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A la une / Dossier

Chibani, Chibanya, Cheikh, Laâdjouza…

Avoir 60 ans et… vieillir en Algérie

Souvent délaissées par la société, les personnes âgées survivent dans la précarité, l’isolement et la solitude. ©D. R.

Près de 1 million d’aînés survivent grâce à la générosité des proches et des voisins ainsi qu’aux 3 000 DA par mois que leur verse le gouvernement en guise de la prime AFS.

Jeudi dernier, l’Algérie, et à l’instar de la communauté internationale, a célébré la Journée mondiale de la personne âgée. Une célébration qui s’est déroulée dans une conjoncture marquée par une baisse drastique des recettes pétrolières qui font tourner la machine économique du pays et financent les politiques sociales du gouvernement. Avec la baisse des recettes et de la fiscalité pétrolières, la machine économique, jusqu’ici boostée par l’investissement public, risque de se refroidir. Le recul de ces recettes — dépenses liées à la rente des hydrocarbures et cette stagnation entraînera, dans son sillage, l’assiette des impositions parafiscales et diminuera, à court terme, le volume des amputations affectées au Fonds national des réserves de retraite, le FNRR. Autrement dit, les sources d’alimentation des caisses d’assurance maladies et de retraite risquent de tarir. À cette conjoncture économique défavorable s’ajoute une tendance mondiale qui s’annonce comme une contrainte plus que comme un atout. Elle est liée à la baisse de la fécondité ainsi qu’à l’allongement de l’espérance de vie qui mènent, tous les deux, vers un vieillissement de la population. Et l’Algérie n’est pas épargnée par le phénomène. D’où, il faut s’attendre, dans le moyen terme, à une plus forte demande aussi bien sociale que sanitaire avec des répercussions économiques et financières difficilement supportables en l’absence d’une réforme et d’une modernisation de l’ensemble du paysage socioéconomique du pays.

Dans ces conditions, est-ce que l’Algérie est prête à faire face à ce nouveau défi où continuera-t-elle à ressasser le même refrain entonné depuis 1962, à savoir que 70% de la population est jeune ?
Aujourd’hui, en Algérie, ils sont 3,6 millions de personnes ayant atteint ou dépassées l’âge de 60 ans, à partir duquel on est considéré senior, vétéran, vieux, chibani, aîné... aptes à la retraite.

Parmi ces aînés, 2,6 millions sont des retraités et des ayants droit qui sont obligés, pour une grande partie d’entre eux et du 20 au 26 de chaque mois, de passer une partie de la nuit devant les bureaux de poste et les guichets de banques pour pouvoir toucher leur rente. Malgré cela, ces aînés retraités restent chanceux car le reste, soit près de 1 million d’autres aînés survivent grâce à la générosité des proches et des voisins ainsi qu’aux 3 000 DA par mois que leur verse le gouvernement en guise de la prime AFS. Un sénior, mouvant dans un tissu urbanistique hostile, à la santé de plus en plus fragile et aux besoins de sortir toujours fréquents peut-il survivre avec moins de 30 euros par mois ou encore 15 dinars tunisiens ? En effet, “elles sont près d’un million de personnes, essentiellement des femmes, âgées de plus 60 ans qui vivent, aujourd’hui, dans la précarité totale”, selon l’universitaire et spécialiste de la question, le Dr Saighi.

Bien que près de la moitié des aînés ne soient pas réticents aux foyers pour personnes âgées, et malgré cette précarité, seuls 3 000 personnes sur plus de 3 millions y vivent. Et, pourtant, c’est cette goutte d’eau qu’on essaie de présenter, à chaque occasion, comme preuve de l’abondance de la générosité de la collectivité nationale envers nos chibanis et chibanias, à travers la mise en évidence de ces structures par des visites officielles ciblées. Célébrer la Journée mondiale de la personne âgée, c’est observer une halte pour lire des chiffres et méditer sur les enseignements qu’ils nous donnent. Parmi nos aînés, une personne sur quatre est analphabète. Elles vivent des conditions difficiles et ils sont en quête d’aides urbanistiques, sociales, matérielles, financières et médicales.La moitié d’entre eux sollicitent des aides d’ordre médical alors que 30% attendent des aides financières qui restent dérisoires.
Dur d’être chibani en Algérie alors que leur nombre n’a toujours pas atteint le seuil critique. Que sera-t-il demain ?

M. K.

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