faire aux termes de l’accord conclu mercredi, 28 septembre, à Alger. Il s’agit d’un accord “minimaliste” qui va “impacter” le marché pétrolier, “faire augmenter” légèrement  les cours de l’or noir, estime Amor Khelif, expert en énergie. Khelif ajoute cependant que l’accord ne règle pas tout, parce qu’il y aura certainement des “désaccords” autour de la répartition des quotas au sein de l’Opep.  Les désaccords, il faut les faires cesser. Pour le faire,  il faut que tout le monde se mette d’accord sur la nécessité de “répartir équitablement” l’effort entre les membres de l’organisation viennoise, explique l’expert. Maintenant, ajoute-t-il, s’ils persistent, cela va conduire inexorablement à faire prendre encore du volume à l’offre pétrolière de l’organisation et, conséquemment, à la baisse des prix. La question de l’offre a été largement discutée lors de la session consacrée au marché pétrolier, dans le cadre de l’IEF15. Il en est ressorti que les pays consommateurs de même que les pays producteurs considèrent que “cette situation ne peut plus durer et qu’il faut s’efforcer d’urgence d’y remédier”, c’est une des recommandations clé insérée dans la déclaration finale ayant sanctionné les travaux de l’IEF15. L’Agence internationale de l’énergie présente à cette rencontre a rappelé quelques chiffres qui mettent en exergue le “déséquilibre” du marché. Le marché pétrolier est, selon elle, “plombé” par une offre excédentaire. Il ne peut, de l’avis de ses experts, “se rééquilibrer” qu’à partir de 2017 avec une remontée “progressive” des cours du pétrole qui pourraient toutefois s’envoler à moyen terme faute d’investissements suffisants pour renouveler la production. Et, ces détails de taille pour mesurer l’étendue de la surabondance : en 2014 et 2015, l’offre a largement excédé la demande, les surplus atteignant respectivement 0,9 et 2 millions de barils par jour (mbj). Elle devrait être encore excédentaire de 1,1 millions de barils par jour en 2016. Pour Amor Khekif, le surplus de pétrole, un des facteurs à problème dont il faut se débarrasser, ne peut être résorbé qu’au bout de certain temps (un à deux ans).  Excédent, investissements, et physionomie des marchés, Adeltif Rebah, ancien cadre au ministère de l’Energie,  et consultant en énergie a, de son côté, bien voulu nous en parler. Rebah explique que les marchés pétroliers, comme les marchés financiers, sont devenus très sensibles, ils réagissent aux effets d’annonce.  Et, de ce point de vue, ajoute-t-il, la réunion informelle tenue à Alger était “importante”. Car, dit-il, elle va permettre au marché de prendre une autre direction et “d’enrayer la dynamique baissière des prix”.  Et, si  cette tendance se maintient  durablement,  tous les pays en tireront profit. A contrario, juge-t-il, dans la situation actuelle du marché, “tous les producteurs, petits ou grands, sont perdants”. Tel qu’il évolue aujourd’hui, avec tous les facteurs qui le chahutent, le marché ne peut pas servir, par exemple, la stratégie saoudienne qui luttait pour des parts de marché, les prix devenant une question accessoire pour Riyad. Il fallait en sortir, affirme Abdeltif Rebah. D’autant plus que le marché, ajoute-t-il, se trouvait dans un état chaotique et avait même “fait perdre des parts de marché à l’Arabie Saoudite”, notamment en Asie. C’est en fait “la Russie qui s’en est emparé”, affirme l’expert. À un moment donné, note-t-il, il faut savoir raison garder dans la mise en œuvre de sa stratégie. “Et c’est ce qui s’est passé lors de la réunion d’Alger ; les Saoudiens sont revenus à de meilleurs sentiments”, selon notre interlocuteur. Il souligne par ailleurs que contrairement à ce qu’on peut penser, le pays a aujourd’hui des difficultés financières d’autant que ses besoins sociaux augmentent et que ses engagements militaires au Yémen risquent de durer un certain temps. De plus, rappelle-t-il, Riyad était le chouchou des puissances occidentales, elle l’est moins, après l’accord nucléaire iranien. Au chapitre des activités d’investissement, et tel qu’il évolue aujourd’hui, le marché pétrolier a “plombé l’investissement”. Cela va cependant changer, dans le sillage de cet accord conclu à Alger, explique Abdeltif Rebah. Et selon lui, l’accord devrait reconsolider les plans d’investissements de Sonatrach, notamment en matière d’exploration. Pour sa  part, Nordine Laghlial, expert en valeurs boursières liées au marché pétrolier, estime, dans une déclaration, que “souvent, on critique l’attitude obstinée des Saoudiens”. Mais, relève-t-il, on est “tendre” avec les Russes, alors que ces derniers “n’ont jamais baissé leur production et qu’ils ne se sont jamais associés aux efforts de stabilisation du marché fournis par l’Opep”. Si aujourd’hui, poursuit-il, ils commencent à s’en rapprocher, c’est parce qu’ils sont en difficulté, en raison de la détérioration des cours de l’or noir, de la dépréciation du rouble et de l’embargo qui leur a été imposé par les États-Unis et l’UE.

Y. S.


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