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Économie / Dossier economique

SITUATION DU BUDGET DE L’ÉTAT

Un constat tristement amer

© Louiza / Liberté

Les mesures de riposte du gouvernement  considérées comme peu audacieuses face à la baisse des revenus du pays, expliquent l’aggravation de la situation financière.

L’aggravation de la crise financière dans laquelle le pays est entré depuis juin 2014 avec la baisse des cours du baril de brut et par ricochet des revenus issus des hydrocarbures, s’est traduite par le creusement du déficit budgétaire (baisse des recettes et hausse des dépenses). Si au début, les pouvoirs publics refusaient la moindre mention des termes “austérité” ou encore “rigueur”, la persistance de la crise a contraint l’État, confronté à l'érosion de ses réserves de change et à la hausse de ses déficits, à multiplier les mesures pour rééquilibrer la balance commerciale. La stratégie du gouvernement s’est articulée autour de trois principaux leviers d’action : les importations, la fiscalité et la dévaluation du dinar. Par le biais des trois dernières lois de finances, notamment celle de 2016, le gouvernement a instauré une série de mesures ayant pour objectif de tenter de contenir ou réduire les effets de la crise. Par ailleurs, et pour compenser ces pertes, les autorités ont largement puisé dans les réserves de change, qui sont passées de 194 milliards à 143 milliards de dollars entre 2013 et 2015. L’autre levier d’action du gouvernement était de récupérer l'argent liquide circulant dans l'informel à travers l'opération de mise en conformité fiscale volontaire (MCFV), qui était l'une des principales dispositions de la LFC 2015. Mais sans grand résultat. Après l’échec mal assumé de l’opération de Mise en conformité fiscale volontaire (MCFV), qui n’a réussi à attirer que très peu de fonds informels dans le circuit bancaire, le gouvernement a proposé une nouvelle formule plus appétissante. Vendre des bons du Trésor aux particuliers et aux entreprises contre un intérêt annuel de 5%. Là aussi, l’opération, qui est toujours en cours, ne semble pas avoir les faveurs des experts, qui estiment que les montants collectés seront majoritairement issus de fonds déjà bancarisés. Ce sera autant de financements en moins pour l’économie, car les banques ont moins de liquidités à prêter, à travers les crédits destinés à l’investissement par exemple. Malgré l’optimisme affiché par le Premier ministre qui déclarait récemment que l’Algérie est “dans la bonne voie” et “maîtrise” la situation économique malgré la baisse des prix du pétrole, le gouvernement semble avoir du mal à maîtriser les dépenses, lesquelles ont augmenté durant les trois premiers mois de l’année en cours. La balance commerciale de l'Algérie reste déficitaire. Le déficit commercial s’est dégradé de près de deux tiers au cours du premier trimestre 2016, en raison notamment d’un très net recul des recettes d’exportations d’hydrocarbures. Entre janvier et fin mars, les exportations de l’Algérie ont atteint 5,914 milliards de dollars, selon les chiffres du Cnis. Elles sont en recul de -39,65 % par rapport aux 9,8 milliards de dollars récoltés durant la même période en 2015 et représentent à peine un tiers des 16,17 milliards de dollars enregistrés au 1er trimestre 2014. Au final, les promesses et la bonne volonté affichée par le gouvernement de se défaire de la dépendance aux hydrocarbures peinent à trouver un véritable ancrage dans la réalité. Le constat est tristement amer. En réaction à la crise, le Premier ministre a annoncé, en mars dernier, un “nouveau programme économique” qui sera présenté le 5 juin prochain. Le gouvernement annonce la formulation d'un nouveau programme en l'espace de trois mois, après avoir nié l'existence même de la crise. Est-il raisonnable qu'une refonte crédible de la stratégie économique puisse être élaborée en si peu de temps ?    

                                                                                                                                                         
S. S.

 


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